Maintien : l’autre sprint final

Alors qu’à trois journées de la fin, le suspense est complet pour le titre et pour les places européennes, c’est encore plus serré dans le bas du classement où on peut dénombrer huit équipes concernées par le maintien. Présentation de ces clubs qui veulent sauver leur peau, et estimation de leurs chances de survie dans l’élite.

Maintien : l’autre sprint final
Ajaccio, fort de son sucès contre Sochaux mercedi, peut plus que jamais croire au maintien

Il ne reste plus que trois matchs à jouer, et donc neuf points à prendre. Officiellement, Nancy (42 pts) et Valenciennes (40 pts) ne sont pas maintenus, mais dans les faits c'est tout comme. Nous allons donc présenter les huit équipes réellement concernées par la descente : Lorient, Caen, Nice, Ajaccio, Auxerre, Brest, Dijon et Sochaux.

 

Lorient (13e, 38 pts, goal-average : -12) : les Merlus doivent retrouver la flamme

 

                Christian Gourcuff n’était plus habitué à une telle série de matchs sans victoire. Entre le 27 novembre (victoire contre Nice 1-0) et le 17 mars (succès contre Brest 2-1), les Morbihannais n’ont pris que 5 points (en 12 matchs)… Cependant, ils n’ont pas retrouvé de constance dans leur jeu : bons contre Montpellier le 15 avril dernier (2-1), moyens contre Marseille la semaine dernière (2-1), apathiques contre Caen mercredi (défaite 1-0). Pour assurer leur maintien, les Merlus doivent à tout prix vaincre Dijon au Moustoir demain, sous peine de devoir sortir de grands matchs à Bordeaux puis à domicile contre Paris. Espérons pour eux que le pigiste Jérémie Janot fera son effet…

 

Caen (14e, 38 pts, -13) : comme l’an dernier ?

 

            Le Stade Malherbe va pouvoir compter sur son expérience en cette fin de saison. Parce que l’urgence des trois derniers matchs, Franck Dumas connaît et son groupe aussi. Sauvés à l’ultime journée l’an passé au nez et à la barbe de Monaco, les Normands ont régulièrement des sueurs froides en fin d’exercice (descendus en 2008-2009, champions de L2 l’année d’après). Leur forme du moment est plutôt moyenne : deux victoires, trois nuls et une claque (à D’Ornano contre Saint-Etienne, 1-4) sur les six derniers matchs. Certes ils se déplacent d’abord à Lille, mais leur calendrier pourrait ensuite jouer en leur faveur : réception de Sochaux puis déplacement à Valenciennes, sauvé à 90%. La 37e journée sera donc déterminante pour Caen, et il faudra sortir les tripes pour se sauver !

 

Nice (15e, 37 pts, -8) : tenir dans l’élite jusqu’au Grand Stade

 

            Nice aussi est une équipe habituée au maintien in extremis depuis le départ de Frédéric Antonetti en 2009 et de joueurs cadres comme Loïc Rémy. Le Gym veut aujourd’hui sauver sa tête parmi l’élite les deux prochaines saisons, pour pouvoir jouer dans son grand stade en Ligue 1 (il sera livré en juin 2013), pas comme Le Havre. Cependant, les Aiglons n’ont pas le calendrier le plus simple : déplacement à Toulouse, réception d’Evian et dernier match de la saison à Gerland contre l’OL. Comme pour Caen, le succès contre Evian (déjà maintenu) lors de la 37e journée est quasiment nécessaire pour espérer se maintenir. Mais le souci de Nice, c’est que le meilleur joueur de l’OGCN Anthony Mounier est sur le flanc jusqu’à la fin de la saison, et avec lui Abraham Guié Guié et Xavier Pentecôte. Pourtant, il faut des attaquants pour marquer des buts (pour lundi, Eric Mouloungui est incertain)… En parallèle, les Azuréens ont la deuxième moins pire différence de buts des équipes concernées. A voir…

 

AC Ajaccio (16e, 37 pts, -22) : pour l’amour du derby

 

            Bastia champion de Ligue 2, on aura au moins un club corse dans l’élite la saison prochaine. On aurait pu se cantonner à ce chiffre si Ajaccio n’avait pas battu Sochaux mercredi (2-1). Avec trois points d’avance sur la zone de relégation, un grand pas a été fait suite à ce match. Mais leur calendrier pour la suite ne leur est pas vraiment favorable : déplacement à Evian aujourd’hui, réception de Lyon dimanche prochain et à Toulouse pour le dernier match de la saison. Mais ce succès de mercredi peut tout changer, car après sept matchs sans victoires, les Corses sont peut-être repartis sur une nouvelle dynamique. Leur catastrophique différence de buts pourrait cependant les pénaliser, vis-à-vis de Brest et d’Auxerre.

