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Nasri, des Bleus à l'âme

Grâce à sa jolie frappe des vingt-mètres, Samir Nasri a permis à l'équipe de France de rapidement revenir à la marque alors qu'elle venait tout juste de céder devant un coup de tête de Joleon Lescott. C'est à peu près tout ce qu'a proposé de bon le milieu de terrain de Manchester City. Alors qu'il vient d'aligner sa quatrième prestation moyenne de rang, il pourrait bien assister depuis le banc de touche à la prochaine sortie des Bleus dans cet Euro 2012, si seulement Laurent Blanc se décidait enfin à sortir ce faux bon joueur de son onze de départ.

Nasri, des Bleus à l'âme
Nasri, des Bleus à l'âme

Un ton en-dessous des autres

Si ses qualités techniques ne sont aucunement à remettre en cause, l'ex-Gunner a été le maillon faible de cette équipe de France. Contre une Angleterre version catenaccio, les Bleus ont en effet affiché des certitudes, avec une excellente maîtrise de balle et une solidité défensive indéniable. Debuchy et Cabaye ont encore marqué des points, et s'imposent peu à peu comme des incontournables du onze tricolore. En revanche, Benzema a beaucoup décroché, laissant vacante la place d'avant-centre. Il est donc, avec Nasri, la seule insatisfaction qui émane d'une partie que les Français ont véritablement contrôlé comme rarement ils l'ont fait sur ces dernières saisons.

Sur la feuille de match, l'ancien joueur d'Arsenal devait prendre place sur l'aile droite de l'attaque tricolore. Mais seulement sur la feuille de match. Car sur la pelouse de la Dombass Arena, il a surtout officié au poste de dépositaire du jeu. Ses partenaires sont beaucoup passés par lui, au vu de son emplacement stratégique dans le coeur du jeu. Mais en dépit des nombreuses balles qui ont transité par ses pieds, Nasri n'a pas véritablement influé sur la partie, excepté son coup-franc déposé sur le crâne d'Alou Diarra, et son tir précis à l'entrée de la surface qui a fait mouche, remettant sur les bons rails des Bleus menés à la marque suite à l'ouverture du score de Lescott.

Trouver le juste milieu

Le numéro 11 de l'équipe de France n'a pas respecté les consignes tactiques de son sélectionneur, se recentrant systématiquement au lieu de remplir son rôle de milieu de terrain excentré. Il est en outre retombé dans ses vieux travers, à savoir multiplier les touches de balles avant d'effectuer ses transmissions. Un manque de discernement et de justesse qui ont pénalisé et bridé le déploiement des offensives françaises. Clairement, le natif de Marseille a bafouillé son football. Auteur de performances en demi-teinte tout au long des matchs de préparations, il n'a donc toujours pas réussi à faire taire les nombreux circonspects avec ce qu'il a montré ce lundi soir, même s'il a évacué de manière très expressive sa frustration, en intimant aux journalistes de "fermer leur gueule".

Et ceux, comme Hatem Ben Arfa ou encore Jérémy Ménez, qui n'ont pas été titularisés, peuvent se friser les moustaches. Car Laurent Blanc ne peut plus se permettre de faire confiance à Samir Nasri dans cette position de milieu offensif droit si celui-ci n'épure pas son jeu en gagnant en sobriété et en appliquant plus de rigueur tactiquement. S'il ne remédie pas incessamment sous peu à ses largesses, c'est sur le banc des remplaçants qu'il s’assiéra. A moins qu'une petite discussion, d'ici à vendredi, avec son sélectionneur ne le guérisse de ses maux bleus. Finalement, il est le seul à avoir évolué en-dessous de son vrai niveau, puisque tous ses coéquipiers sont apparus affûtés. En tous les cas, avec une assurance aussi évidente, l'équipe de France n'a pas de réel souci à se faire en ce qui concerne l'accession aux quarts de finale.