Chris Mavinga : «on doit retourner en Coupe d’Europe»

Alors en stage à Carnac avec le reste de l’effectif du Stade Rennais, Chris Mavinga a accepté pour VAVEL de revenir sur son début de carrière, sa saison et de parler de ses objectifs.

Chris Mavinga : «on doit retourner en Coupe d’Europe»
"L'an dernier, on m'a donné ma chance, mais je ne l'ai pas saisie" (Getty Images)

Cette interview a été réalisé par téléphone, alors que les joueurs du Stade Rennais étaient en stage à Carnac. Chris Mavinga, arrière gauche du club, possède déjà un CV bien riche à 21 ans : passé par Liverpool, champion de Belgique avec Genk (2011), international espoirs, il vient d'achever sa première saison au Stade Rennais.

 

Comment se passe le stage à Carnac ?

Comme les autres internationaux, j’ai repris le lundi 9 juillet. Le but pour moi est de rattraper le niveau des autres qui ont commencé une semaine avant. Tous les matins, on a 45 minutes de footing et l’après-midi, on fait beaucoup de travail individuel physique. On touche parfois le ballon, mais on travaille les déplacements, donc c’est très physique ! On est en train de se mettre au niveau de ceux qui ont commencé plus tôt.

Tu reviens des éliminatoires de l’Euro 2013 Espoirs, et tu as joué l’intégralité du match contre le Kazakhstan à Astana (victoire 3-0). Tu penses que le groupe peut aller loin ?

Oui, on a une bonne génération là. Avec cette génération 91, on a été finalistes du championnat d’Europe en U17 (2008), champions d’Europe en U19 (2010)… Certes on n’a pas beaucoup joué contre de grosses équipes, mais j’y crois et j’espère qu’on passera les barrages pour faire quelque chose à l’Euro.

Revenons sur ta carrière. Alors que tu es au centre de formation du PSG, tu signes à Liverpool en 2009. Pourquoi as-tu fait ce choix ?

A la base, je ne voulais pas quitter le Paris-SG, je m’y sentais bien, et j’avais l’ambition de passer pro au PSG. Mais à l’époque, Paris ne me proposait qu’un contrat de stagiaire alors que Liverpool me promettait que je passerais pro chez eux. Et puis l’Angleterre m’a fait franchir un palier. A Paris, on me reprochait mon manque de maturité. A Liverpool, j’ai gagné dans ce domaine, et ça se voit notamment au niveau des duels où j’ai beaucoup progressé.

Qu’est-ce qui t’as le plus marqué à Liverpool ?

C’est surtout de s’entrainer avec des grands noms, comme Steven Gerrard, etc. qui est marquant. Aussi, Anfield et son ambiance, c’est incroyable mais si je n’ai jamais eu l’occasion d’être sur la feuille de match !

Steven Gerrard, il est vraiment fan de Phil Collins ? Il en passait dans les vestiaires ? (NDLR : le capitaine de Liverpool avait eu une altercation avec un DJ fin décembre 2008. La cause serait un différend sur la musique diffusée, Gerrard voulant du Phil Collins)

Oui, il est vraiment fan ! Après, on passait de tout dans les vestiaires, ça pouvait arriver qu’on ait du Phil Collins même si à l’époque, il y avait beaucoup d’espagnols donc c’était surtout de la musique espagnole qui passait…

Tu es prêté à Genk en janvier 2011, avec qui tu es champion de Belgique. Qu’est-ce que ça fait, un titre de champion ?

C’est extraordinaire. Franchement, je n’imaginais pas que ce serait comme ça, sur le terrain, et après, la fête avec les supporters… Surtout, la parade dans la ville, c’est vraiment exceptionnel. J’espère vraiment pouvoir revivre ça dans ma carrière !

Tu es malheureusement connu pour avoir blessé involontairement au visage Medhi Carcela (nombreuses fractures au visage, dents cassées). Comment as-tu réagi face aux critiques ?

Au début, c’était vraiment difficile, parce que c’était involontaire. Après, heureusement que Carcela a calmé le jeu, ça m’a rassuré. Une fois que je savais que Carcela ne m’en voulait pas et qu’il allait bien, les critiques, je m’en foutais. Et puis, juste après, on a été sacré, je suis parti en vacances, j’ai changé le club donc j’ai pu me changer les idées.

