Blanc arrête les Bleus

Laurent Blanc a refusé de prolonger son contrat de sélectionneur national après seulement deux ans de présence.

Blanc arrête les Bleus
Blanc arrête les Bleus

La Fédération Française de Football lui avait proposé du bout des doigts une prolongation de son contrat mais sous condition, notamment sur la taille de son staff, jugé trop large. Laurent Blanc a préféré refuser cette proposition. Retour sur un parcours entamé avec beaucoup d’espoir et de crédit et fini dans la confusion et un certain opprobre.

Laurent Blanc est arrivé en 2010 aux commandes d’une sélection totalement détruite par les comportements du sélectionneur et des sélectionnés. Le lobby des anciens Champions du Monde 98 a milité pour lui et son image dans le public est à mille lieux de celui de son prédécesseur. Autant dire que son crédit est immense, à peine écorné par une seconde saison à Bordeaux pour le moins difficile.

Pendant deux ans, il a réussi à remonter une équipe, lançant de nouveaux joueurs, relançant certains anciens comme Ribery. Le sélectionneur a atteint les objectifs fixés initialement, se qualifiant pour l’Euro et atteignant les quarts de finale. Le bilan sportif est globalement positif: 27 matchs, 16 victoires, sept nuls et quatre défaites, les deux premiers et les deux derniers matchs de son mandat. Malgré cela, Laurent Blanc n’a pas fait l’unanimité et c’est sans doute la raison de son départ.

Car celui qui est arrivé auréolé d’un prestige  qui n’est pas sans rappeler celui de Michel Platini en son temps, n’est pas rester longtemps à l’abri des critiques. La taille de son staff et son coût de fonctionnement ont souvent fait débat, sans oublier la présence d’Alain Boghossian, dont tout le monde doutait de l’utilité et qui n’arrangea rien en jouant les promoteurs d’une dictature. La personnalité et l’omniprésence supposée de son agent, Jean-Pierre Bernès, souvent perçu comme l’instigateur de certaines sélections peu ou mal perçues sportivement.

Rien de bien grave cependant jusqu’à l’affaire des quotas. Un épisode bien peu glorieux pour la Fédération et le sélectionneur, lequel sauva sa tête de peu. Mais, il y a laissé son prestige et son aura, redevenu un entraîneur finalement comme un autre, contesté…

Sans forcément beaucoup de concurrence à ce moment là, Laurent Blanc a pu reprendre le cours de sa mission. Si le parcours en qualifications a permis de redorer son blason en permettant à la sélection d’aller à l’Euro, le tournoi final a porté l’estocade finale. Certes l’objectif initial a été atteint mais à quel prix.

Le sélectionneur n’a jamais paru trouver les bonnes clés pour obtenir une équipe très performante, la victoire contre l’Ukraine masquant avec grand peine le match quelconque contre l’Angleterre et n’occultant pas la correction prise contre la Suède. Pire, alors que le groupe avait semblé à peu près sain lors des qualifications, certains ont sombré dans l’insultant et le ridicule, sans que Laurent Blanc ne paraisse en mesure de faire autorité. Un sacré camouflet de plus pour celui dont on vantait tant l’autorité morale.

Son départ semblait alors inévitable, tant le parcours pour la Coupe du Monde 2014 risquait d’être difficile sportivement mais sans plus aucun crédit. Un départ qui lui permet de conserver un certain prestige quand même et de préserver ses chances de trouver un club prestigieux. Reste maintenant à lui trouver un successeur.