Liga BBVA, à l'aube d'une nouvelle saison

Le championnat espagnol reprend dès samedi avec le match Celta-Malaga qui ouvrira l'édition 2012/2013 du championnat espagnol. Petite mise au point concernant la situation des clubs et les principales attractions de la saison à un jour seulement du grand début.

Liga BBVA, à l'aube d'une nouvelle saison
Liga BBVA, à l'aube d'une nouvelle saison

 

Une fois n’est pas coutume, le début de la Liga 2012/2013 est accompagné d’une nouvelle polémique.  Cette fois-ci concernant les horaires de diffusion des matchs, certains étant prévus à 23h, ce qui explique le mécontentement de plusieurs équipes. La menace de grève a cependant été levée, et les fans du football espagnol pourront profiter de leur compétition fétiche dès ce week end comme prévu.

Un mano à mano plus passionnant que jamais

On ne va pas se voiler la face, tout le monde sait d'avance que le Real Madrid et le FC Barcelone occuperont les deux première places. Qui sera premier? Rien n'est plus indécis à vrai dire, et c’est un beau duel qui s’annonce entre les deux équipes, tout comme le duel dans le duel entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, mais bien évidemment le duel entre Mourinho et Vilanova, suite aux incidents du match retour de la Supercopa 2011 lorsque le coach portugais avait tiré l’oreille à l’alors  adjoint de Pep Guardiola.

Le Real entame donc sa troisième année sous l'ère Mourinho, dans la continuité de la saison dernière, pas de départs majeurs, l’arrivée imminente de Luka Modric et c’est tout, après tout, pourquoi vouloir bouleverser un collectif qui fonctionne si bien ? Du côté de Barcelone, l’expectation est également au rendez-vous, avec comme principale attraction les débuts de Tito Vilanova aux commandes du club catalan, disposant d’un groupe lui aussi peu chamboulé si ce n’est l’arrivée de Jordi Alba et la possible arrivée d’Alex Song, et qui aura la volonté de reconquérir le titre auprès de leur grand rival.

La crise touche la grande majorité des clubs

De retour dans « l’autre Liga », le panorama est bien moins brillant; la crise économique qui touche de plein fouet l'Espagne affecte également les clubs. Si le Real et le Barça peuvent toujours investir de grosses sommes, la plupart des équipes sont contraintes à mener une politique austère en ce qui concerne le marché des transferts ; recrutement de joueurs en fin de contrats, recourt important aux prêts de joueurs, recrutements de vieilles gloires en fin de carrière comme Simao à l’Espanyol, Marchena au Depor etc…  5 clubs au total (Osasuna, Rayo Vallecano, Deportivo La Corogne, Valladolid et Malaga)  n’ont toujours pas dépensé un seul euro dans ce mercato, recrutant uniquement des joueurs en fin de contrat ou en se faisant prêter des joueurs. L’Atletico, club plutôt dépensier d’habitude, a dû vendre Alvaro Dominguez au Borussia Monchengladbach et Salvio à Benfica afin de pouvoir finir de payer le transfert de Falcao, et s’est donc offert les services de l’Uruguayen Cristian Rodriguez et du Turc Emre, tout deux en fin de contrat, et a fait signé Cata Diaz, défenseur argentin de Getafe pour 1 million d’euros.  Ceci dit, l’équipe conserve le même niveau que l’année dernière, avec notamment le retour de Raul Garcia suite à une très bonne saison à Osasuna, l’éclosion du jeune Oliver Torres et l’explosion de l’international espoir Koke.

   Joao Pereira   

Cependant, dans certains cas, cette baisse du pouvoir d'achat peut également se définir comme un «mal pour un bien », tout aussi paradoxal que cela puisse paraitre. Les équipes ne peuvent plus se permettre de jeter de l'argent par les fenêtres, ciblent mieux les joueurs, et recrutent des joueurs à des prix bien inférieurs à ce qui aurait été payé quelques saisons auparavant. Valence en est l’illustration parfaite ; avec les achats de Andres Guardado, ailier gauche mexicain, Joao Pereira, latéral droit du Sporting Portugal et titulaire avec la sélection portugaise à l'euro 2012, Fernando Gago, milieu argentin appartenant au Real Madrid, et Jonathan Viera, espoir espagnol considéré comme le prochain David Silva, le tout pour une somme inférieure à 10M d’euros.  Plutôt bien joué de la part du club Ché quand on sait que ces dernières années leur politique de recrutement n’a pas toujours été une réussite : Zigic recruté pour 15M ou Manuel Fernandes pour 18 par exemple. A noter que le club a également levé la clause d’achat de 7,5M d’euros pour Canales, qui était jusqu’à lors prêté par le Real Madrid. Seville fait également partie de ces équipes qui se sont renforcées à cout réduit, avec les arrivées de Diego Lopez, Alvaro Botia, Hedwiges MaduroBryan Rabello, Kondogbia et Cicinho (à ne pas confondre avec l’ex-madrilène).

 

La fuite des talents

    Santi Cazorla pose avec son nouveau maillot    

Autre problème de plus en plus récurrent, la fuite des talents vers les championnats étrangers. Santi Cazorla (Malaga), Javi Martinez (Bayern Munich), Borja Valero (Fiorentina), Salomon Rondon (Rubin Kazan), Michu (Wigan) ; cinq bons joueurs de Liga, auxquels devrait s’ajouter le nom de Fernando Llorente dans les jours à venir, vont tenter leur chance là où l’herbe est plus verte. Cette fuite s’explique principalement par le fait que ces joueurs, évoluant dans des clubs habituellement classés entre la 4eme et 12eme place, ne sont pas suffisamment intéressants pour les clubs de Liga pouvant se les offrir (Real et Barça), mais trop chers pour les autres clubs même pour ceux jouant régulièrement la Champions League ou l’Europa League, et trouvent donc refuge à l’étranger.