 

Auxerre (17e, 34 pts, -5) : loin des objectifs de Gérard Bourgoin !

 

            Beaucoup ont ri quand le président putschiste de l’AJA annonçait au début de la saison vouloir aller en Europe. Et aujourd’hui, Bourgoin doit rire jaune. Pas de victoire en Championnat du 11 décembre (victoire contre Nice 2-1) et le 31 mars (succès contre Valenciennes 2-0), Laurent Fournier qui peut prendre ses dirigeants pour des imbéciles (Jean-Claude Hamel, membre du CA et ancien président, a appelé le syndicat des entraîneurs l’UNECATEF pour avoir une liste des coachs libres alors que le sien était toujours en place, que l’UNECATEF l’a prévenu de cette démarche et que la liste se trouve sur internet, premier lien sur Google)… Rien n’allait jusqu’au jour ou Jean-Guy Wallemme, le nouvel entraîneur, a emmené ses joueurs visiter une prison le 13 avril. Depuis, un nul, une défaite (contre Nice 1-0, on les voyait alors condamnés) puis deux succès contre des adversaires directs : face à Brest 4-0 et à Dijon 2-0. Avec la différence de buts la moins catastrophique, Auxerre peut aujourd’hui croire au maintien. Deux équipes qui n’ont plus rien à jouer (Bordeaux, puis Marseille au Vélodrome) puis les leaders à l’Abbé-Deschamps, le calendrier reste néanmoins assez difficile.

 

Brest (18e, 34 pts, -9) : Corentin Martins, le sauveur ?

 

            Alex Dupont ne s’entendait pas avec son manager général. Brest était mal embarqué pour se maintenir. Alors le président Guyot a dû prendre une décision : il a remplacé Dupont par Martins, qui voit donc ses fonctions élargies (entraîneur-manager général) temporairement. Depuis ? Une claque à Auxerre (4-0) et un nul contre Toulouse. Sur les dix derniers matchs, Brest n’a pris que quatre points et concédé huit défaites ! La troisième meilleure défense de Ligue 1 (37 buts encaissés, ex-æquo avec Bordeaux, Lille et Paris) est également la pire attaque (28 buts !). Son calendrier n’est pas indigeste (à Lyon, puis réception de Valenciennes et déplacement à Evian) mais quand on est premier relégable à trois journées de la fin, vaut mieux faire le plein de points sur ces derniers matchs. Pas facile…

 

Dijon (19e, 34 pts, -20) : pourvu que la mayonnaise prenne à nouveau !

 

            La blague était facile, mais elle ne doit pas faire rire Patrice Carteron. Longtemps considéré comme une équipe attrayante qui mérite son maintien, avec certains joueurs très en vue (Benjamin Corgnet, Gaël Kakuta, Brice Jovial voire Eric Bauthéac) Dijon s’effondre en cette fin de saison. Actuellement sur cinq défaites consécutives, le DFCO a notamment perdu le match qu’il ne fallait pas perdre jeudi dernier contre Auxerre, lors du derby de la Bourgogne (0-2 à Gaston-Gérard). La flamme n’y est plus. Les supporters n’y croient plus vraiment. De plus, le calendrier ne va pas aider les Dijonnais : déplacement à Lorient, réception de Toulouse et déplacement à Rennes. Alors, pour le maintien, beaucoup de choses vont se jouer au Moustoir pour les hommes de Carteron. Mais si ça joue à peu de choses, l’écart de plus de dix unités entre leur différence de buts et celles de Brest et d’Auxerre risque de les pénaliser. Dommage pour une première saison en Ligue 1…

 

Sochaux (20e, 33 pts, -24) : la crise ne touche pas que l’automobile

 

            Si jamais le club de Peugeot ne change pas de place d’ici à la fin de saison, les Doubistes pourront se targuer (ou pas) d’avoir été une des rares équipes avec un international français dans ses rangs (Marvin Martin) qui débute la saison en Coupe d’Europe à finir dernier de Ligue 1. Mécha Bazdarevic a remplacé Francis Gillot, et depuis ça ne va pas. Sale ambiance (on se rappelle des cas Modibo Maïga et Kévin Anin), pas de beaux matchs (pas de succès de la 14e à la 26e journée)… Mais quand Bazdarevic est remplacé par Eric Hély à l’issue de la 26e journée, après ça s’est mieux passé, momentanément (quatre victoires pour deux défaites, contre Lyon et Montpellier). Car les Lionceaux viennent d’enchainer trois défaites et d’encaisser onze buts sur ces trois matchs (dont les deux derniers finis à neuf !). En clair, Sochaux est dans le dur et a la différence de buts la plus catastrophique de Ligue 1. Cependant, son calendrier semble être le plus favorable des équipes du bas de classement : réception de Nancy, déplacement à Caen et réception de Marseille. Un motif d’espoir subsiste pour la lanterne rouge…