Yann M’Vila sera-t-il regretté à Rennes ?

A bientôt 22 ans, Yann M’Vila s’apprête à changer d’air cet été en quittant Rennes. Si on ignore encore où jouera le natif d’Amiens l’an prochain, il est certain qu’il laissera des souvenirs sur les bords de la Vilaine. Bons ou mauvais ? Retour les quatre dernières années du milieu défensif.

Yann M’Vila sera-t-il regretté à Rennes ?
A Rennes, Yann M'Vila laissera quand même l'image d'un milieu de terrain doté d'une merveilleuse qualité de passe.

Tu parles d’un trophée, mais quand même ! L’homme qui a permis au Stade Rennais de remporter sa dernière coupe en 2008 s’appelle Yann M’Vila. L’année juste avant que les grands se fassent humilier par Guingamp, les jeunes du SRFC ont remporté la Coupe Gambardella aux dépens de Bordeaux, 3-0. Dans un milieu à trois où il joue en compagnie de Vincent Pajot et de Yacine Brahimi (tiens, tiens…), il double la marque d’une frappe des 25 mètres. Homme du match, il fait forte impression pour sa première rencontre au Stade de France.

 

La traversée du désert sous Guy Lacombe

 

Aujourd’hui, quand on parle de Guy Lacombe aux supporters rennais, il ne reste presque plus que des mauvais souvenirs. Guingamp 2009, départ de Didot et non-considération de M’Vila. On oublie que « Moustache » avait réussi à faire bien jouer Thomert et a révélé Lemoine, quand même. Toujours est-il qu’à l’époque, le jeune M’Vila se pose des questions. Peut-il percer dans son club formateur ? Lacombe, en tout cas, ne lui fait pas confiance. Mais fin mai 2009, le champion olympique 1984 est en fin de contrat et s’en va. Frédéric Antonetti le remplace et le futur n°17 des Stadistes veut être prêté en Ligue 2.

 

2009-2010 : la révélation

 

Lors des stages de pré-saison, le technicien corse tombe sous le charme du jeune milieu de terrain. Malgré le recrutement de Junichi Inamoto (joueur qui a connu Antonetti à Osaka), le nouvel entraîneur du club fait en sorte que Yann M’Vila reste à Rennes. Et très vite, il va être lancé dans le grand bain. La recrue japonaise est expulsée lors de la deuxième journée contre Nice et M’Vila entre en jeu. La grande première au Stade de la Route de Lorient pour lui se déroule lors de  la journée suivante : réception de Marseille. Premier match réussi pour le jeune milieu. Toute sa saison sera de très haut niveau, ce qui va pousser le milieu nippon au départ dès le mercato d’hiver. Alors que l’autre recrue estivale Alexander Tettey fournit des prestations décevantes quand il n’est pas blessé, Yann M’Vila est aligné au milieu de terrain aux côtés de Fabien Lemoine et de Jérôme Leroy. Il a été si bon qu’à même pas 20 ans, Raymond Domenech le sélectionne dans les 30 pour la Coupe du Monde 2010. Heureusement pour lui (rétrospectivement), il n’a pas été sélectionné.

 

2010-2011, la confirmation et 2011-2012, un peu de déception

 

La saison suivante, il est le joueur incontournable du club. La formation joue plus reculée, avec trois milieux défensifs. A ses côtés se succèdent Stéphane Dalmat, Alexander Tettey, Fabien Lemoine et Tongo Doumbia. Il commence à enchainer les matchs en Equipe de France et aux yeux de Laurent Blanc aussi il devient incontournable. Cependant, en club, il n’arrive pas à relever le niveau du Stade Rennais en fin d’année qui échoue à la sixième place après avoir longtemps rêvé de Ligue des Champions.

Il décide néanmoins de rester en Bretagne, afin de ne pas prendre de risques en vue de l’Euro 2012. En effet, il vaut mieux jouer pour éviter de se griller en vue de cette échéance. Et du temps de jeu, il en aura eu : avec près de 55 matchs cette saison (Ligue 1 + C3 + coupes + EDF), il doit être un des joueurs les plus utilisés des 26 de Laurent Blanc. Cependant, il n’a pas crevé l’écran. Le seul but de sa saison, il l’a marqué avec les Bleus contre l’Albanie en septembre. Après la déroute des Rouges et Noirs contre Quevilly, il s’accroche avec des supporters dans la nuit et est la principale cible des sifflets lors du match suivant contre Nice (alors que Jean-Armel Kana-Biyik, lui aussi impliqué dans l’accrochage, a été épargné par les sifflets). Comme un symbole de sa saison mitigée, où il a été certes au niveau mais il n’a jamais réussi à rehausser le niveau du collectif. Bref, il n’a pas toujours fait l’unanimité, des supporters de l’Equipe de France souhaitant même qu’il soit remplacé par Etienne Capoue ou Rio Mavuba.

Il y a aussi le volet affaires qui pèse dans son dossier. Pierre Dréossi, dans Ouest-France, a déclaré concernant la saison prochaine : « on va davantage serrer la vis. C’est obligatoire. Je ne peux pas supporter tous ces écarts (…) sur ce que l’on a su, c’est déjà beaucoup trop. (…) En tant que représentant du club, c’est insupportable. » Parmi les joueurs visés, on a au moins M’Vila car entre l’affaire du vol par des femmes dans la chambre qu’il occupait avec un de ses amis à Montpellier (elles ont été invité par les deux hommes après le match France – Chili. Rappelons que M’Vila est marié et a deux enfants), les conflits évoqués plus haut avec les supporters et sa mise en garde à vue début mai, on peut dire qu’il a une certaine réputation désormais.

 

La suite : un avenir doré ?

 

Il n’a que 21 ans, mais a déjà 18 sélections en Bleu, joué plus de 100 matchs en Ligue 1 et plusieurs grands clubs souhaitent le recruter. Son départ devrait être conclu pour un peu plus de 20 millions d’euros. La somme peut augmenter si la transaction n’est pas opérée avant l’Euro et s’il est très en vue pendant cette compétition. Arsenal semble être sa future destination, malgré les récents démentis d’Arsène Wenger et du joueur lui-même. Parmi les autres clubs qui le suivent de près, on a l’Inter, Anzhi (le joueur ne serait pas intéressé, étrange) et surtout Manchester United. Le club où rêve de jouer Stéphane M’Bia, autre milieu défensif formé à Rennes. Gaffe à toi Stéphane, tu vas te faire griller la politesse !