Etat des lieux du basket féminin français

Des salles pleines, de nombreux téléspectateurs, le basket féminin vient de réussir plus qu’une compétition en revenant en France avec une médaille d’argent olympique au cou. Quelles sont les possibilités d’évolution de ce sport dans l’Hexagone désormais ?

Etat des lieux du basket féminin français
Les joueuses de l'Equipe de France, en obtenant la médaille d'argent, viennent d'accomplir un sacré exploit (AP Photo)

 

Elles sont pétillantes, drôles et très douées. La France est tombée sous leur charme. Les joueuses de l’Equipe de France de basket féminin ont réussi un grand coup lors de ces Jeux Olympiques. Sportivement d’abord. Des victoires contre l’Australie et la Russie (deux fois), deux grandes nations du basket féminin, et une finale contre les Etats-Unis, équipe quasiment imbattable. Mais la dernière équipe de France à s’être qualifiée pour les J.O. (suite à un tournoi de qualification, une étape dont ont été dispensées les équipes masculine et féminine de handball, féminine de football et masculine de basket) parvient surtout à se créer une image : quasiment inconnues au début du tournoi olympique, les coéquipières de Céline Dumerc se sont faites un nom. Voici donc un aperçu de ce qu’est le basket féminin dans l’Hexagone.

L’équipe nationale en pleine bourre

Après un énorme trou d’air des années 1970 aux années 1990, le basket féminin se remet à être performant. Une participation aux J.O. en 2000 (5e place) et un titre de championne d’Europe en 2001, portée par Yannick Souvré, Cathy Melain et Isabelle Fijalkowski, récompensent l’Equipe de France. Après plus de difficultés au milieu de la décennie, Pierre Vincent récupère l’équipe en 2008, et va faire naître un groupe compétitif. Autour d’Edwige Lawson-Wade, de Sandrine Gruda, d’Emilie Gomis et de Céline Dumerc, les « Braqueuses » remportent l’Euro 2009 en Lettonie et terminent troisièmes de l’Euro 2011, ce qui leur permet de disputer le tournoi de qualification olympique à Ankara, en Turquie, à la fin du mois de juin.

Dans un groupe de trois équipes en compagnie du Mali et du Canada, les Françaises terminent premières (victoires 56-47 contre le Canada et 87-33 face au Mali). Elles affrontent ensuite la Corée du Sud, une sélection qui les avait éliminées en quarts à Sydney en 2000. Mais cette année, les Françaises étaient plus fortes (80-63) et obtiennent leur billet pour Londres.

Leur parcours aux Jeux Olympiques est exceptionnel : invaincues avant la finale, les Bleues se paient le scalp du Brésil (73-58), de l’Australie (74-70 après prolongations), du Canada (64-60), de la Grande-Bretagne (80-77 avec un panier à 3 pts de Dumerc au buzzer en fin de match) et de la Russie (65-54) en poules. Premières, elles ne peuvent donc pas rencontrer les Américaines avant la finale. Un succès de justesse contre les Tchèques (71-68) en quarts, avant un match parfait contre la Russie en demies (81-64) qui les propulse en finale : les filles réalisent un de leurs rêves les plus fous. La défaite en finale contre les Etats-Unis (86-50) reste anecdotique, le plus grand a été fait : les Braqueuses remportent la première médaille olympique française de l’histoire du basket féminin, et elle n’est pas volée.

L’Euro 2013 sera disputé en France. Forcément, les vice-championnes olympiques seront très attendues sur les parquets de Vannes, Trélazé (premier tour), Mouilleron-le-Captif (agglomération de La Roche-sur-Yon), Lille (second tour) et Orchies (phase finale). La compétition aura lieu du 15 au 30 juin 2013, et on espère que les salles seront pleines. Grâce au coup médiatique qu’elles viennent de réaliser, les Françaises ne devraient pas trop s’inquiéter pour ce côté là… A signaler que les salles ne seront pas les plus grandes de l’Hexagone, pour s’assurer qu’elles soient pleines.

Clubs : Bourges domine mais n’est pas seul

Le meilleur moyen de voir des joueuses de l’Equipe de France pendant la saison est d’aller assister à un match du CJM Bourges Basket. Champion de France cinq fois lors des sept dernières saisons, ce club est l’employeur des Braqueuses Céline Dumerc, Endéné Miyem, Jennifer Digbeu et Emmeline N’Dongue. Marielle Amant, elle aussi internationale, porte les couleurs de Bourges. Ces filles sont championnes en titre. Elles se sont imposées en finale face à l’équipe d’Edwige Lawson-Wade, Montpellier. D’autres françaises jouent dans D’autres clubs du Championnat de France emploient des Bleues : Clémence Beikes joue à l’Union Hainaut Basket, Florence Lepron à Tarbes, Marion Laborde au Basket Landes et Emilie Gomis à Villeneuve-d’Ascq. Isabelle Yacoubou, Sandrine Gruda et Elodie Godin jouent à l’étranger.

Les trois meilleures équipes de France sont Tarbes, Montpellier et surtout Bourges, qui a gagné l’Euroligue en 2001 ; le dernier champion d’Europe étant Valenciennes (aujourd’hui Union Hainaut Basket) en 2004. Les meilleurs championnats d’Europe sont ceux de Russie et d’Espagne, même si ce dernier subit la crise économique : le dernier champion d’Europe, Ros Casares Valence, vient de disparaître. Le meilleur championnat au monde reste la WNBA américaine, où jouent la plupart des championnes olympiques, et où jouera peut-être Isabelle Yacoubou l’an prochain : sans club depuis que Valence a coulé, elle va peut-être signer à l’Atlanta Dream.

Au niveau de la disparité spatiale, on retrouve le plus de clubs de haut niveau du basket féminin dans le Nord-Pas-de -Calais (Arras, Hainaut Basket, Villeneuve-d’Ascq), également dans le Sud de la France (pays d’Aix, Landes, Perpignan, Tarbes, Toulouse). Par contre, dans le Nord-est de la France, à part Charleville-Mézières, il n’y a pas de clubs, de même dans le Bassin Parisien. Mais les habitants de la Capitale peuvent se rassurer : l’ouverture du Championnat, « l’Open LFB » aura lieu à Paris. Chaque match de la première journée sera joué au Stade Pierre-de-Coubertin, les 22 et 23 septembre. De quoi avoir un bon aperçu du basket féminin, et vibrer à nouveau !