Azdine Aigoun : "Le futsal est sous médiatisé"

Azdine Aigoun est un des nouveaux visages du futsal français. Joueur de futsal depuis seulement trois ans, il a connu une ascension impressionnante et fait désormais partie de l'équipe de France de Futsal. Après un passage au Paris Métropole Futsal, il débarque cette saison au Kremlin-Bicêtre Futsal pour continuer de progresser et gagner des titres. Entretien avec la nouvelle recrue du KB Futsal.

Azdine Aigoun : "Le futsal est sous médiatisé"
Azdine Aigoun : "Le futsal est sous médiatisé"

Bonjour Azdine, peux-tu te présenter en quelques phrases ?

Azdine Aigoun, joueur du Kremlin-Bicêtre en région parisienne et joueur de l’équipe de France de Futsal depuis un an.

Comment es-tu arrivé au Futsal ?

Un ami à moi a créé un club dans mon quartier, j’ai fait une année dans ce club et par ce biais j’ai découvert qu’il y avait un championnat de France. Du coup l’année suivante j’ai rejoint une équipe de ce championnat et en un an j’ai réussi à aller en équipe de France grâce notamment au club et à l’entraineur (NDLR : Marcelo Serpa) avec qui je suis resté deux ans et qui techniquement m’a appris plus que certains qui font du futsal depuis 10 ans !

Que penses-tu du niveau de la France par rapport aux autres nations ?

On a un peu de retard, même beaucoup, parce que la formation en France est encore faible. En équipe de France, on a encore le statut d’amateur. L’Espagne à côté c’est carrément autre chose.

Et le niveau du Championnat de France ?

Les deux dernières années, seules quelques équipes se détachaient et cette année c’est vraiment équilibré. Bien sûr, il y a les équipes annoncées fortes et il y a les équipes qui travaillent depuis deux ans, qui amènent des coachs étrangers, des joueurs espagnols et qui commencent à bien progresser et qui s’accrochent aux gros. Ça donne un championnat plus équilibré, plus intéressant.

Crois-tu en la professionnalisation du Futsal ? Que manque-t-il à ce sport pour qu’il se professionnalise ?

À court terme, la politique de la fédération va permettre de faire avancer la professionnalisation. On espère nous une médiatisation qui ne s’arrête pas aux finales de championnats et de coupes. Déjà on nous avait promis la diffusion sur France 4 de la finale, ça ne sait pas fait, mais peut être que cette année cela se fera. En France, il manque beaucoup de formations, car il y a encore trop d’écarts entre certains clubs. Il ne faut pas voir ce sport comme un sport de quartier, mais vraiment comme un sport spectaculaire et dynamique. La fédération met tout en œuvre pour relever le niveau et professionnaliser le futsal.

Le futsal est-il sous médiatisé selon toi ? Pour quelles raisons ?

Bien sûr que le futsal est sous médiatisé. Il faudrait que l’équipe nationale se qualifie pour les compétitions européennes pour pouvoir être diffusé à la télévision, à l’image de l’équipe de France féminine de football qui à l’époque n’était pas médiatisée, mais grâce aux résultats elle a explosé. On espère le même sort. Pour que cela soit médiatisé, il faut aussi un niveau élevé parce que si on voit des peintres sur le terrain ce n’est pas intéressant agréable à regarder.

Selon toi, quelles sont les qualités d’un bon joueur de futsal ?

Il faut être rapide, vif, savoir attaquer et défendre et être rigoureux tactiquement.

Es-tu engagé dans le Futsal autrement qu’en tant que joueur ?

En tant qu’éducateur au Kremlin-Bicêtre, j’ai en charge une équipe féminine.

 

LE KB ET LE CHAMPIONNAT

 

Le KB construit une grosse équipe avec des internationaux français notamment : pensez-vous pouvoir être capable de lutter pour le titre face au Sporting notamment ?

Le premier objectif est de terminer premier. Si ce n’est pas possible, on fera tout pour terminer dans les six premiers pour rester en première division la saison prochaine. Pour jouer le titre, il faut éviter de perdre des points. On en a déjà perdu quelques-uns, on est un peu mal parti, mais l’arrivée du nouveau coach espagnol va surement nous faire progresser. Le Sporting c’est un club bien structuré, il a une filière de recrutement basé sur les Brésiliens, mais pour les avoir joués, je sais qu’ils ne sont pas imbattables. A chaque fois, cela se joue à des détails et leurs joueurs d’expérience font la différence. Il y a de plus en plus d’équipes fortes maintenant dans ce championnat et ça donne plus d’intérêt au championnat pour les joueurs, mais aussi les spectateurs.

As-tu déjà eu envie d’aller jouer à l’étranger ? En Espagne par exemple ?

Oui. Par le biais de mon ancien entraineur Marcelo Serpa, j’en ai parlé avec lui. S’il y a des possibilités, j’irais, mais je sais que si je dois y aller on me fera une proposition par mon ancien entraineur ou par des connaissances que je me suis faites lors de compétitions. C’est toujours bien dans une carrière d’aller jouer dans des pays où c’est professionnel et tu joues avec des joueurs à l’entrainement où tu es obligé de progresser à chaque fois.

Dernière question, un pronostic sur le Championnat de France de futsal cette année ?

A mon avis, le champion de France ce ne sera pas le Sporting. Je les vois terminer premier de leur poule, mais pas champion. Cela devrait se jouer entre Erdre, le KB et le Paris Métropole. Le FC Erdre a une grosse équipe, ils ont quelques joueurs espagnols de qualité, il faut les mettre dans les favoris. Niveau effectif, le KB Futsal et le FC Erdre sont devants. Le KB est en pleine construction alors qu’Erdre travaille dans la continuité depuis plusieurs années.