Le RC Toulon, la grande inconnue

Le RC Toulon, la grande inconnue

Dans cette période de demi-finale, Vavel va présenter les différents clubs et leurs possibilités de remporter le précieux bouclier de Brennus. C'est maintenant le tour du RC Toulon, le club à nouveau dans l'élite depuis 2008. Le RCT courre après un titre national, et semble s'en approcher d'année en année.

Bernard Laporte et ses hommes n'ont pas une tâche facile cette année. Après une élimination en finale de Amlin Cup contre le Biarritz Olympique dans un match peu disputé, les varois se sont ressaisis et ont battu le Racing-Métro à Mayol. Ce dimanche ce sera l'ex champion de France Clermont qui se dressera face aux étoiles varoises. Après leur dernier titre acquis en 1992, le public bouillant de Mayol n'attend qu'une chose : Joe Van Niekerk saisissant le bouclier de Brennus et le ramenant à Toulon.

 

Le rugby du Sud s'invite en France

 

Côté jeu, les toulonnais s'inspirent de la science du jeu apportée par un effectif riche en joueurs du Sud. Ce style de jeu est mixé avec la culture européenne de leurs entraîneurs. En somme, une forte conquête avec des ¾ rapides et puissants. Pour parachever l'ouvrage, un métronome est placé en guise de demi d'ouverture (Wilkinson).

 

La mêlée est solide, à l'image de Hayman, Bruno et Emmanuelli, une première ligne impressionnante. La deuxième ligne est composée de tracteurs ayant marqué le rugby international (Botha, Shaw). La troisième ligne est présente aux quatre coins du terrain, couvre tous les ballons et est un vrai poison pour l'attaque adverse. Les ¾ sont rapides, puissants et solides en défense, avec comme simple exemple Bastareaud.

 

Donc, pour résumer le style de jeu griffé « RCT », on prend un cinq de devant puissant et broyeur. On ajoute une troisième ligne mobile, technique et complète. Sans oublier des arrières aussi complets et polyvalents, avec des ailiers finisseurs et feu follets. Au final, la cerise sur le gâteau est un chef en la personne de Sir Jonny Wilkinson, qui gère tout ce monde d'une main de maître. Enfin, la majorité des joueurs a une grande expérience internationale, qui sert dans les matchs couperets.

 

Des étoiles qui ne s'accordent pas toujours

 

La plus grande qualité de Toulon est aussi son principal défaut. Les stars du rugby mondial présentes dans l'effectif varois ne se sont pas toujours accordées dans le passé (Henson, Collins). Mais la houlette de Bernard Laporte cette année à l'air d'avoir apporté ce qui manquait dans la sélection toulonnaise : un esprit. Cette impression fut criante lors de la victoire contre le Munster pendant les phases de poules de la H-Cup, avec une véritable démonstration des varois. Aussi, en barrage contre le Racing-Métro en remontant un fort déficit de points.

 

Mourad Boudjellal, bien qu'en utilisant son portefeuille pour attirer les bon joueurs (Armitage, Botha, Wilkinson, Giteau, Michalak, et d'autres..) se plie quand même à la législation sur les JIFF (jeunes issus des filières de formation). Cette nouvelle règle du rugby français oblige les clubs à avoir une proportion de jeunes qui sortent du centre de formation. Toulon y arrive à merveille en sortant de très bon jeunes (Orioli, Maestri).

 

Ce dimanche, pour la fête des mères, Toulon affrontera Clermont dans un match revanche des play-off des années précédentes. Dans le Stadium, les joueurs de la Rade essaieront de changer le rouge et noir de Toulouse en rouge et noir de Toulon. Qui sait, peut-être que le Pilou Pilou va se faire entendre dans les travées toulousaines.