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Suède : Zlatan pour tous, tous pour Zlatan ?

La Suède est un des trois adversaires de la France dans le groupe D. Voyons quelles sont les forces et les faiblesses de la sélection scandinave, qui semble n’être portée que par un seul homme.

Suède : Zlatan pour tous, tous pour Zlatan ?
Le onze de départ contre l'Islande le 30 mai dernier

L’équipe nationale scandinave est composée en grande partie de joueurs inconnus du grand public en France et même en Angleterre. Et pour cause, les joueurs d’Erik Hamrén à avoir côtoyé en sélection Freddie Ljungberg vieillissent. Onze joueurs sont restés entre les listes de 2008 et 2012. Ce qui fait de l’équipe nationale suédoise une des plus âgées (28,5 ans de moyenne), en plus d’être une des plus grandes en taille. Beaucoup de ces joueurs ne jouent pas dans de grands championnats : Wilhelmsson au Qatar, trois de ses coéquipiers dans la relevée Allsvenskan nationale, quatre autres aux Pays-Bas… Plusieurs jouent en Angleterre ou en Italie, mais rarement dans des grands clubs (Granqvist au Genoa, Martin Olsson à Blackburn mais bientôt plus haut, Sebastian Larsson à Sunderland), sauf évidemment Zlatan Ibrahimovic. Car avant d’entrer dans les détails, il faut bien distinguer une chose : il y a une Suède avec Zlatan et une autre sans Zlatan. Ibra demeure le joueur le plus important de la sélection, et s’il n’est pas indispensable, il est extrêmement important. Mais il n’est pas seul, donc détaillons la tactique d’Erik Hamrén puis l’effectif en détail.

La tactique : un 4-2-3-1 offensif

L’équipe alignée par le sélectionneur suédois contre la Serbie (2-1) mardi 5 juin devrait ressembler à celle qui débutera l’Euro. Isaksson dans les buts, défense centrale composée de Mellberg et de Granqvist, M. Olsson latéral gauche, Lustig à droite (il devrait être remplacé par J. Olsson). Dans l’axe du milieu de terrain, Svensson et Källström sont chargés d’aider leurs défenseurs tout en se portant vers l’avant : de vrais milieux complets. Larsson joue sur le flanc droit de l’attaque, Elm est à gauche. Ibrahimovic occupe une position de meneur de jeu – attaquant de soutien. Toivonen joue la plupart du temps en pointe (il peut aussi se placer à gauche, Elm prenant la place de Svensson dans l’axe et Elmander en pointe).

La défense (3 gardiens, 7 défenseurs) : du sérieux et du solide

Dans les buts, nous retrouvons l’ancien rennais Andreas Isaksson (92 sélections), qui est un bon gardien mais qui n’aura pas laissé un souvenir impérissable aux supporters bretons. Faisons court : Nicolas Douchez est plus estimé que lui sur les bords de la Vilaine. Qu’importe, son passage à Manchester City (avant l’arrivée des investisseurs qataris) puis sa présence au PSV Eindhoven (depuis 2008) font de lui un gardien expérimenté et assez sûr. Sobre mais efficace, rassurant pour les défenseurs. La doublure Johan Wiland (FC Copenhague, 7 sélections) s’avère être un bon gardien (sans plus), quant à Pär Hansson (Helsingborgs IF, 1 sélection), on n’a pas suffisamment suivi le championnat suédois suffisamment pour estimer le niveau de ce gardien de 25 ans.

 

Le chef de la défense centrale, Olof Mellberg, est le pilier des Blågult (Bleus et Jaunes). 34 ans, 112 sélections, trois saisons à Santander, sept à Aston Villa, une à la Juve et aujourd’hui à l’Olympiakos. Assez rugueux, il en reste néanmoins assez juste, en témoigne le nombre de cartons jaunes qu’i a pris dans sa carrière (66 jaunes et 7 rouges en 621 matchs dans sa carrière)… Il sera le leader derrière. Andreas Granqvist (27 ans, 17 sélections) est quant à lui joueur du Genoa, club qu’il a rejoint en 2011 (avant à Groningue, Eredivisie). Courtisé par les deux Milan et Palerme, il ne devrait pas rester longtemps et a déclaré qu’il déciderait de son avenir après l’Euro. Il est plus probable que ce soit lui le défenseur central pour qu’il puisse s’adonner pleinement à sa fonction de tour de contrôle (1.92m et il en profite bien).

