L’indiscipline clermontoise envoie les toulonnais en finale

En ce jour pluvieux de fête des mères, clermontois et toulonnais s’étaient donnés rendez-vous dans le Stadium de Toulouse pour se disputer le dernier billet pour la finale du Top 14. Dans un match fermé et perturbé par la pluie, Toulon l’emporte 12-15 grâce à Sir Wilkinson.

L’indiscipline clermontoise envoie les toulonnais en finale
L’indiscipline clermontoise envoie les toulonnais en finale

C’est fait. 20 ans après, Toulon se hisse à nouveau en finale du championnat de France. Lors du coup d’envoi fictif donné par Serge Betsen, la pression est à son comble entre deux équipes nouvellement habituées aux phases finales (chaque équipe a déjà joué une demi-finale cette saison). Avec des compositions sans surprises mais avec des retours de chaque côté (Domingo pour Clermont, Palisson et Bruno pour Toulon), la question de la fraicheur physique se pose. Et pourtant, c’est une réelle dépense d’énergie que nous ont offert les protagonistes de cette rencontre.

 

Ce match s’annonçait serré entre deux équipes qui ont terminé respectivement 3ème et seconde de la phase régulière. C’est donc sur des détails que ce match se jouera, comme la discipline. Les rucks et la mêlée sont deux domaines souvent concernés par les fautes, c’est donc tout naturellement que Parra et Wilkinson ouvrent leur compteur de points sur des pénalités dans ces secteurs de jeu (0-3 puis 3-3, 9è et 12è).

 

Il ne faut pas gâcher les points dans ce match, et convertir les occasions dès que possible. James rate deux drops (3è et 17è) qui auraient pu être décisifs. Pendant ce temps, les hommes de Van Niekerk passent à l’attaque et acculent les clermontois devant leur ligne d’essai. Malgré tout, les jaunards tiennent en concédant une pénalité vite convertie (3-6, 22è).

 

Trop de jeu pour Clermont

 

Fidèles à leur style de jeu, les auvergnats parcourent la largeur du terrain. Sans succès. Bien que les varois ratent beaucoup de placages, la densité de leur rideau défensif fait que Clermont n’arrive pas à convertir ses occasions. Faible compensation pour eux : des tentatives de revenir au score. Parra en manque une (!) sur deux (6-6, 30è). Ce problème d’efficacité coûtera le match aux auvergnats.

 

Avant la coupure, l’envie de jeu des auvergnats se montrera trop dangereuse pour eux. Pénalisés encore une fois, Wilkinson remet son équipe devant (9-6, 35è). Pendant le premier acte, la mêlée aura été particulièrement sanctionnée, suite à beaucoup d’en-avant. Brouillonne, cette deuxième demi-finale tient ses promesses en intensité, mais pas en franchissements et passes après contact. Les aficionados de rugby apprécieront quand même la technique, de haut niveau.

 

Toulon est réaliste et prend de l’avance

 

Le deuxième acte n’offre pas beaucoup plus de jeu. Peu d’envolées des deux côtés et beaucoup d’indiscipline. James, peu en vue, commence seulement à prendre ses marques vers la 50ème minute, peu avant sa sortie. Contrairement à lui, Wilkinson est dans un grand jour, et maitrise le jeu toulonnais à la perfection. Il marque à nouveau des points importants et réalise un 100 % (6-12, 60è). Le break est fait.

 

Clermont ne montre pas un beau visage, à la peine dans le jeu, peu souverains dans les rucks et perdant les un-contre-un. Pour parachever l’ouvrage, les hommes forts commettent des erreurs inhabituelles (Hines qui fait deux en-avant). Tous ces ingrédients rendent un exploit des jaunards peu vraisemblables. Pourtant, Parra permet à son équipe de recoller au score à moins de 10 minutes de la fin du match (62è puis 73è, 12-12).

 

C’était sans compter sur l’homme du match, je vous le donne en mille : Wilkinson, qui annihile les espoirs des hommes de Vern Cotter à la 78ème minute de jeu par son jeu au pied digne d’un métronome qui a fait sa renommée (15-12). Parra, comme un symbole, rate l’égalisation d’un petit mètre suite à une pénalité tentée sur la sirène. Toulon est en finale, et c’est en rouge et noir que se peindra le bouclier de Brennus cette année. Sur la rade toulonnaise ou sur la place du Capitole, les paris sont lancés.