Real Madrid - Bayern Munich : la violence d'une rivalité européenne

Il s'agit de la plus grande recontre à ce niveau, jamais deux équipes se sont affrontés autant de fois en Coupe d'Europe. La tension est à son comble, l'histoire nous démontre que les dérapages entre les deux équipes sont très souvent fréquents.

Real Madrid - Bayern Munich : la violence d'une rivalité européenne
Le"fou du Bernabéu" lors de la première rencontre européenne Real - Bayern

Parler du choc Real Madrid – Bayern Munich, c’est forcément parler d’histoire. Prenez le club le plus titré d’Espagne, faites le s’affronter un nombre de fois incalculables face au meilleur club allemand de l’histoire, et vous aurez un joli cocktail explosif, rempli d’engagement, d’anecdotes, d’envie et de surpassement. Plus communément appelé « le classique européen », l’affrontement des deux clubs les plus titrés en Ligue des Champions est souvent imprévisible et baigné de polémiques.

Le 31 mars 1976, les deux clubs se retrouvent pour un premier affrontement en Coupe d’Europe. On joue les demi-finales,  et l’aller commence au Bernabéu. Les madrilènes se fixent comme objectif de gagner 2-0 pour être dans des conditions plus que favorables avant le déplacement, difficile, en Allemagne. Au bout de huit minutes, Roberto Martínez ouvre le score pour le Real et c’est tout Madrid qui commence à y croire. Seulement voilà, à la demi-heure de jeu Velázquez doit sortir sur blessure et rejoint la longue liste d’indisponibles (Pirri ne faisait pas non plus parti de la rencontre). Le Real commence à subir et à subir, et peu avant la mi-temps Müller remet les compteurs à zéro en égalisant superbement. Le malheur continue du côté du Real, dès la seconde période c’est Roberto Martínez en sang qui doit sortir à son tour après un choc violent face au gardien (voir photo). Un peu plus tard, Santillana est victime d’une vilaine faute dans la surface, un supporter perd la tête et décide d’entrer sur le terrain. Il se dirige alors vers l’arbitre Lynemayeret lui assigne un vilain coup de poing au visage, l’arbitre s’écroule. Le « fou du Bernabéu », puisque c’est ainsi qu’il est surnommé en Espagne, se dirige alors vers le buteur allemand pour lui affliger le même sort. Le portier du Bayern, Sepp Maier se jette alors sur l’agresseur, la sécurité intervient et sort l’homme violent du terrain. La sanction pour les madrilènes est dure, cinq ans sans jouer la Coupe d’Europe, finalement, la peine fut réduite à trois matchs à huit clos. Lors du match retour, Müller bien rétabli marqua un doublé qui assura la place en finale des allemands.

Les deux équipes mettront onze ans avant de se rencontrer à nouveau. Là encore, la confrontation a fait parler d’elle et est rester dans les annales. Le match aller se joue en Allemagne, et au bout de quelques minutes de jeu les allemands mènent déjà au score. Alors que Butragueño s’apprête à égaliser, le portier Pfaff le fauche dans la surface avec le consentement de l’arbitre du match, Robert Valentine. Quelques minutes plus tard, l’arbitre siffle un penalty imaginaire pour les allemands, Matthäus se charge donc de mettre le deuxième but pour le Bayern. Et lorsque ce même Matthäus fauche violemment Chendo, tout le monde s’attend à voir le rouge mais l’arbitre ne se prononce pas. Juanito explose alors et perd le sens de la raison, le madrilène saute à plusieurs reprises sur l’allemand et est justement expulsé. Après le match, l’espagnol s’excusera et prononcera des mots qui resteront dans l’histoire, « je me maudits ». Finalement, Matthäus profite de sa présence sur le terrain pour offrir un troisième but à Wolfarth, et un quatrième sur penalty. Les madrilènes marquèrent un but des pieds de Butragueño pour réduire la marque, et écopèrent d’une deuxième expulsion. Finalement, Juanito fut sanctionné de cinq ans sans jouer un match européen, pour s’excuser de lui avoir écrasé la tête, le madrilène envoya du jambon, et une tenue de toreador à l’allemand. Le match retour se termina sur le score de 1-1, Augenthaler buteur allemand, s’en alla provoquer les supporters madrilènes avec son célèbre geste de cornes.  

 

Les provocations mutuelles entre les deux équipes sont aussi très souvent de la partie. Rummenigge fut expulsé lors du Trophée Bernabéu pour faire des gestes obscènes au public du Bernabéu. Les allemands mécontents avaient ensuite quitté le terrain et abandonné le match. Comment ne pas évoquer le bras d’honneur de Van Bommel, ex-joueur du Barça lors de son but au Bernabéu.  Au niveau des déclarations, ça frappe fort aussi. On se souvient qu’après l’achat de Beckham, Hoeness avait dit que le Real n’était qu’un « théâtre de singe » et un « cirque ». Salihamidzic ajouta sa pièce à  l’édifice en annonçant que les madrilènes “se chiaient dessus”. On était en 2002 et on jouait les quarts de finale, le Real Madrid venait de perdre 2-1 et le match retour avait lieu au Bernabéu, Khan avait déclaré qu’il était impossible que le Real lui mette deux buts, car les joueurs n’étaient bons que pour faire des publicités à la télé. Le Real gagna 2à0. Bon pronostic de l’allemand. Deux ans plus tard, en huitième de finale, le joueur du Bayern Pizarro déclare qu’ils vont « gagner 5à0 contre ces clowns », et là encore, bon pronostic puisque c’est le Real qui se qualifie. Décidemment, on comprend pourquoi les deux équipes sont bien silencieuses cette année…