Biarritz s'offre une nouvelle campagne en H-CUP

Dans le stade du « petit Twickenham » à Londres, c'est bien deux équipes françaises qui ont joué une finale de Amlin Cup pour décrocher un premier titre dans la saison, qui serait salvateur pour le BO avec une place de H-Cup à la clé, et un premier titre en vue des quarts de finale du Top 14 pour Toulon.

Biarritz s'offre une nouvelle campagne en H-CUP
Biarritz s'offre une nouvelle campagne en H-CUP

Les enjeux de ce match sont différents pour les deux équipes. Pour le Biarritz Olympique de Serge Blanco, ce titre permettrait de sauver une saison cauchemardesque et de décrocher un précieux billet en H-Cup, compétition toujours pas remportée par ce club. Quant au Racing Club Toulonnais, leur participation en H-Cup est assurée avec leur place de barragiste en Top 14. « Que du bonus » disait Mr.Boudgellal, un peu d'intox pour ce match très important en préparation du quart de finale contre le Racing Métro 92 à Mayol.

 

Du côté des compositions, le BO, équipe jugée vieillissante et trentenaire, surprend par ses piliers et sa troisième ligne très jeunes. Mêlés aux indéboulonnables (Thion, Yachvili, Peyrelongue..), cette équipe promettait de la folie. A Toulon, même si on ne se dit pas intéressés, c'est une équipe qui ressemblera beaucoup à celle de Mayon qui était alignée.

 

Une première mi temps pour les avants

 

Dans le premier acte, ce sont bien les avants qui se sont montrés, et même très largement. Avec seulement un franchissement en 40 minutes, les « gros » ont beaucoup eu le ballon. Mais il y a eu aussi beaucoup de fautes, qui ont permises aux buteurs de se montrer. Dès la 5ème minute, les basques se servent de leur arme redoutable : le maul porté. Les toulonnais ne peuvent pas résister et écroulent. Yachvili ne se fait pas prier (3-0). Même si dans le jeu courant les biarrots semblent mieux entrés dans le match, les hommes de Bernard Laporte recollent grâce à une mêlée conquérante. Trois pénalités (dont un maul écroulé tout de même!) et deux tentatives pour Wilkinson (7è, 9è et 11è). L'ouvreur anglais n'arrive qu'a en concrétiser une seule, et remet les deux équipes dos à dos (3-3, 11è).

 

La seule action à se mettre sous la dent pour les ¾ se produit à la 15ème minute de jeu. Sur une touche perdue par Toulon dans leur 40 mètres, Haylett-Petty revient à l'intérieur en passant par la « zone du 10 ». Ce retour intérieur lui permet de franchir et d'amener le danger. Sur la phase de jeu suivante, Barraque choisit de tenter la passe au pied et ne la réussit pas. Néanmoins, sur la touche, le RCT se met à la faute et Yachvili ramène 3 points de cette attaque (6-3, 16è).

 

L'alternance entre les avants et le jeu au pied est le point fort des basques. Yachvili et Peyrelongue cantonnent les toulonnais dans leur 22 mètres, les empêchant d'apporter du danger. Et pourtant, l'indiscipline biarrote remet les varois dans le match, qui bien que restant dans leur moitié de terrain, restent collés au tableau d'affichage. A l'image de Ngwenya, qui s'isole sur une chandelle. Wilkinson convertit (6-6, 22è) mais Toulon se remet à la faute sur le renvoi (9-6, 23è). Le RCT, qui devra en découdre pour décrocher une demi finale de Top 14, fait preuve d'une impuissance rare, n'arrivant pas à rentrer chez les biarrots. Avant la mi-temps, les troisièmes lignes des deux équipes fautent et font gonfler le score (9-9 puis 12-9 pour le BO, 34è). La mi-temps sépare les deux équipes sur une tentative de 50 mètres ratée par Lapeyre.

 

Les équipes usent et abusent du jeu au pied

 

La reprise du match fait espérer à un débridement du jeu, que le French Flair se manifeste en Angleterre, que diable ! Mais c'est bel et bien l'occupation qui est à l'honneur ce soir, plus ou moins réussie. Les avants des deux équipes continuent à faire des petits gestes d'antijeu sanctionnés (12-12, 43è). Le tournant du match se trouve sûrement à la 46è minute, quand Hayman fait une cathédrale sur Ngwenya. Barnes sanctionne par un carton jaune les toulonnais qui sont aussi punis par la botte de Yachvili, homme du match (15-12, 46è). Le calvaire ne s'arrête pas ici pour les varois, qui subissent face aux pick-and-go du BO. Armitage se met à la faute et prend aussi un carton jaune, et Yachvili ne tremble pas (18-12, 52è).

 

Le titre commence à faire les yeux doux aux basques, qui tiennent en défense, en subissant tout de même, encore une fois sur la mêlée, seule satisfaction varoise de ce match (18-15, 58è). S'en suit une période interminable de ping-pong rugby, plutôt de mauvaise qualité. Au terme de cette période stérile sur le plan du jeu, Toulon arrive enfin à enchaîner quelques phases de jeu conclues par un drop de Wilkinson (18-18, 65è). La fin du match va être tendue et les antijeux vont pleuvoir !

 

Le demi de mêlée est un poste réputé pour être le poste du filou par excellence. Yachvili se montre le meilleur dans ce jeu en retenant le pied de Tillous-Bordes alors que son équipe était dangereuse. Suite à cela Biarritz dispose d'une touche qui est suivie par une chandelle. Et sur la réception de la chandelle, le contest biarrot est le plus rapide, la pénalité est acquise. Au bout de son pied, Yachvili a l'occasion de prendre l'avantage qui pourrait être le bon ! Yach' ne tremble pas (21-18, 73è).

 

La « grande » coupe d'Europe tend ses bras aux basques, qui ont 7 minutes à tenir. En essayant de conserver le ballon à tout prix à coup de pick and go, la faute est inévitable. Il reste 2 minutes aux toulonnais pour renverser la vapeur, il reste aussi 80 mètres à parcourir. Mais Biarritz était meilleur ce soir, et sur un contact entre deux toulonnais alors que le drop était quasiment fait libère les hommes de Traille, qui vont participer pour la 13ème fois à une campagne européenne. Les larmes des joueurs et entraîneurs (Marconnet, Lagisquet..) marquent l'entrée en vacance d'un groupe fortement marqué par une saison éprouvante. Pour Toulon, il faut se ressaisir pour rêver en Top 14, et il faudra être plus convainquant que ce soir.