Brive, une belle histoire bientôt finie ?

A une semaine de la fin de la saison régulière, Brive semble condamné à descendre en Pro D2 avec Lyon. Quelles sont les raisons de ce scénario cauchemardesque alors que Brive était en demi finale de Amlin Cup ? Des éléments de réponse ici.

Brive, une belle histoire bientôt finie ?
Brive, une belle histoire bientôt finie ?

Voyons ensemble pourquoi le CABrive est au bord de la relégation.

 

Fragiles à domicile, inefficace à l'extérieur

 

Quel dommage pour les corréziens ! Les coujous, qui ont autant perdu de match que Lyon (17/25), sont pourtant pour la première fois de la saison relégables, grâce aux nombreux bonus défensifs glanés au fil de la saison. La faute aux défaites trop nombreuses dans leur jardin d'Amédée Domenech (7 défaites et un match nul pour 5 victoires).

 

Cette stérilité à domicile s'explique peut-être par une spirale négative qui a touché le camp briviste avec 3 mois sans victoires entre la 9ème journée et la 16ème journée. A haut niveau, passer de tels passages à vide ne peut pas rester sans conséquences. Avec seulement 2 victoires hors de leurs terres (Montpellier, Lyon), les corréziens sont vraiment limites pour se maintenir cette année.

 

Du point de vue effectif, une grande question se pose. Bon, il est facile de tirer les conclusions maintenant, mais jouer sur les deux tableaux (Amlin Cup, Top 14) sans chercher à faire tourner l'effectif était-il justifié ? Avec une qualification vite acquise en quart de finale, les brivistes auraient peut-être pu faire tourner leurs joueurs en vue d'échéances plus importantes. Maintenant, avec l'élimination en demi finale et une 13ème place presque acquise, il ne reste plus grand chose à Brive, alors qu'il y a peu de temps le maintien semblait très proche et une finale pour une place en H-Cup possible.

 

Néanmoins, le maintien est encore possible ! Pour se maintenir, il faut que … Brive l'emporte contre Clermont à Marcel Michelin avec le bonus offensif pendant que Bayonne perde sans bonus défensif (ni offensif) contre Castres à Pierre Antoine. C'est vrai que ça paraît infaisable, et même le staff et les joueurs (à voir les larmes de Claassens) n'y croient plus. C'est dommage pour ce club qui à tant marqué l'élite (H-Cup 1997, champion avec Cédric Heymans).

 

Un jeu trop stéréotypé

 

Du point de vue du jeu, Brive, qui depuis quelques années ont recruté pas mal d'anglais (Noon, Gerarthy, Goode..), se concentrent justement sur un jeu « à l'anglaise ». Ce jeu, popularisé par le XV de la Rose jusqu'à son apogée lors du titre mondial de 2003 se base sur un pack ultrapuissant, dominateur en touche et en mêlée qui concasse l'adversaire jusqu'à l'épuisement. Et pour ajouter du piment, les ¾ sont des sosies de frigo américains qui ont pour but de dynamiter les défenses adverses, ou de ne rien laisser passer en défense. Ce jeu tourne autour d'un 10 avec un jeu au pied d'occupation long pour prendre l'air quand il faut souffler. Ce système de jeu, réputé restrictif et ennuyeux mais tellement efficace et dur à travailler, a longtemps marché mais semble essoufflé face au rugby moderne et aux nouvelles règles, et cette impression se confirme avec les résultats brivistes de ces dernières saisons.

 

Pour ne rien arranger, le viking briviste, Vosloo, a quitté le navire cette saison pour aller prendre la température des volcans d'Auvergne. Dès le début de saison, le staff briviste se montrait prudent et parlait d'une saison de transition et difficile à négocier. Avec la descente quasi acquise, c'est la fuite des talents hors de la Corrèze (Ugo Mola, Claassens, Bias..). N'oublions pas que certains restent fidèles à leur club pour finir leur carrière (Méla, Péjoine).

 

Un avenir incertain

 

Avec un budget de 10M d'euros la saison prochaine, Brive peut faire des étincelles en Pro D2 et tenter de remonter dans l'élite, mais est-ce possible ? Plus les saisons passent, plus les clubs des petits villes sont relégués pendant que les grandes villes se placent de mieux en mieux dans le classement. Avec l'avènement du professionnalisme depuis une quinzaine d'années, ce scénario était inévitable et n'a pas fini de sévir. Quel avenir pour les clubs comme Castres, Bayonne, Agen pour ne citer qu'eux ? Ce débat ouvre sur celui du rassemblement des provinces, qui n'est pas inconnu à Brive, qui a évoqué il y a quelques mois la fusion avec Limoges. Cette fusion se révèle impossible somme toute, mais l'idée est quand même sortie des bureaux.

 

Ce week-end, une partie des regards seront tournés vers Clermont, où deux clubs s'affronteront dans un match ô combien symbolique, entre l'ancienne terreur du top qui faisait peur à toute la France, et le nouvel épouvantail du rugby français, invaincu chez lui depuis plus de deux ans.