Le deuxième arrière central, c’est Jonas Olsson (29 ans, 7 sélections, en aucun cas membre de la famille de Martin Olsson qui va venir ensuite). Lui joue à West Bromwich Albion depuis 4 ans après être lui aussi passé par les Pays-Bas (Nimègue). Là encore, c’est du sérieux et du solide, bien étanche, et costaud (1.93 m, lui aussi bon de la tête…) Martin Olsson (24 ans, 8 sélections) est le plus jeune des défenseurs, mais pas le moins talentueux car, comme Granqvist, de grosses écuries s’intéressent à lui pour qu’il évite de descendre en Championship avec son club (Stoke City et Chelsea seraient sur les rangs). Ce latéral gauche peut aussi jouer milieu gauche. Il ne peut pas disposer d’une taille phénoménale (1.70 m) mais il sera un excellent relais à Elm sur le flanc gauche de l’attaque.

Côté remplaçants probables, Behrang Safari (27 ans, 21 sélections) sera la doublure de M. Olsson à gauche. Le joueur né à Téhéran joue actuellement à Anderlecht avec qui il vient d’être sacré champion de Belgique. Bon, mais coupable d’une belle bévue contre les Pays-Bas en éliminatoires (octobre 2010, 4-1). Sa touche complètement manquée arrive sur Wesley Sneijder qui donne le ballon à Ibrahim Affelay, seul, qui bat facilement Isaksson (but du 2-0). Mikael Antonsson (31 ans, 5 sélections) sera, lui, le défenseur central remplaçant. Il a joué 24 matchs cette saison avec Bologne. Enfin, Mikael Lustig (25 ans, 24 sélections) peut jouer stoppeur mais est plus habitué au couloir droit. Il fait partie de l’effectif du Celtic Glasgow depuis janvier dernier, et n’a joué que quatre matchs avec les Hoops.

Toutefois, sur les derniers matchs, la défense suédoise a inquiété. Comme la France, Erik Hamrén a choisi des amicaux contre l’Islande et la Serbie. Deux victoires, mais dans la douleur (3-2 contre l’Islande, 2-1 contre la Serbie), à cause d’une défense fébrile. Le but serbe a en effet été marqué… de la tête, Subotic (1.93 m lui aussi) prenant le meilleur sur deux défenseurs Blågult…

Milieu de terrain (9) : de nombreux joueurs à vocation offensive et Källström en chef de troupe

 

Sur le terrain on devrait voir le Lyonnais (29 ans, 91 sélections) endosser un rôle de patron au milieu de terrain, comme Mellberg en défense ou Ibrahimovic en attaque. Expérimenté et talentueux, doté d’un bon pied gauche, rigoureux défensivement, il apporte une stabilité au milieu de terrain de Rémi Garde à Lyon et fait de même en sélection. Il jouera dans l’axe, aux côtés d’Anders Svensson (35 ans, 127 sélections). Ce taulier est célèbre pour sa qualité de passe, mais joue à Elfsborg depuis sept ans (et un départ de Southampton). Comme Källström, il n’est pas milieu défensif, ce qui prouve les velléités offensives du sélectionneur Hamrén. Samuel Holmén (27 ans, 27 sélections) est quant à lui le seul vrai milieu déf’ de l’effectif suédois. Lui aussi a une bonne vision du jeu, et est considéré comme un bon milieu du championnat turc (il joue à Istanbul Büyüksehir) pouvant aller plus haut qu’un club turc de seconde zone. Pontus Wernbloom (25 ans, 23 sélections) est l’autre milieu axial de l’effectif. Le fighting spirit, le joueur du CSKA Moscou connaît. Après avoir fait son trou à Alkmaar, il a décidé de partir chez les Moscovites en janvier dernier. Il est un peu plus offensif que les autres axiaux que je viens de citer.

 

Sur les côtés, on devrait trouver Sebastian Larsson (27 ans, 38 sélections) et Rasmus Elm (24 ans, 24 sélections). Larsson joue à Sunderland sur le côté droit. Lui aussi (spécialité suédoise ?) tire très bien les coups-francs. Il est célèbre pour avoir marqué un but à la Maradona (parti du milieu de terrain pour marquer) en avril 2007 avec Birmingham contre Sheffield. Rasmus Elm est quant à lui le joueur dont il faut se méfier. Il joue à Alkmaar, et ne souhaite pas partir alors que la Premier League (Liverpool surtout, mais aussi Manchester United, Arsenal, Newcastle et Tottenham sont sur lui) lui fait les yeux doux. Comme Svensson, c’est un bon passeur et tire bien les coups-francs, comme Källström. Un futur crack dont il faut se méfier (il peut également jouer à gauche).

