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Lloris, capitaine abandonné

En marge de l'Euro 2012 que la France entamera lundi contre l'Angleterre, Vavel propose une large revue d'effectif, ligne par ligne, du groupe appelé par Laurent Blanc. Place à la première ligne, les gardiens et les défenseurs.

Lloris, capitaine abandonné
Lloris, capitaine abandonné

Lloris: il sera le capitaine des Bleus. Laurent Blanc a décidé de se reposer sur Hugo Lloris pour assurer cette tâche. Cela aurait pu en étonner plus d'un, tant Lloris a brillé par sa timidité et sa discrétion ces dernières années. Mais au cours de cette saison 2011-2012, il a pris ses responsabilités. Et notamment avec son club de l'Olympique Lyonnais. Il a été un des leaders ( avec Lisandro) du vestiaire. Quoi de plus normal quand on est un des (si ce n'est LE) pilliers de l'équipe. Déjà excellent la saison dernière, il semble encore avoir franchi un pallier cette année. Il a fait preuve d'un régularité exeptionelle, et même d'héroïsme sur certains matches, à coup de miracles et de sauvetages impossibles. Maintenant, reste plus qu'au meilleur gardien de la Ligue 1 (pour la troisième fois de suite) de maintenir ce niveau de jeu pour pallier à la fébrilité dont sa défense fait parfois preuve.

 

Mandanda: Le capitanat lui a fait du bien. Car il faut bien avouer que le nouveau capitaine de l'OM a franchi un véritable cap cette saison. Seule satisfaction marseillaise de la saison avec N'Koulou, André Ayew et Loïc Rémy, Mandanda a porté son équipe à bout de bras sur la plupart des matches, évitant à l'OM de sombrer un peu plus dans les profondeurs du classement. On savait le gardien très talentueux sur sa ligne, sachant se détendre tel un félin. Mais maintenant il arrive à reproduire ce genre de prestation à chacun de ses matches. Et, à en croire son entraineur Didier Deschamps, il a également énormément progressé au pied. Malheureusement pour le portier marseillais, cela n'est pas suffisant pour briguer une place de titulaire. Longtemps au coude à coude avec Lloris pour la place de titulaire sous l'ère Domenech, l'ordre semble clairement établi depuis Laurent Blanc. Preuve en est le capitanat de Lloris.

 

Carrasso: On a coutume de dire que le troisième gardien en selection nationale ne «sert à rien». Et aux vues des bonnes performances des gardiens français dans l'ensemble, ils auraient pu être nombreux à briguer cette place de numéro 3 (Landreau, Ruffier, Ahamada, Costil). Mais c'est finalement Carrasso qui a raflé la mise, fort logiquement. Troisième gardien de l'équipe de France depuis maintenant 3 ans, Carrasso est bien plus que «la doublure de la doublure». Il s'investit énormement et effectue un travail énorme dans l'ombre des Lloris et Mandanda. Il est à la disposition du collectif comme il l'a déclaré à l'Equipe: « C’est simple : je consacre ma préparation pour 90 % à Hugo et au groupe. Les 10 % restants, il s’agit de rester en forme pour jouer, au cas où… Dans les 90 %, il s’agit d’être là pour les autres, de beaucoup parler. » Mais bien plus qu'un sparring-partner pour les gardiens, il est aussi à la disposition des attaquants quand ceux-ci veulent se «défouler» et frapper au but. C'est également lui qui se charge de toutes les négociations, que ce soit avec la fédération ou bien les sponsors. Et si le gardien bordelais ne compte qu'une seule selection sous la tunique bleue, il n'en reste pas moins apprécié et respecté par l'ensemble des joueurs. Alors, toujours aussi inutile ce troisième gardien?

 

Evra: Beaucoup pensaient ne plus le revoir porter le maillot bleu. Patrice Evra était une des figures (et le capitaine de l'équipe) de la fronde de Knysna et du scandale qui en a découlé. Si au niveau du jeu, sa saison a été plus que moyenne, c'est surtout mentalement que Evra a montré qu'il méritait sa place. Car la saison a été très difficile et éprouvante pour le mancunien. Entre la mort de son frère, la «raclée» encaissée contre le rival de City et la perte du titre au profit de ce même rival, cette saison n'a pas été de tout repos. Mais bien sûr on ne change pas un homme comme cela. Et cette saison a également été la saison des polémiques pour Evra. Entre son altercation avec Suarez, ou bien son comportement provocateur à Anfield. Malgré des prestations plutôt solides avec l'équipe de France, son comportement pourrait lui jouer des tours et lui faire perdre sa place de titulaire.

 

Clichy: Il arrive sur la pointe des pieds et profite surtout de l'absence de Eric Abidal, titulaire habituel du poste. Il a pris un gros risque en quittant son cocon d'Arsenal ( surtout pour aller à Manchester City) à peine un an avant l'Euro. Mais ce risque s'est avéré payant. Devenu titulaire indiscutable chez les citizens, auteur d'une bonne saison et auréolé de ce titre de champion d'Angleterre, Clichy arrive avec de grandes ambitions. Certes, de par son expérience et son vécu, Evra est bien évidemment pressenti pour être le titulaire à gauche. Mais Clichy espère bien bousculer cette hierarchie. Auteur d'un bon match contre la Serbie, solide défensivement et très actif en attaque, Clichy à livré un belle prestation qui peut semer le trouble dans l'esprit de Laurent Blanc. De là à chambouler son l'équipe type pour le premier match de l'Euro et installer Clichy comme titulaire? Réponse lundi peu avant 18h.

