Nouveau scandale de matchs de football truqués en Italie

Nouveau scandale de matchs de football truqués en Italie

On s’y attendait, l’affaire vient d’éclater. Le scandale du « Calcioscommesse » fait des vagues depuis ce lundi midi, et de grandes figures du football italien sont touchées, comme Antonio Conte ou Domenico Criscito. Etat des lieux alors que l'on en est qu'aux premières révélations.

Mardi 8 mai dernier, Arte diffusait un documentaire réalisé par Hervé-Martin Delpierre sur les paris sportifs : « Sport, mafia et corruption : quand les paris sportifs menacent l’esprit du sport. » Des témoignages effrayants sur ce monde des paris illégaux montraient que de nouveaux scandales étaient à venir. Le journaliste mettait en valeur que les mafias italiennes étaient liées à celles de l’Europe de l’est elles-mêmes en contact avec des groupes chinois et hongkongais. L’affaire est sortie aujourd’hui, avec la révélation du scandale du « Calcioscommesse » sur les matchs truqués notamment pendant la saison 2010-2011 dans les divisions professionnelles du football italien. Cette affaire suit celles du Totonero en 1980 (la veille de l'Euro organisé dans la Botte où les Azzurris ont échoué en demi-finale) et celle du Calciopoli en 2006 (la veille du titre de champion du monde pour la sélection).

De nombreux matchs mis en cause et près de 150 suspects

La justice italienne a mis en cause plusieurs matchs, notamment Lecce – Lazio Roma (22 mai 2011) où 600.000 euros auraient été utilisé pour corrompre les joueurs selon le procureur de Crémone en charge de l’enquête, Roberto Di Martino. D’autres clubs sont mis en cause, par exemple l’AC Sienne, Bari ou la Sampdoria de Gênes. Au niveau des personnes mises en cause, la justice italienne possède une lise de près de 150 noms. Le domicile d’Antonio Conte, actuel entraîneur de la Juventus de Turin et coach de Sienne la saison dernière, a été perquisitionné. Le latéral gauche titulaire de la Squadra Azzurra Domenico Criscito (aujourd’hui au Zenit Saint-Pétersbourg) a dû quitter la sélection de Cesare Prandelli ce lundi pour cette raison vraisemblablement. Massimo Mezzaroma (président du club de Sienne), Christian Vieri, Leonardo Bonucci (défenseur central de la Juve et de la Squadra, jusqu’en 2010 à Bari)… Tous sont soit soupçonnés, soit « mis sous enquête », c’est-à-dire interrogés sans être mis en examen. Concernant Bonucci, il est toujours dans les 25 de Prandelli, mais devrait quitter Coverciano (le « Clairefontaine » italien) demain (la liste sera ramenée à 23). Les clubs risquent des pertes de points, des rétrogradations (notamment pour Sienne) ou des exclusions de compétitions européennes (notamment pour la Lazio). Pour les hommes concernés, des suspensions sont à prévoir, au minimum.