Les barrages, une journée en trop ?

Les barrages, une journée en trop ?

Cette disposition des phases finales du championnat français fait débat depuis sa mise en place lors de la saison 2009/2010. Est ce un match en trop ? Le fait que le 6ème puisse devenir champion est-il correct ? Éléments de réponse dans cet article !

Depuis deux ans, les barrages sont une subtilité franco-française. En effet, les premier et deuxième de la saison régulières sont directement qualifiés en demi finale. Les deux autres places sont à disputer entre respectivement les quatrième et cinquième et les troisièmes et sixièmes. Ainsi le niveau du championnat s’homogénéise et la pression du résultat en championnat est réduite. Grâce à ces barrages, l'équipe de Montpellier a pu disputer la finale contre le Stade Toulousain alors qu'elle n'avait finie que sixième de la saison.

 

Une journée de plus, inégalité de récupération

 

Le débat d'un calendrier trop chargé s'intensifie d'année en année. Pourtant, les barrages rajoutent une journée de championnat dans des clubs logiquement peuplés d'internationaux. De plus, ces matchs sont à élimination directe, donc il n'y a pas possibilité de faire souffler les joueurs. La possibilité d'une journée de carence avant les phases finales pourrait être une solution. Mais entre les phases finales des coupes européennes, le championnat et le Tournoi, il est difficile de dégager une journée « creuse ».

Malgré tout, cette journée est un avantage pour les deux premiers de la phase régulière et apporte un attrait à finir dans ces positions. Sinon les équipes se limiteraient à finir dans les six premiers, comme dans l'ancienne disposition (où les quatre premiers partaient en demi-finale). Enfin, plus d'équipes peuvent devenir championnes, ce qui amène le problème suivant.

 

Quid du sixième possible champion ?

 

Lors des 26 matchs de saison régulière, un classement est effectué entre les 14 clubs composant l'élite du rugby français. Avec les barrages, une équipe classée sixième peut devenir potentiellement championne de France. La saison dernière par exemple, Montpellier est devenu finaliste avec pourtant 10 défaites au compteur. Il « suffirait » donc d'assurer les trois matchs finaux pour décrocher le bouclier de Brennus. Cela semble injuste pour des équipes qui se sont battues pour garder les premières places.

Paradoxalement, les barrages ont été mis en place pour cela. En 2008, quand les discussions se faisaient, le Bouclier se partageait entre 3 équipes depuis quinze ans (Stade Francais, Stade Toulousain et Biarritz Olympique). L’intérêt des matchs baissait petit à petit, ce qui a alarmé les diffuseurs. Parce qu'un championnat « joué d'avance » n'incite pas à être regardé.

 

Des recettes qui rentrent

 

Depuis l'avènement du professionnalisme, la dimension économique est de plus en plus importante dans le choix des dirigeants de la LNR (Ligue Nationale de Rugby). En effet, l'argent fait son trou dans le rugby actuel. Avec la relégation de Montauban et de Bourgoin-Jallieu plus récemment, les portefeuilles cherchent à être remplis. Pour les clubs, ces matchs de gala sont une aubaine. Un affrontement entre les meilleurs du championnat et en plus en élimination directe, qui demander de plus ?

Il ne faut pas se leurrer, ces matchs sont aussi fait pour rapporter. La preuve, le Castres Olympique a du délocaliser son quart de finale 2012 pour le faire à Toulouse, qui peut accueillir plus de spectateurs. Pour le diffuseur, ces matchs représentent une part d'audience non négligeable. Enfin, les clubs les mieux classés sont généralement (mais pas toujours !) ceux qui ont le plus gros budget, donc ceux qui ont le plus besoin de recettes.

L'argent n'est pas non plus le symbole du mal, il permet au rugby de se développer d'année en année et d'attirer de plus en plus d'aficionados. Aussi, les grandes stars des différents pays (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud, Argentine, Angleterre) sont attirées vers un championnat au niveau toujours plus élevé (ou un eldorado pour la fin de carrière..). Enfin, pour la formation de jeunes, cet argent est du pain béni. Avec plus de moyens, la formation est améliorée et les espoirs du rugby français sont plus performants.

 

Pour conclure, les barrages ont des points négatifs, comme toutes les décisions possibles. Néanmoins, le rugby professionnel a des impératifs que le rugby amateur n'avait pas. Il y a plusieurs manières de satisfaire à ces exigences, les barrages n'en sont pas une plus mauvaises que les autres.