Julien Féret, lentement mais sûrement
A l'instar d'autres joueurs de l'hexagone, Julien Féret s'est affirmé tardivement en Ligue 1. Retour sur un parcours atypique.
Julien Féret n'est pas de ces joueurs précoces, titulaires en L1 avant vingt ans. Non, il a du batailler ferme pour s'imposer au plus haut niveau.
Il est né le 4 juillet 1982 à Saint-Brieuc. La patrie du Blaireau n'a guère fourni de footballeurs professionnels, exceptés Damien Perquis (gardien remplaçant de Caen), Patrice Carteron (besogneux défenseur de Rennes, Lyon ou l'ASSE) et l'arbitre Stéphane Bré, même si le club local atteignit la L2 de 93 à 97. Pourtant, au lieu de choisir le cyclisme comme son illustre compatriote, c'est bien le football que pratique Julien Féret, qui débute à l'US Langueux.
Il rejoint rapidement le Stade Briochin en équipes de jeunes. Il débute à dix-sept ans dans l'équipe première alors en CFA2. Repéré par les clubs professionnels, notamment bretons, il refuse une offre de Guingamp, désireux d'obtenir son bac avant de rejoindre un centre de formation. La tête sur les épaules, déjà.
C'est finalement Rennes qui intègre le jeune briochin dans son centre de formation. Une intégration délicate, car, outre le changement de ville et d'environnement, il a du mail à s'habituer à la charge de travail à laquelle un apprenti doit s'astreindre. Il joue quand même en équipe réserve le championnat de CFA, mais ne s'impose en tant que titulaire que durant la saison 2002-2003. Il aura côtoyé au centre de formation Puygrenier, Ilunga, Didot ou Faty. Cette bonne saison ne suffira pas à convaincre le responsable de la formation du Stade Rennais, Patrick Rampillon, qui ne lui propose pas de contrat professionnel, le jugeant trop juste pour cela.
Libéré par Rennes, Julien Féret, envisage un temps d'arrêter sa carrière, mais est finalement recruté par Cherbourg, qui évolue en National sous la direction de Patrice Garande. Titulaire au milieu de terrain, il réalise une bonne saison, forte de 36 matchs, 3 buts et 3 passes décisives. Une bonne saison qui attire les Chamois Niortais où il signe pour deux saisons. Julien féret découvre donc la Ligue 2 pour la saison 2004-2005, et signe par là-même son premier contrat professionnel.
Rapidement titulaire au milieu de terrain, il ne peut empêcher, malgré une saison pleine pour ce néophyte (31 matchs et 1 buts), la descente du club niortais qui retourne en National. Reims, qui ambitionne à terme la L1, recrute le joueur, qui poursuit ainsi sa carrière en Ligue 2. Pendant trois, il progresse, étoffe son jeu et devient un titulaire indiscutable de l'équipe champenoise (95 matchs, 17 buts). Des performances qui attirent l'AS Nancy Lorraine, qui le recrute à l'été 2008 pour 1,6 millions d'euros.
C'est donc à Nancy que Julien Féret atteint enfin la Ligue 1 et la coupe d'Europe, puisque Nancy avait terminé le championnat 2007-2008 à la quatrième place, ratant de peu la Ligue des Champions. Après une période d'acclimatation fort légitime, Julien Féret devient un incontournable de l'équipe dirigée par Pablo Correa, qui en a fait un milieu excentré. Nancy n'atteindra plus le niveau affiché en 2008, naviguant dans la seconde partie de tableau (15ème en 2009, 12ème en 2010, 13ème en 2011). Cela n'empêche pas le briochin d'afficher des statistiques personnelles satisfaisantes (120 matchs, 17 buts, 23 passes décisives).
Durant l'été 2010, il fait partie des joueurs susceptibles de remplacer Yohann Gourcuff à Bordeaux. Il préfère prolonger à Nancy. Il est aussi annoncé à cette période comme un possible sélectionné de l'équipe du nouvellement nommé Laurent Blanc. La sélection n'arrivera pas, même si le joueur est régulièrement préconvoqué. Sans doute une déception, mais qui ne l'empêchera pas de réaliser une très belle saison 2010-2011, au sein d'une équipe de Nancy très décevante.
Etant l'un des seuls joueurs capables de renflouer les caisses du club lorrain, Julien Féret est clairement mis sur le marché des transferts dès janvier 2011, et encore plus au mercato estival. Rennes se manifeste rapidement pour récupérer un joueur qui a, lui aussi, envie de revenir là où tout a failli pourtant s'arrêter. Un contrat de trois ans est rapidement conclu pour la modique somme de 4 millions d'euros.
Frédéric Antonnetti, l'entraineur Rennais, qui doit remplacer Marveaux et Leroy, fait de Féret un titulaire inamovible au poste de milieu droit excentré. Dans une équipe rennaise qui fonctionne plutôt bien, Julien Féret présente des statistiques personnelles intéressantes (au 02/12, 22 matchs, 7 buts, 6 passes).
A 29 ans, Julien Féret confirme qu'il est devenu un joueur incontournable de la Ligue 1. Une belle récompense pour un joueur intelligent et technique, et qui aura su travailler et progresser à chacune des étapes de sa carrière. Un exemple discret et rafraichissant pour le monde du football qui confond trop souvent talent et médiatisation.





