Benzema, la bulle

Benzema, la bulle

On l’attendait comme la figure de proue du navire français lors de ce championnat d’Europe. Fort d’un exercice impressionnant avec le Real, Karim Benzema n’est pas parvenu à tirer son équipe vers le haut. L’enfant de Bron n’a pas trouvé une seule fois le chemin des filets, se contentant de délivrer deux malheureuses assists. Triste bilan.

Après une saison époustouflante en club et des matchs de préparations prometteurs, ponctués par un magnifique doublé face à l’Estonie et des rencontres pleines, nombreux étaient les observateurs qui voyaient en l’attaquant formé à l’Olympique Lyonnais le leader technique de l’équipe de France. Il donnait l’impression d’avoir franchi un palier, aussi bien lorsqu’il s’agit de battre le portier adverse de placer ses partenaires en bonne posture pour marquer.

Des frappes à gogo, mais pas de but

Mais l’Euro 2012, co-organisé par l’Ukraine et la Pologne, nous a laissé sur notre faim. Et c’est un euphémisme que de le dire ainsi. Contre l’Angleterre, que les Bleus ont acculée dans leur moitié de terrain, Benzema n’a pas réussi à faire la décision en dépit de l’écrasante possession de balle tricolore. Face à l’Ukraine, il s’est habillé de la tunique du dépositaire du jeu pour permettre à Jérémy Ménez et Yohan Cabaye de scorer.

Le problème est donc là : avec le peu d’espace laissé par les adversaires de l’équipe de France, KB n’a pas pu être correctement servi aux abords des dix-huit mètres pour faire mouche. En fin technicien qu’il est, il a donc ressenti le besoin de redescendre dans le cœur du jeu, pour prendre part à l’élaboration des actions. Quitte à ne pas être présent au moment de finir ses occasions qu’il a lui-même initiées. Enfin, il aura tout de même placé dix-huit banderilles, dont douze correctement ajustées puisqu’elles ont attrapé le cadre.

Un Euro à oublier

Après le camouflet Suédois, il avait, conte la Roja, une gigantesque opportunité de se mettre en lumière et justifier son statut de meilleur élément de l’effectif Bleu lors de cet Euro. Craint par les médias ibériques, il n’a jamais réussi a véritablement mettre en péril l’équilibre des champions du monde et d’Europe en titre. Toujours plus en retrait, il ne sera donc pas, avec son compère Ribéry, sorti de son mutisme tout au long de la compétition.

Frustration ou déception ? Les deux mon capitaine. Rentrer bredouille de ce tournoi majeur est un échec cuisant pour lui qui n’a toujours pas trouvé le chemin des filets lors d’une phase finale internationale. A l’avenir, il serait vraiment bon pour Karim Benzema de se maintenir à une distance respectable de la cage adverse. Car il est tout de même un avant-centre avant d’être un meneur de jeu…