L’Italie se qualifie aux forceps

L’Italie se qualifie aux forceps

Lors de ce match qui est, pour le moment, le meilleur de la compétition, l’Itlaie s’est qualifiée sans démériter face à des Anglais qui ne sont pas passés loin non plus.

Angleterre
0 0
Italie

 

La classe à l’état brut. Andrea Pirlo a sublimé la rencontre de ses passes millimétrées et de ses inspirations magnifiques. Un véritable leader silencieux. Hier, on a vu la différence entre un milieu certes talentueux mais qui a des efforts à faire pour atteindre le très haut niveau, Ricardo Montolivo, qui avait un regard limite effrayé lorsqu’il s’est avancé pour tirer son pénalty, et le joueur de la Juventus, qui place une panenka sans regarder son vis-à-vis lors de l’épreuve fatidique. La grande classe.

 

Que d’actions de part et d’autre !

 

Mais avant cette séance, nous avons eu droit à un match de très bonne facture. Oublié, le France-Espagne où se mélangeaient passes à dix inefficaces d’un côté et erreurs techniques de l’autre. Cet Italie-Angleterre, il était équilibré et intéressant. Un vrai match d’Euro, avec du suspense et des grosses occasions !

 

Contrairement à l’adage « messieurs les Anglais, tirez les premiers », ce sont les Italiens qui ont ouvert les hostilités. Dès la 3’, Montolivo centre en retrait sur Daniele De Rossi. Le Romain reprend le ballon en demi-volée de l’extérieur du pied droit, inarrêtable. Sauf que c’est le montant de Joe Hart qui repousse cette tentative. Il faudra peu de temps aux Anglais pour réagir : sur un centre de James Milner, Glen Johnson reprend mais Gianluigi Buffon capte après une parade tout simplement extraordinaire (5’). Sans aucun doute les deux grosses occasions du match. A la 38’, Antonio Cassano frappe à 25 mètres des buts, sa frappe se dirige vers la lucarne mais Joe Hart est bien placé pour capter le ballon en deux temps. 0-0 à la mi-temps, mais du grand spectacle.

 

En deuxième mi-temps, les deux équipes ne baissent pas de rythme. Après deux arrêts consécutifs, Joe Hart doit s’avouer vaincu sur la troisième tentative, mais Montolivo, à 8 mètres du but, reprend le ballon de volée juste au-dessus (53’). Mario Balotelli frappe à son tour au-dessus suite à un retourné acrobatique (60’). Ashley Young voit sa frappe déviée de justesse par Ignazio Abate (64’). Chose fréquente : beaucoup de frappes, qu’elles soient anglaises ou italiennes, terminent leur course contre des joueurs adverses. Les joueurs sont très engagés, donnent sans compter jusqu’à aller aux crampes (Gerrard est le premier touché, à la 72’). Dommage pour leurs organismes déjà bien mis à contribution, ils vont s’offrir des prolongations. Et nous, devant notre télé, on est bien content du scénario proposé par les 22 acteurs.

 

Premières prolongations de la compétition

 

Forcément, le rythme baisse, on n’a plus 22 acteurs frais sur la pelouse. Mais on voit quand même des tentatives de part et d’autre, notamment d’Alessandro Diamanti côté italien. Andy Carroll, de son côté, sert de point d’appui pour détourner les dégagements de son gardien vers ses coéquipiers, mais son entrée a été moins convaincante que celle de l’Italien. Côté anglais, les héros sont John Terry et Joleon Lescott, qui auront fait barrage aux joueurs de Prandelli pendant 120 minutes. Ils continuent de résister dans ces prolongations. Le score n'évolue donc pas, et les occasions se font un peu plus rares. Diamanti touche quand même le poteau sur son centre (101'). On voit gros comme une maison que ce match se terminera aux tirs aux buts. Et c’est en effet ce qui va se passer.

 

Pirlo le magnifique, Young comme Trezeguet

 

Balotelli s’avance en premier face à Joe Hart. Leur marche vers la surface de réparation yeux dans les yeux reflétait la tension qui régnait à ce moment. Les grimaces de Hart n’y feront rien, Balotelli bat son adversaire de club (1-0). Réponse de Steven Gerrard : il frappe à droite de Buffon, comme son prédécesseur (1-1). Au tour de Montolivo : lui aussi frappe de ce côté, mais sa tentative n’est pas cadrée. L’occasion de prendre l’avantage n’est pas manquée par Wayne Rooney (1-2). Mr Pirlo entre en scène, ne regarde pas Hart qui continue à tirer la langue, et lui met une panenka parfaite (2-2). Juste après, Ashley Young frappe en force mais touche la barre, la même frappe que celle de David Trezeguet en 2006, déjà face à Buffon. L’Italie a refait son retard. Au tour de Nocerino de rester insensible aux mimiques du gardien des Three Lions (3-2). Ashley Cole peut égaliser, mais son tir est un peu mou et surtout, Buffon a choisi le bon côté. Ne reste plus qu’à Diamanti de parachever la qualification italienne en demi-finales. Il n’y manquera pas (4-2).

 

Malgré l’affaire du Calcioscommesse, malgré une prestation sans saveur à la Coupe du Monde 2010, Cesare Prandelli aura donc réussi son coup : construire une équipe compétitive et attrayante pour l’Euro. Face à l’Allemagne, jeudi, ce sera une autre paire de manches. Roy Hodgson, de son côté, a aussi réussi son pari : en deux mois, il a su améliorer les relations avec la presse (pour rappel, celle-ci ne supportait pas le fait que Fabio Capello, son prédécesseur, n’apprenne pas l’anglais) et l’image de sa sélection, ternie après les Coupes du Monde très moyennes de 2006 et 2010 et la non-participation à l’Euro 2008. Et, malgré l’élimination, ils peuvent sortir la tête haute de la compétition, eux.

Fiche technique:
Angleterre: Hart - Johnson, Terry, Lescott, Cole - Milner (Walcott 61'), Gerrard (cap.), Parker (Henderson 94'), Young - Welbeck (Carroll 61'), Rooney.
Italie: Buffon (cap.) - Abate (Maggio 90'), Barzagli, Bonucci, Balzaretti - Marchisio, Pirlo, De Rossi (Nocerino 80') - Montolivo - Cassano (Diamanti 79'), Balotelli.
SCORE: Tirs aux buts : Italie : réussis : Balotelli, Pirlo, Nocerino, Diamanti, manqué : Montolivo. Angleterre : réussis : Gerrard, Rooney, manqués : Young, Cole.
ARBITRE: Pedro Proença (POR). Cartons jaunes : Barzagli (82'), Maggio (93') pour l'Italie.
ÈVÉNEMENTS: Quart de finale n°4 de l'Euro 2012 entre l'Angleterre et l'Italie. Match disputé à Kiev (Stade Olympique) devant près de 60.000 spectateurs.