Ancelotti m’a tuer

Précoce au haut niveau et même plus jeune capitaine de l’histoire du PSG il y a quelques saisons, Mamadou Sakho a longtemps laissé croire qu’il serait le prochain défenseur central d’envergure des Bleus pour le futur. Titulaire indiscutable il y a encore quelques mois, Kirikou a perdu sa place depuis la prise de fonctions de Carlo Ancelotti et a même été relégué très bas dans la hiérarchie des stoppeurs Parisiens. Ecarté, il n’ira pas au Championnat d’Europe…

Ancelotti m’a tuer
Ancelotti m’a tuer

Un relationnel délicat avec "Carletto"

Inamovible au sein de la charnière centrale du Paris Saint-Germain jusqu’à cette fatidique (pour lui) éviction d’Antoine Kombouaré lors du mercato d’hiver, Mamadou Sakho a vu son temps de jeu devenir famélique. Le nouvel entraîneur du club de la capitale préfère faire confiance à Alex, à Bisevac, à Camara et même Lugano, pourtant largement emprunté depuis son arrivée en Ligue 1. Sans qu’il n’apporte de justification publique, on devine que le technicien Italien champion d’Europe en 2007 avec le Milan AC n’apprécie pas tout à fait le profil du gaucher.

Sentant le manque de confiance de la part de son coach nouvellement venu s’asseoir sur le banc de la Porte d’Auteuil, Sakho est apparu hésitant, fébrile, même timoré lors de ses quelques apparitions. Au point de commettre des erreurs inhabituelles au regard de son statut de leader de l’équipe et d’international tricolore, comme à Lille où il a concédé un penalty et laissé les siens à dix (défaite 2-1), ou encore pour la venue des Girondins au Parc des Princes, lors de laquelle il s’est mal aligné, offrant aux visiteurs l’ouverture du score (match nul 1-1).

Une porte de sortie à l’étranger ?

Désormais abonné à la touche, le joueur au maillot floqué du numéro 3 n’a pas été retenu par Laurent Blanc dans le groupe élargi de l’équipe de France en vue de l’Euro 2012. La faute en grande partie à ce manque d’affinité avec son supérieur direct en club. Le sélectionneur a choisi la nouveauté, optant pour la convocation du capitaine Montpelliérain Mapou Yanga-Mbiwa. En dépit des absences d’un Younès Kaboul blessé au tendon rotulien et d’un Eric Abidal convalescent, Sakho n’a donc pas eu voix au chapitre.

Il est peut-être également temps pour celui qui a fait toutes ses classes au sein du centre de formation francilien de sérieusement réfléchir sur la suite à donner à sa carrière. Clairement plus dans les plans d’Ancelotti, il pourrait aller voir ailleurs dès l’été prochain, si seulement les pistes Arsenal et Inter Milan étaient sérieuses. En tous les cas, il peut compter sur le soutien de ses proches et de son illustre aîné en Bleu, Lilian Thuram, pour surmonter ces moments difficiles. "Ce qui est important, c'est de se remettre en cause et de ne pas rejeter la faute sur les autres. J'ai confiance en lui, il a de très grandes qualités et j'espère que dans les années à venir, il sera l'un des plus grands défenseurs des Bleus". C'est tout le mal qu'on lui souhaite.