 

Rami: Lui aussi avait fait le pari de quitter son club un an avant l'Euro. Après deux très bonnes saisons à Lille, de 2009 à 2011, Adil Rami quitte Lille pour Valence. Grâce à ses deux bonnes saisons, qui l'ont vu gouter à la Ligue des Champions et faire le doublé Coupe-Championnat, Rami s'est surtout imposé comme titulaire indiscutable dans la charnière française. Pourtant le «Président» avait du choix en défense centrale (Squilacci, Ciani, Koscielny, Mexès, Boumsong etc etc), mais il avait décidé dès le début de sa prise de pouvoir d'associer Rami et Mexès. Solide dans les duels et dur sur l'homme, Rami pêche encore par moment par manque de concentration, ou bien s'enflamme en se lançant dans des rushs incensés. Mais dans l'ensemble les prestations du défenseur de Valence sont satisfaisantes. Attention toutefois à ses dernières sorties. La défense française s'est montré très fébrile durant cette préparation pour l'Euro, abandonnant leur pauvre capitaine.

 

Mexès: Il revient tout pile à temps. Mais il semble en méforme totale. Après une saison très moyenne, dur de savoir dans quel état (physique comme mental) le milanais sort. Transféré de la Roma au Milan AC, Mexès a connu une saison tronquée par les blessures. Après avoir réellement commencé sa saison qu'en janvier, il est contraint d'y mettre un terme dès la fin du mois d'avril à cause d'une énième blessure. Après des débuts difficiles, Mexès redresse la barre et effectue des prestations bien plus satifaisantes. Mais il en faudra beaucoup plus pour remplacer le légendaire Nesta. Arrivé frais en équipe de France, il maqnue clairement de confiance. Cela a été flagrant lors de la préparation, le milanais se montrant étonnement fébrile au cours de ses trois matches. Quasiment assuré d'être titulaire aux côtés de Rami durant cet Euro, il lui faudra faire beaucoup mieux pour espérer emener les bleus loin dans cet Euro.

 

Koscielny: Il connait un destin à la Rami. En national il y a encore 5 ans, Laurent Koscielny se retrouve maintenant dans un des plus grands clubs d'Europe (Arsenal) et propulsé en équipe de France. Mais il ne doit sa sélection qu'à lui et à lui seul. Il est lui aussi parti à l'aventure en tentant le pari de changer de club à seulement un an de l'Euro. Et lui aussi à réussi son pari. Devenu titulaire indiscutable à Arsenal, le gunners s'est alors imposé comme une alternative crédible à Mexès (ou Rami). Rapide, très bon dans le jeu aérien et dans la relance, l'ancien lorientais à passé un cap cette année en Angleterre. Et quoi de plus normal quand on cotoye tous les jours à l'entrainement des joueurs comme Van Persie, et qu'on se retrouve au marquage des Rooney, Aguëro et compagnie. On voit mal Laurent Blanc chambouler sa défense centrale pour l'Euro, alors que ça fait maintenant deux ans qu'il aligne une charnière Rami-Mexèse envers et contre tous. Mais connaissant la méforme de son défenseur, Blanc doit être content de savoir qu'il peut compter sur un Koscielny en forme en cas de problème.

 

Debuchy: C'est une des révélations de ces deux dernières années. Alors que la hiérarchie semblait très claire pour Laurent Blanc (Sagna titulaire et Réveillère en doublure), les blessures à répétition de Sagna et les prestations XXL de Debuchy ont fait changer le selectionneur d'avis. Car si le forfait de Sagna a quasiment asuré le latéral nordiste d'une place dans le groupe des 23, il s'est imposé comme le titulaire de l'équipe de France par la seule force de ses prestations. A l'image de son équipe, Lille, Debuch' explose vraiment lors de la saison du titre, avant de confirmer cette saison. Le milieu de formation est quasiment le seul latéral français à posséder ce profil, un peu à la Willy Sagnol. Courageux, très actif sur son couloir droit et possédant une qualité de centre supérieure à la moyenne, le lillois brille surtout par sa présence offensive. Il y a eu beaucoup de match en Ligue 1 où le latéral droit a passé plus de temps dans le camp adverse que dans son propre camp. Meilleur buteur de tous les défenseurs de la Ligue 1, Debuchy a certainement pris un avantage conséquent dans la lutte pour la place de latéral à droite lors de sa prestation quasi parfaite contre l'Allemagne, où il a parfaitement tenu son couloir et s'est même permis d'offrir deux caviars à ses partenaires.

 

Réveillère: C'est encore dans le rôle de doublure que le lyonnais aborde cet Euro. Pourtant la blessure de Sagna aurait du le propulser à une place de titulaire. Lui le fidèle lieutenant, la doublure exemplaire. Mais il s'est heurté à la fulgurante ascension de Debuchy. Malgré tout Réveillère n'a pas démérité. Il sort d'une saison plutôt bonne avec Lyon où il a été d'une régularité exemplaire. Propre dans ses relances, sûr dans le jeu, Réveillère est une vraie alternative à Debuchy. Alors certes il est moins offensif et moins bon centreur que le lillois, mais il offre beaucoup plus de garanties défensive et déserte beaucoup moins sont flanc droit que le lillois. Malgré sa grande expérience du haut niveau ( 5 titres de champion et 76 matches en Ligues des Champions), ce devrait être dans la peau d'un remplaçant que Réveillère devrait aborder cet Euro. Néanmoins sa polyvalence (il peut aussi bien jouer à droite que à gauche) offre une troisième solution à Laurent Blanc au poste de latéral gauche, en cas de problème avec Evra ou Clichy.