Turquie-Croatie : de l'Euro 2008 à l'Euro 2012

Après le quart de finale de l'Euro 2008 qui avait vu les Turcs battre les Croates lors de l'épreuve des tirs au but, les deux sélections se retrouvent en barrage pour gagner une des dernières places pour participer à l'Euro 2012.

Turquie-Croatie : de l'Euro 2008 à l'Euro 2012
Burak Yilmaz, buteur prolifique de la sélection turque

Face à face, deux équipes émergentes du football du tournant fin 90 début 2000. Personne n'a oublié la Croatie de Davor Suker troisième du mondial 98 ou la Turquie terminant à la même place quatre ans plus tard (mondial 2002 en Corée du Sud/Japon). Puis vint la difficulté de confirmer. Si les Turcs ont alterné déceptions (défaite en barrage pour l'Euro 2004; défaite en barrage pour le mondial 2006) et réussite (troisième de l'Euro 2008) les Croates ont eu plus de difficulté à confirmer un statut de grande nation européenne du football.

Pour ne pas rater l'Euro 2008, la Turquie a misé sur un sélectionneur de calibre international: Guus Hiddink. Après les Pays-Bas, la Corée du Sud, l'Australie et la Russie, le voici aux commandes de la sélection turque. Misson presque réussie (avec l'Allemagne dans le groupe la Turquie visait la seconde place et donc les barrages). Hiddink risque de ne pas prendre de risque et de ne pas faire du "football total néerlandais" vendredi soir, il a annoncé la couleur en déclarant "N'oublions pas qu'il ya un match retour". L'enjeu devrait tuer le jeu, mais rien de nouveau du côté de la Turquie qui a bafouillé son football tout au long de sa campagne de qualification. 

Si l'identité de jeu de la sélection turque n'est pas encore clairement définie, l'équipe pourra compter sur une arme de poids dans ce genre de matchs couperets: un buteur. En effet, Burak Yilmaz, joueur vedette de Trabzonspor, s'est imposé comme la référence offensive tuque durant les matchs qualificatifs. L'équipe est aussi composée de vieux guerriers comme Rustu, Altintop qui fait son retour en sélection ou encore le capitaine Emre. Manque à l'appel la nouvelle pépite du football turc, Nuri Sahin (Real Madrid), qui est toujours gêné par son genou.

Les Croates semblent un ton en-dessous et font figure d'outsider. En plus de ne pas être convaincants dans un groupe plutôt faible, ils se trouvent diminués par l'absence de plusieurs titulaires (Petric, Strinic, Kranjcar). Les Croates ont tout de même des arguments pour aller chercher la qualification dès ce soir à Istambul, que ce soit leur solidarité défensive, toute la technique de leur maître à jouer Luka Modric ou encore leur buteur Ivica Olic. La sélection Croate a peut-être aussi l'avantage d'évoluer avec une moindre pression, en comparaison avec des Turcs qui cristallisent toute l'attente d'un pays et qui sont en plus comme en mission vis-à-vis des victimes du dramatique tremblement de terre qui a touché l'est de leur pays.