Malaga, un rêve brisé et triste retour sur terre

      Al-Thani lors du rachat de Malaga      

Si il y a trois mois de cela les supporters de Malaga célébraient la première qualification en Champions League de l’histoire du club et se tournaient vers l’avenir avec optimisme, les évènements de l’été ont dû en refroidir plus qu’un. Le Cheikh Al-Thani a tout simplement décidé d’abandonner le club. Pourquoi ? L’acquisition du club de Malaga rentrait dans un le cadre d’un projet qui avait comme but pour le Cheikh de s’implanter durablement sur la cote andalouse. Cependant, Al-Thani s’est vu refuser par les mairies locales la construction de plusieurs édifices, notamment d’un nouveau stade dernier ci pour Malaga et la construction d’un nouveau port à Marbella. Ces refus, mêlés à sa difficulté à gérer le club (non-respect des dates de versement, salaires non payés etc…) ont visiblement découragé le Cheikh de continuer à s’investir dans l’aventure. Le club est actuellement en recherche de potentiels acheteurs et traine derrière lui des dettes colossales (salaires à payer, transferts pas totalement payés etc…).

Santi Cazorla, Rondon et Mathijsen, joueurs clé dans la bonne saison du club andalou, ont déjà quitté le navire, et d’autres joueurs devraient suivre, Monreal, pressenti à Valence et Bilbao, et Toulalan sont  les joueurs les plus prompts à partir.

Un vent de jeunesse souffle sur la Liga

        Oliver Torres        

Face aux difficultés économiques citées précédemment, les équipes misent de plus en plus sur la formation ou le recrutement de jeunes perles étrangères. L’une des grosses attentes de la saison à venir est de voir débuter la génération championne d’Europe U19 en 2011 et 2012 au plus haut niveau.

Oliver Torres, ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose, pourtant, à à peine 17 ans,  c’est l’une des principales attractions et sujets de discussion en Espagne lors de cette présaison, où il a déjà laissé de grandes traces de son talent. Joueur avec un profil similaire à Iniesta, et ayant brillé lors de l’Euro U19 en étant le métronome de la sélection espagnole, le jeune madrilène semble avoir toute la confiance de Diego Simeone , et il ne sera donc pas rare de le voir jouer régulièrement sous le maillot colchonero la saison prochaine.

Chez les gros, d’autres joueurs de cette même génération double-championne d’Europe U19 devraient disposer de temps de jeu pour commencer à s’imposer peu à peu en Liga. Jesé Rodriguez, MVP de la dernière compétition, ou Alvaro Morata, qui devrait faire office de 3eme attaquant dans la hiérarchie derrière Benzema et Higuain. Du côté de Barcelone les jeunes Deulofeu et Sergi Roberto devraient commencer à trouver du protagonisme en équipe A. Valence compte également dans ses rangs l’attaquant Paco Alcacer et le milieu offensif Juan Bernat, tous les deux promis à un grand avenir et membres importants des équipes de jeunes espagnoles.

On peut citer entre autres Bryan Rabello (Sevilla), Jonas Ramalho (Bilbao), Iñigo Ruiz de Galarreta (Bilbao), Salvador Agra (Betis), José Campaña (Sevilla), Juanmi (Malaga) ou Jonathan Castro (Celta).

D’autres jeunes prometteurs mais plus confirmés et disposant déjà d’une ou deux saisons au haut niveau comme Ander Herrera (Bilbao), Thiago Alcantara (Barça), Raphael Varane (Real Madrid), Iker Muniain (Bilbao), Isco (Malaga), Koke (Atletico), Viera (Valence), Sarabia (Getafe) ou Griezmann (Real Sociedad) entre autes feront aussi partie des attractions de cette Liga.

Le retour de deux historiques

                      

Il aura fallu cinq saisons pour que le Celta de Vigo fasse son retour dans l’élite.  Deuxièmes en Liga Adelante la saison passée, les galiciens devraient en toute logique lutter pour le maintien compte tenu de leur effectif peu expérimenté et de leur peu de moyens. Le Deportivo, qui faisait partie des clubs phares de la Liga à la fin des années 90 et au début des années 2000, remonte un an plus tard être descendus après avoir survolé sans trop de problèmes la deuxième division espagnole. Les difficultés économiques du club ont obligé les dirigeants à avoir recours aux prêts pour compléter un effectif qui a vu Andres Guardado et Colotto, deux joueurs clés dans la consécration du titre, partir. Ainsi, 7 joueurs arrivent prêtés du côté de Riazor, entre eux Nelson Oliveira (Benfica), Pizzi (Braga) ou Evaldo (Sporting Portugal), en plus de l’arrivée de Carlos Marchena, champion d’Europe et champion du monde avec l’Espagne, qui était en fin de contrat à Villarreal.

On aura donc le droit à un beau derby «gallego» en Liga BBVA cette saison, même si l’expectation peut sembler moins importante compte tenu qu’il y a dix ans ces deux équipes jouaient les places européennes lorsqu’ils s’affrontaient, contrairement à cette année où les deux équipes joueront le maintien.