L'expérience et la précision toulousaines les envoient en finale

L'expérience et la précision toulousaines les envoient en finale

La première demi-finale a choisi son vainqueur. Dans un match tendu et serré jusqu'au bout, les toulousains se sont montrés plus précis et réalistes que des castrais qui se sont très bien battus. L'expérience toulousaine a eu raison de la fougue castraise. Sur ce score de 24-15, Toulouse gagne son billet pour défendre son titre à Paris !

Stade Toulousain
24 15
Castres Olympique

Quel match! Quelle demi-finale! Dans le Stadium de Toulouse acquis au club de la ville rose, les drapeaux rouges et noirs fleurissent. Avec des joueurs haut-garonnais d'apparence tendue et des tarnais rappelant des jeunes cadets (arborant des demi moustaches et des crânes rasés), l'atmosphère des phases finales flotte. Dans les travées, la guerre des chants se lance. Les « Ici, ici, c'est Pierre Antoine » se noient dans les « Toulousains, toulousains ». Un beau match s'annonce.

 

Sous le ciel sudiste bleu-blanc-rouge (merci la Patrouille de France), les corps chauffés ne laissent pas de place à un round d'observation. Dès le coup d'envoi, les hommes de Dusautoir partent à l'assaut du camp castrais. Des percussions à tout va, du jeu rapide, on ne s'ennuie pas. Et rapidement, les tarnais ont du mal à suivre le rythme. Diarra plaque haut et permet à Beauxis de .. manquer sa première tentative lointaine.

 

Un match plus que serré, irrespirable

 

Piqués au vif, les hommes de Masoe réagissent et décident de presser encore plus les toulousains. Diarra se rattrape et décroche une pénalité par un bon contest. De 55 mètres, Bernard ajuste la mire mais manque de 3 mètres face au vent. Dès cette 3ème minute, on sait que les points ne sont pas à manquer, même de loin. McAlister se permet de châtier cette largesse des castrais sur une pénalité de 55 mètres aussi, grâce à un bon contest (aussi). (3-0, 6è min). En grande forme, le néo-centre black double la mise sur une nouvelle faute castraise dans un ruck (6-0, 11è).

 

Décidés à ne pas faire les sparing-partners, les hommes du duo Travers-Labit se ressaisissent. Et pour se reprendre, rien de mieux qu'une mêlée. Johnston en a fait les frais et est pénalisé par Mr Garcès. Teulet s'avance et de près de 45 mètres, manque la cible ! Les castrais laissent trop de points en route. Sur l'action suivante, Bernard a une autre chance d'ouvrir le score tarnais et la manque pas. Enfin se disent les supporter bleu et blanc. (6-3, 18è).

 

Comme prévu, les buteurs sont cruciaux dans ce match. Avec Bernard et Beauxis, le niveau est très relevé. Pour tester la résistance d'un 10 à la pression, le drop est l'exercice par excellence. Les deux demis d'ouverture en réussissent un chacun de grande classe (9-3 puis 9-6, 21è). Pierre Bernard, encore lui, se rappelle au bon souvenir de Philippe Saint-André, qui ne l'a pas sélectionné pour la tournée en Argentine, en égalisant suite à une nouvelle faute toulousaine en mêlée. L'atmosphère se tend, bienvenue en phase finale. (9-9, 26è). Néanmoins, McAlister calme tout ce monde suite à un hors jeu castrais (12-9, 30è).

 

Clerc sauve la maison rouge et noire

 

Les 10 dernières minutes de la première mi-temps sont sûrement celles qui ont fait pencher le match. Pour commencer, Fritz plaque haut et prend un carton jaune (34è). Et Bernard rate encore une tentative de plus de 45 mètres. Sur l'attaque suivante, les toulousains, réduits à 14, tapent un coup de pied hasardeux dans les 22 tarnais. Evans est propulsé dans un trou, déboule et cadre Poitrenaud. Il va aplatir .. mais Clerc le reprend in extremis et le retourne dans l'en-but ! Il s'en est fallu de très peu ! Mais Matanavou s'est emparé du cuir de façon illicite sur ce plaquage, il prend un carton jaune à son tour et Teulet égalise (12-12, 37è). Sur cette action, les hommes de Guy Novès ont passés proche de la correctionnelle.

 

Ces dix minutes sont aussi importantes pour les haut-garonnais, qui ont pris un avantage primordial à ce moment du match. A peine rattrapés au score, ils se reprennent et profitent de l'inexpérience du CO, qui décide de jouer vite une touche au lieu de temporiser. Logiquement, il se fait pénaliser et Beauxis recreuse l'écart avant la mi-temps (15-12, 39è). Sur ce premier acte, les toulousains ont dominés des castrais courageux mais manquant de réalisme.

 

La seconde partie reste aussi tendue que la première. Et les rucks restent le principal vecteur de fautes. Bernard dispose d'une nouvelle occasion d'égaliser et s'éxécute. Mais McAlister, homme du match, continue à mettre son équipe à l'abri. Pendant ce temps, le banc des champions de France fait son apparition et prend petit à petit le dessus sur celui un peu plus limité des challengers. Inexorablement, la balance penche de plus en plus vers la ville Rose. McAlister convertit cet avantage dès que possible avec un 100% (18-15 ,21-15 puis 24-15, 51, 61 et 71è).

 

Une fin de match tendue mais toulousaine

 

Les outsiders ont vraiment l'air d'arriver à leurs limites, autant physiquement que tactiquement. Les mauvais choix se multiplient, comme les touches directes, pendant que la sérénité s'installe chez les domiciles. La fin de match se résume assez vite : les castrais doivent impérativement marquer mais ne passent pas le rideau de Toulouse, qui semble irrésistible ce samedi soir. Et sur une ovation au monument William Servat, le match se finit sans risque pour des stadistes en finales.

 

Ce match fut un bel exemple de phase finale. Tendu, serré, indécis jusqu'au bout, aucune équipe n'a semblé vraiment lacher avant la fin du match. Mais dans un match, 23 joueurs jouent et comptent pour faire basculer un match. C'est peut être ce qui a manqué à Castres, de la profondeur de banc. Sans compter une précision au pied qui les caractérisait et qui a manqué ce soir. Encore une fois, Toulouse l'emporte et va défendre son titre au Stade de France, vivement la finale !

Fiche technique:
Stade Toulousain: Poux; Servat; Johnston; Maestri; Albacete; Bouilhou; Dusautoir (cap); Picamoles; Doussain (m); Beauxis (o); Matanavou; McAlister; Fritz; Clerc; Poitrenaud.
Castres Olympique: Forestier; Bonello; Ducalcon; Roland; Tekori; Diarra; Caballero; Masoe (cap); Lacrampe (m); Bernard (o); Andreu; Cabannes; Evans; Martial; Teulet.
SCORE:
ARBITRE:
ÈVÉNEMENTS: