Clermont-Ferrand, l'éternel second devenu favori

Dans cette période de demi-finale, Vavel va présenter les différents clubs et leurs possibilités de remporter le précieux bouclier de Brennus. Enfin, c'est le tour de l'ASM Clermont Auvergne. Champions en 2010, les auvergnats de Vern Cotter, éliminés de la H-Cup, se « rabattent » sur le Top 14 pour conclure une saison où ils auront survolé le championnat.

Clermont-Ferrand, l'éternel second devenu favori
Clermont-Ferrand, l'éternel second devenu favori

Une saison ne se joue pas à grand chose .. Un avant bras, dira-t-on. C'est ce qu'il a manqué à Fofana pour propulser les jaunards en finale de H-Cup contre l'Ulster. Ce qui aurait été le point orgue d'une saison époustouflante. Mais cette défaite condamne les hommes de Rougerie à emporter un titre qui leur échappa si souvent (10 finales perdues) pour ne pas finir sur une saison blanche, alors que le jeu, l'envie et tout ce qui concerne le rugby clermontois semble être une réussite cette année.

 

« Un rugby de jeu vidéo », toujours aussi plaisant à voir

 

Parlons donc de ce jeu qui fait la fierté des auvergnats. Un jeu basé sur un pack très mobile, et très présent dans le jeu. Des exemples comme Debaty, Bonnaire, Kayser, Hines viennent instantanément. Mais cette mobilité ne serait pas efficace sans une domination dans la conquête symbolisée par une touche souveraine et une mêlée puissante, qui perd peu de ballons et qui perturbe l'adversaire.

 

Chez les ¾, le travail, bien que facilité par les avants, est rondement fait, sous les houlettes de Parra, James et Skrela. Le jeu developpé est beau à voir et aéré. En témoigne les franchissements de joueurs comme Byrne, Buttin et Fofana. Logiquement, énormément d'essais ont été marqués suite à ces franchissements pour la meilleure attaque (et la meilleure défense!) de Top 14, avec une moyenne de 25 points par match. Époustouflant.

 

Ce qui faut souligner aussi (et plutôt deux fois qu'une!), c'est l'intelligence de jeu dont fait preuve cette équipe. Entre la filouterie de Parra, le jeu au pied d'occupation harassant de Brock James et les impacts extrêmement physiques du pack (Cudmore par exemple). Tout cela rend l'ASM belle à voir et difficile à jouer. Leur invincibilité à domicile depuis plus de deux ans n'est pas usurpée.

 

Des jeunes talents à profusion

 

Depuis plusieurs saisons, l'ASM impressionnait mais calait lors des phases finales. La faute à un banc trop faible par rapport à l'équipe type. Problème résolu par un centre de formation très performant, qui permet à Vern Cotter de pouvoir aligner quasiment deux équipes de niveau national. Clément Ric, Alexandre Lapandry, Julien Bardy, Weslley Fofana et Jean-Marcelin Buttin. Ces internationaux sont les parfaits exemples de cette nouvelle réussite. La transition avec les cadres de l'équipe (Audebert, Rougerie, Cudmore) se fait petit à petit dans la réussite du beau jeu, grâce à la jeune garde folle auvergnate.

 

Le public de Marcel Michelin est aussi primordial. Impérial dans leur antre, le « meilleur public de France » fera sans doute le déplacement en masse jusqu'à Toulouse, pour supporter son équipe contre les étoiles toulonnaises. Les deux équipes se sont livrées à des duels sans merci cette saison pour deux victoires clermontoises (0-17 à Mayol et 25-19 à Clermont).

 

Dans cette demi-finale, réel choc de la saison, le beau jeu et les contacts physiques seront au rendez-vous. Entre les talents clermontois et monstrueux toulonnais, les toulousains risquent d'avoir une belle surprise pour la fête des mères : des étincelles !