Est-ce que tu considères que le championnat de Belgique mérite plus d’intérêt de la part des joueurs ?

Pour les jeunes, franchement, ce n’est pas mal du tout. Je situe la Jupiler League entre la Ligue 1 et la Ligue 2, et aujourd’hui on incite les jeunes à faire une année en Ligue 2. Mais en Belgique, ce n’est pas plus mal, parce que tu joues contre des équipes comme Genk, le Standard de Liège, Anderlecht, qui jouent l’Europe tous les ans, c’est un très bon tremplin. C’est vraiment un championnat intéressant pour les jeunes.

Qu’est-ce qui t’a motivé à signer à Rennes l’été dernier ?

C’est le projet, la jeunesse de l’effectif… J’avais envie de retourner en France, dans un bon club, avec un entraineur qui lance souvent les jeunes. C’était très important pour moi pour bien progresser.

Quel regard portes-tu sur ta saison ?

Je pense que je ne l’ai pas réussi… J’ai fait des mauvais matchs, on m’a donné ma chance mais je ne l’ai pas saisi, du coup j’ai joué assez peu. C’est peut-être dû à un temps d’adaptation, mais en tout cas je n’ai pas été bon.

Sur la fin, tu étais mieux quand même…

Merci… Oui c’est vrai, mais à force de bien s’entrainer, ça paie, et j’espère continuer sur cette lancée !

Tu ne changes pas de club cet été ?

Je suis parti pour rester. Après, c’est un mercato, on ne sait jamais, mais normalement je reste.

Comment te situerais-tu vis-à-vis de la concurrence à ton poste ? Tu penses que tu vas plus jouer ?

La concurrence, elle existe dans toutes les équipes, je sais ce qui m’attend. C’est sain, on bosse tous à l’entrainement et après le coach fait ses choix. C’est à moi de prouver que j’ai ma place, et de saisir ma chance quand on me la donne.

Rennes dégraisse, Dalmat, Mangane et Hadji sont partis, M’Vila, Brahimi et Doumbia sont sur le départ… Pour toi, c’est synonyme d’une baisse d’ambitions ou d’une reconstruction intelligente ?

Les ambitions pour moi restent les mêmes ! Après, il faut des départs parce qu’on aura plus la Coupe d’Europe la saison prochaine, et la concurrence peut être parfois difficile à gérer. Ca ne sert à rien qu’on ait 50 joueurs dans l’effectif.

Quelles sont tes ambitions pour la saison prochaine ?

C’est de donner le maximum, et de retourner en Coupe d’Europe. On a les moyens pour le faire, et il faut qu’on y retourne. La Coupe aussi, ça marque l’histoire d’un club et c’est un bon moyen d’aller en Coupe d’Europe !

Parlons un peu de toi. Arrière gauche, c’est une vocation ?

J’ai joué très jeune en défense, et après j’ai jonglé entre le côté gauche et l’axe. Je suis entré au centre de formation du PSG en tant que latéral gauche, mais j’ai fait un passage dans l’axe où j’ai été pas mal. Au début, en sélection nationale, je jouais dans l’axe. Je suis retourné à gauche, à Liverpool je jouais dans l’axe et à gauche, ça dépendait. A Genk je me suis fixé à gauche, et pareil à Rennes.

Quel était ton modèle quand tu étais plus jeune ?

Je n’ai pas eu un modèle, j’en avais plusieurs ! Surtout Sergio Ramos et Eric Abidal, parce qu’ils peuvent jouer dans l’axe et sur le côté. Abidal joue à gauche, comme moi, donc j’essaie de m’inspirer de ce qu’il fait.

Quels sont tes objectifs pour la suite de ta carrière ?

Je souhaite d’abord m’imposer dans un club prochainement. C’est mon objectif principal. Après, comme tout joueur, j’espère pouvoir jouer la Ligue des Champions, voir plus haut…

La Ligue des Champions, tu sens que tu en as les moyens ?

J’ai eu l’Europa Ligue… Quand on voit notre groupe, il était un peu en mode Ligue des Champions (NDLR : Udinese Calcio, Atlético Madrid et Celtic Glasgow) donc la jouer, pourquoi pas, à Rennes ou ailleurs !