Toulouse FC : fin de saison, place du con?

Relégué à la cinquième place du championnat, Toulouse peut encore croire à une qualification européenne en fin de saison, mais la partie s’annonce d’ores et déjà compliquée. Les Toulousains enchainent les mauvaises prestations et voient se rapprocher dangereusement les prétendants aux troisième, quatrième, voire cinquième place.

Toulouse FC : fin de saison, place du con?
Toulouse FC : fin de saison, place du con?

Ils surfaient pourtant sur la vague, les Toulousains, s’appuyant sur la solide base de sept matches consécutifs sans défaite, toujours au coude à coude avec le LOSC et l’OL, afin de s’approprier cette troisième place, synonyme de tour préliminaire de la Ligue des Champions. Rien ne semblait pouvoir enrayer la machine, bien huilée par un jeu devenu beaucoup plus fluide et par des progrès remarqués.

Mais voilà, depuis quelques rencontres maintenant, tout le système semble rouillé et défaillant, si bien que les mauvais résultats (et prestations) s’enchainent et ne semblent pas avoir encore été résolues. La troisième place s’éloigne journée après journée et les adversaires aux trousses des Haut-Garonnais se font de plus en plus oppressants, et espèrent chaque week-end un faux pas des Toulousains.

Alain Casanova sait que la troisième place sera difficile d’accès, tant Lille et l’OL sont à l’affut. Pour ce qui est de la quatrième place, tout reste faisable mais cela devient forcément difficile lorsque l’on sait le chaos économique que cela provoquerait chez Jean-Michel Aulas qui ne peut imaginer une saison sans la moindre qualification européenne. Enfin la cinquième place, qui viendrait à être qualificative si le vainqueur de la Coupe de la Ligue (Marseille ou Lyon) venaient à se trouver parmi les quatre premier de la Ligue 1, seraient envisageable. Mais encore faudrait-il que ni Rennes, ni Saint-Etienne ne fassent une remontée fantastique dans le classement et arrivent à terminer une saison pour le moins mitigée en beauté.

La partie s’annonce donc compliquée pour les Toulousains, d’autant plus que ne pas finir européen en fin de saison serait bien évidemment une grande déception sachant que les Violets ont passé la majeure partie du championnat en haut du classement, se baladant entre la troisième et la sixième place. Mais la vérité est bien là, et les joueurs de la Ville Rose peuvent en effet tout perdre, et se retrouver être le dindon de la farce le soir de la saison 2011/2012.

Quelles sont donc les raisons qui pourraient les pénaliser durant le sprint final ?

Un calendrier compliqué :

Après avoir effectué deux déplacement consécutifs, à Lille puis à Valenciennes, tous deux ponctués de zéro point au final, les Toulousains vont recevoir Lyon et Montpellier, entrecoupé d’un voyage à Annecy. L’OL est actuellement sur une bonne dynamique, après un petit passage à vide. Jean-Michel Aulas veut la troisième place du podium, primordiale pour l’économie du club. Les Lyonnais, habitués à la pression ces dernières années, feront tout pour réagir et engranger un maximum de points face à un concurrent direct à la qualification européenne. A Montpellier, encore en course pour le titre de Champion de France, on ne peut se permettre de laisser filer des points, même à l’extérieur, étant donné le rythme effréné que propose le PSG. Depuis la remontée du club de Loulou Nicollin parmi l’élite, il y a deux ans, les Montpelliérains sont venus s’imposer deux fois au Stadium, sur le même score d’un but à zéro.

Une attaque en berne :

Ce n’est un secret pour personne. Même si Toulouse arrive à marquer, ce n’est évidemment pas suffisant pour prétendre accrocher une place pour l’Europe. L’équipe d’Alain Casanova possède en effet le ratio du plus petit nombre de buts marqués par des attaquants. Bulut et Rivière, tous deux habitués du poste, en sont actuellement à quatre buts chacun (Rivière a longtemps été blessé en début de saison). Et samedi dernier, à Valenciennes, tout est devenu plus net encore lorsque Casanova a sorti Emmanuel Rivière pour faire rentrer … Wissam Ben Yedder, habitué au milieu de terrain voire au banc de touche, mais surement pas à l’attaque d’une formation. Toulouse connaît une vraie défaillance devant, souvent trop dépendant d’un seul butteur (Elmander, Gignac …), qui, lorsqu’il est en méforme, pose vraiment problème à son équipe.

Des cadres qui marquent le pas :

Daniel Congré qui reste au sol de longues minutes, Etienne Didot qui souffle, Moussa Sissoko qui explose un projectile du Stade du Hainaut en voulant tirer un pénalty … Tout est une histoire de symbole, mais c’est depuis la baisse de forme de certains membres de l’équipe que les choses se sont compliquées au TFC. Le capitaine Daniel Congré, par exemple, semble beaucoup moins sur dans ses interventions qu’il y a quelques années. Sur les deux rencontres précédentes, la défense du TFC puait la fébrilité à plein nez, heureusement qu’Abdennour faisait tout pour éviter le naufrage. Antoine Devaux, si bon en début de saison lors de l’intérim de Capoue, et qui n’a toujours pas été prolongé, parait lui aussi hors du coup actuellement. Si bien que lors du match contre Lille, Casanova n’a pas hésité à la sortir à la mi-temps tellement ses mauvais choix l’ont agacé. Mais l’on peut aussi citer Emmanuel Rivière, nettement moins bon actuellement, toujours à la recherche de ce but qui pourrait relancer la machine, digne du désormais célèbre « effet ketchup » d’Elmander. Rivière gâche, et gâche trop. A Lille et à Valenciennes, il s’est procuré des situations qu’il a été incapable de cadrées. Bulut aurait peut être son mot à dire, et encore, quand on sait que son dernier but avec le TFC remonte au match contre Evian, en hiver au Stadium.

La tête ailleurs ?

Mise à part Fofana, Firmin et Devaux qui ont la possibilité de s’engager dès maintenant avec le club de leur choix, tous les autres Toulousains sont encore sous contrat avec leur club, ce qui n’empêche pas les velléités de départ de certains. Ces envies d’ailleurs peuvent justement donc influer sur la méforme de quelques éléments de l’équipe, la tête déjà tournée vers l’étranger où vers un standing beaucoup plus haut. Ainsi Machado, qui voulait déjà partir durant le mercato hivernal, ne risque pas de s’éterniser sur les bords de la Garonne, mais retrouve déjà ses esprits depuis que Casanova en a fait un habitué du banc de touche. Un très mauvais plan de la part du Portugais, qui ne se met pas en valeur pour l’Euro 2012. De plus, on ne peut être que déçu, en connaissant les capacités techniques et physiques de Moussa Sissoko, de voir ce qu’il nous présente actuellement. Mais ce n’est un secret pour personne. Les probabilités qui font que Sissoko sera toulousain la saison prochaine sont faibles, voir nulles. Il veut jouer à la Roma, c’est même lui qui l’a dit. Mais ne serait-ce pas plus facile de finir la saison en beauté avec son club formateur, qui plus est, pour montrer justement à la Roma qu’elle ne ferait pas du tout d’erreur en le recrutant ? On pourrait s’éterniser sur le sujet tellement le centre de formation du TFC est une pépinière de nouvelles stars :  Tabanou est suivi par Leverkusen et Capoue par l’Atletico de Madrid. Penser à son futur peut se révéler être une excellente chose, mais pour penser au futur, il faut d’abord penser au présent. Car en passant au travers d’une fin de saison pouvant s’annoncer si prometteuse, les futurs ex-toulousains pénaliseront d’une part leur équipe, mais d’autre part, se pénaliseront eux-mêmes, ne se mettant pas du tout en valeur. Vu leur qualité, cela serait évidemment du gâchis.

En février, la défaite face à Saint-Etienne avait été un déclic pour les Toulousains, qui avaient par la suite enchainés sept matches sans en perdre un seul. Une remise en question est donc nécessaire et  souhaitée par Alain Casanova, qui devrait surement prévoir quelques surprises à l’approche du match contre l’OL, mercredi prochain au Stadium.