PSG : une histoire pas si dorée

Avec le rachat du Paris Saint-Germain par un groupe qatari (à savoir QSI), et à un moindre degré la présence d'un milliardaire russe à l'AS Monaco en Ligue 2, le championnat français pourrait bien connaître une nouvelle ère. Mais avec Paris, cela a-t-il réellement réussi ?

PSG : une histoire pas si dorée
PSG : une histoire pas si dorée

L'annonce avait fait grand bruit en fin de saison 2010-2011. Le PSG allait être racheté par des investisseurs qataris, injectant au club de la capitale des fonds colossaux, pour lui donner l'ambition de tutoyer les sommets. Dès lors, avec le tout nouveau statut de leader de l'équipe Parisienne, de nombreux joueurs avaient posé leurs valises lors du mercato estival, comme Sissoko (Juventus de Turin), Matuidi (Saint-Etienne), Gameiro (Lorient), Bisevac (Valenciennes), Ménez (AS Rome), Lugano (Fenerbahçe) mais surtout le futur crack tant attendu, Javier Pastore (Palerme) ainsi que dans la transaction son compère Salvatore Sirigu, le gardien de but de l'équipe sicilienne, pour un montant avoisinant les quarante millions d'euros. 

 
Tout le championnat s'était tu face à des recrues de poids, et l'attention était plus que jamais portée sur le PSG. Il ne manquait plus qu'un manager de renom au club francilien, et il fut trouvé en la personne de Leonardo, ancien de l'Internazionale. L'entraîneur en place, Antoine Kombouaré était lui rassuré dans ses fonctions, malgré le rachat du club.
 
Le Qatar avait donc racheté une équipe de Ligue 1, mais devait-elle pour autant patienter avant d'écraser le championnat français et être un élément important en Ligue des Champions ? Paris, qualifié en Europa League cette année là, reçevait Lorient pour le compte de la première journée de Ligue 1, dans un Parc des Princes prêt à craquer. La déception fut au rendez-vous avec d'entrée une défaite, 0-1. Un échec qui fit s'écrouler le travail réalisé lors de l'été.
 
Le club termina également troisième de son groupe en Europa League, malgré des adversaires à sa portée (Salzbourg par exemple). Quelques bonnes performances vinrent redresser la triste épopée européenne du PSG, notamment contre Bilbao (4-2) futur finaliste de la compétition.
 
L'hiver arriva enfin avec son traditionnel marché des transferts, l'occasion pour le club francilien de se renforcer une énième fois. Alex débarqua de Chelsea pour pousser un Sakho en manque de confiance sur le banc, tout comme Thiago Motta de l'Internazionale pour muscler le milieu de terrain. Et surtout, un changement d'entraîneur, avec le très renommé Carlo Ancelotti prenant la place d'Antoine Kombouaré, pourtant auréolé la veille d'un titre honorifique de Champion d'Automne. 
 
Paris était premier à la trêve, et malgré quelques erreurs de parcours ("comme toutes les grandes équipes"  se rassurait-on du côté du camp des Loges) rêvait du titre avec un étonnant Montpellier à ses trousses. La filière QSI avait bel et bien réussi son pari. Mais l'argent est loin d'avoir les capacités d'élaborer un collectif et ne construit pas les automatismes qui lient les bons joueurs. D'exceptionnels talents individuels, mais ne pouvant se mettre au service de l'équipe toute entière. 
 
Et ce qui devait arriver, arriva alors. Le Montpellier Hérault Sporting Club, sous la houlette d'un Olivier Giroud de grande classe (dont le transfert vers Arsenal a d'ailleurs été officialisé dans les derniers jours) et d'un Younès Belhanda éclatant de talent (tout ce beau monde dirigé par un président ne mâchant pas ses mots, mais fou amoureux de son club, en la personne de Louis Nicollin) remporta le titre au grand désespoir d'un Paris qui avait mis la main au porte-feuille mais qui n'avait pu faire mieux qu'accrocher une qualification en Ligue des Champions, et une piètre (au vu des efforts fournis) deuxième place en Ligue 1.
 
Pourtant, ce qu'on pourrait qualifier d'échec pour une première saison et pour les sommes mises en jeu, ne se résume pas seulement au plan sportif. Quid des échecs de transferts, avortés de dernière minute, comme celui de Carlos Tévez (Manchester City), Pato (Milan AC), Beckham (Los Angeles Galaxy) et plus récemment celui d'un des meilleurs défenseurs centraux au monde, Thiago Silva (Milan AC) ? Des échecs retentissants, qui ont écorné l'image de Leonardo, qui n'apparut plus aussi influent qu'auparavant. Dans le cas de l'Apache, ce dernier hésitait à venir, préférant rallier la Lombardie (Milan AC ou FC Internazionale). Le marché des transferts se clôtura, alors qu'aucun accord n'avait pu être conclu entre le club parisien et le joueur argentin. Même chose pour Pato, resté au Milan AC pour sa femme, qui est également la fille de Silvio Berlusconi, président du club. Le défenseur milanais, Thiago Silva, était lui d'accord pour rejoindre le club francilien. Mais la grogne des supporters et de plusieurs joueurs, tels que Zlatan Ibrahimovic qui déclarait que "perdre la star de l'équipe allait faire couler le groupe", ont fait que Silvio Berlusconi et Galliani ont préféré au dernier moment, retenir le brésilien, alors qu'un accord semblait avoir été trouvé pour un montant estimé à quarante-cinq millions d'euros. 
 
Le PSG, qui semble avoir réussi néanmoins à attirer une star napolitaine dans ses filets (Ezequiel Lavezzi) pour environ trente-et-un millions d'euros, continue de cocher des noms dans son petit carnet comme celui de Robin van Persie, qui n'a toujours pas prolongé avec Arsenal, alors que son contrat se termine en 2013. Mais qu'irait faire van Persie dans un championnat tel que le championnat français ? Le PSG est une équipe qui grandit, dont la réputation commence à traverser les frontières, mais qui paie la faible attractivité de son championnat. "Toutes les capitales doivent avoir une grande équipe de football" clamait alors Leonardo au début de l'exercice 2010-2011, avant de se renfermer peu à peu dans l'ombre.
 
Une saison plus tard, le bilan reste mitigé. Qu'adviendra t'il du Paris Saint-Germain ?