Leurs remplaçants s’appellent Tobias Hysén (30 ans, 23 sélections), Christian Wilhelmsson (32 ans, 74 sélections), Emir Bajrami (24 ans, 16 sélections). Le premier joue à Göteborg. Ce milieu gauche marque pas mal de buts (7 en sélection, 51 en 126 matchs pour son club actuel) et son talent est un mystère, ce joueur n’ayant joué qu’une saison hors de Suède (à Sunderland) où il s’est mal acclimaté. Christian Wilhelmsson quant à lui a pas mal bourlingué, a eu le statut de recrue phare du FC Nantes (avant d’être classé parmi les accidents industriels de Waldemar Kita), de bon joueur de Belgique du temps où il jouait à Anderlecht, mais aujourd’hui, alors qu’il joue à Al-Hilal, on peut avoir légitimement des doutes sur son état de forme. Emir Bajrami est, à l’inverse, l’autre joueur à suivre de la sélection suédoise (avec Elm). Lorsqu’il a signé à Twente en 2010, le montant de son transfert était le deuxième plus élevé de l’histoire pour les départs d’Allsvenskan derrière celui d’Ibrahimovic… Kosovar de naissance, rapide et technique, en voilà un autre qui ne restera pas très longtemps en Eredivisie.

 

Attaquants (4) : Ibra, atout n°1 des Blågult

 

 

Il ne jouera pas en pointe, mais en attaquant de soutien voire meneur de jeu, appuyé par les deux milieux axiaux qui lui donneront un coup de main devant. Zlatan, c’est simple, il doit se rapprocher du record de Unes de la Gazzetta dello Sport, il est le meilleur buteur de Série A cette saison (28 buts), meilleur joueur du Calcio en 2008, 2009 et 2011 (et le sera peut-être en 2012…), passe sans vergogne de la Juve à l’Inter puis au Milan… Bref, c’est un joueur incomparable. Celui qui peut tout changer. Mais Ibra commence à vieillir (30 ans, 77 sélections, 31 buts) et si la Suède rate la marche pour le Mondial brésilien (les Scandinaves n’ont pas fait le déplacement en Afrique du Sud en 2010), il se rapproche de ses dernières compétitions internationales. Voilà donc l’homme qui peut faire passer la Suède d’un simple outsider à l’équipe capable de créer la surprise.

Devant lui, ce devrait être Ola Toivonen (25 ans, 24 sélections, 6 buts). Le capitaine du PSV Eindhoven (excusez du peu !) a eu du rab avec son club cette année, car son compère Dzsudzsák s’est fait la malle à Anzhi avec Samuel Eto’o. Dont acte, il marque 18 buts et avec son coéquipier Mertens (21 buts et 13 passes quand même !) il amène le PSV à la troisième place. Un bon attaquant. Si ce n’est pas lui, ce sera Johan Elmander (31 ans, 63 sélections, 16 buts). L’ancien toulousain est costaud et efficace (meilleur buteur de son club, Galatasaray, avec 12 buts), et est une alternative de qualité à Toivonen. Markus Rosenberg (29 ans, 30 sélections, 6 buts) a été un des meilleurs buteurs de Bundesliga avec le Werder Brême, mais il est aujourd’hui sans club (son contrat avec les Verts vient d’expirer) et sans doute avec moins de confiance que pendant ses années fastes.

 

Une équipe qui a ses chances !

 

Et si c'était eux, la surprise à l'Euro ? Si leur jeu n'est pas trop stéréotypé (grand défaut suédois), cette équipe peut faire mal aux Anglais et aux Français. Zlatan Ibrahimovic aura un grand rôle à jouer, mais les joueurs autour de lui devront être au diapason. La défense soulève les doutes également. Comment faire d'une somme de bonnes individualités une équipe compétitive, tel est le problème d'Erik Hamrén (comme d'autres sélectionneurs) à quelques jours de l'entrée en compétition des Suédois, lundi contre l'Ukraine.