Frédéric de Saint-Sernin de nouveau président du Stade Rennais

C’était un secret de Polichinelle, c’est désormais officiel. Frédéric de Saint-Sernin, 64 ans, revient à la présidence du Stade Rennais deux ans après l’avoir quitté.

Frédéric de Saint-Sernin de nouveau président du Stade Rennais
Frédéric de Saint-Sernin s'est présenté aujourd'hui à la Piverdière pour une conférence de presse (Getty Images)

Finalement, Patrick Le Lay n’avait pas les épaules. L’ex-PDG de TF1 était arrivé à la présidence du club rouge et noir pour lui permettre de franchir un palier. Dans les faits, il s’est avéré qu’il est resté très discret. Tant au niveau des affaires, où Pierre Dréossi avait pris une telle importance qu’il était devenu le principal interlocuteur de la famille Pinault (propriétaire du club), qu’au niveau sportif, où on lui reproche de n’avoir jamais rencontré les groupes de supporters (il est ainsi devenu une des principales cibles des critiques du Roazhon Celtic Kop, plus important groupe du Stade de la Route de Lorient, après la défaite contre Quevilly, bien qu’il n’y soit pour pas grand chose sur ce match…) et il a sans doute payé sa méconnaissance de ce sport et des codes de la présidence de club (on lui doit d’avoir dit « Barka » au lieu de « Barça », d’avoir qualifié Rennes d’équipe « sympathique » alors que le club avait des ambitions d’Europe, etc.).

Un changement logique

Son départ était donc inéluctable. Le conseil d’administration de ce lundi 25 juin n’a fait que confirmer ce que la presse annonçait depuis quelques jours. A Paris, les Pinault ont confirmé que Frédéric de Saint-Sernin, déjà à la tête du club de décembre 2006 à mai 2010, reprenait le flambeau. Cet homme politique de formation (si on peut considérer ça comme une formation…), ancien député de Dordogne (1993-1997 puis 2002-2004), ancien secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire dans le gouvernement Raffarin III (2004-2005), il a également été conseiller de Jacques Chirac lorsque celui-ci était président. Du coup, quand il devient président du Stade Rennais à la place du très apprécié par les supporters (moins par les dirigeants) Emmanuel Cueff, c’est l’incompréhension totale. Cependant, il va très vite se faire à ce poste. S’il est discret, il n’en est pas moins efficace. Beaucoup de supporters voulaient son retour, bien qu’il ait quitté son poste pour des raisons de santé. A savoir : il était resté dans le conseil d’administration du club pendant son absence à la tête du SRFC.

Patrick Le Lay, lui, a démissionné de sa place dans le CA, déclare le site internet du club. Comme l’avait fait un autre membre moins connu, Hubert Guidal, en mai dernier. C’est Jacques Delanoë qui fait son apparition dans l’institution. Ancien président d’Euro-RSCG 360, agence de communication fondée par Jacques Séguéla et Alain Cayzac entre autres, c’est un rennais pur souche, très attaché à son club. Son rôle sera de renforcer les liens du club avec les partenaires locaux.

Côté effectif : du mouvement, surtout côté départs

Autre information du jour : Youssouf Hadji va quitter le club. A l’occasion de la conférence de presse donnée par le nouveau président, Pierre Dréossi a évoqué le mercato, notamment le cas de l’international marocain, en partance pour Al-Arabi SC, un club de Doha (Qatar) : « nous ne sommes pas très loin d’un accord mais il n’y a rien de finalisé entre nos deux clubs. Cela devrait normalement se faire. » Hadji était revenu à Rennes fin août 2011 après un passage au club entre 2005 et 2007. Il sort d’une saison moyenne, où il a marqué 8 buts en 33 matchs (toutes compétitions confondues) mais il ne s’est jamais véritablement imposé, notamment à cause de la forte concurrence à son poste (Erding, Montaño, Boukari…).

En parallèle, le manager général a annoncé que Romain Alessandrini, dont la venue ne faisait plus aucun doute il y a déjà trois semaines, signera son contrat jeudi, après la visite médicale mercredi. Il renforce avec Sadio Diallo (son arrivée est actée depuis janvier) un secteur offensif qui va subir beaucoup de départs lors de cette intersaison. Outre Hadji, Jirès Kembo est très demandé (Lyon, Lille, Marseille notamment seraient sur les rangs), Victor Hugo Montaño serait approché par les Tigres de l’UANL (Monterrey) mais a également des pistes en Ligue 1 (Toulouse, Sochaux, Bastia, Bordeaux…), quant à Razak Boukari, ses performances ne satisfont pas le club. De son côté, Yacine Brahimi a demandé à partir, Mönchengladbach ou Udinese sont sur les rangs. Mis à part les attaquants, Kader Mangane, Yann M’Vila et Tongo Doumbia pourraient partir. Pas Romain Danzé, qui, face aux manifestations de soutien des supporters, et suite aux changements dans la direction, sera maintenu dans l’effectif.