La France se laisse croquer par de jeunes Pumas

La France se laisse croquer par de jeunes Pumas

Dans le stade chauffé à blanc de Cordobà, l'équipe de France, valeureuse pourtant tout au long du match, s'est incliné 23-20. La faute à des choix de jeu pas toujours justifiés et à des erreurs qui ont maintenus des argentins dominés dans le match.

Argentine
23 20
France

L’Argentine n'est pas habituée à voir du rugby. C'est donc dans un stade de football que s'est déroulé le premier test match de cette tournée de la France en Argentine. Devant un public incontestablement en faveur des Pumas, les bleus se savaient attendus. Philippe Saint-André a choisi de titulariser des jeunes espoirs (Watremez, Dulin, Buttin) associés à des tauliers de la maison (Papé, Parra). En face, les ciel-et-blanc avaient 6 joueurs en dessous de 26 ans. Des petits pumas.

 

Le match démarrait et le moins que l'on puisse dire, c'est que le round d'observation n'a pas duré longtemps. Des français solides sur la conquête et les rucks se procurent la première occasion d'ouvrir le score. Parra passe sa première tentative (0-3, 2min). Un bon début complètement gâché par ce qui coutera le match à la France : un mauvais choix de jeu. Sur le renvoi, le dégagement n'est pas choisi en faveur d'une relance des 22 mètres. Avec une ligne de ¾ plate, l'interception est inévitable. Et Agulla crucifie les français au bout de 4 minutes de jeu (7-3).

 

Cette entame, mis à part cette erreur, fait plaisir à voir. Des argentins acculés dans leur moitié de terrain, des bleus dominateurs qui avancent sur les un-contre-un. La grande faiblesse des Pumas est dans l'axe profond, comme en témoigne les mauls pénétrants français qui avancent sans interruption sur 10-15 mètres facilement. En obtenant des pénalités sur ces mauls, et en pressant fortement en défense, les bleus arrivent à repasser devant (7-6 puis 7-9, 7è puis 22è).

 

Les français se mettent la pression inutilement

 

Malgré cette pseudo domination, aucune équipe ne se détache au score. Dans une tentative de réalisme, Fritz tente un drop autant inapproprié que raté (17). La France n'est pas si sereine que ça face à sa bête noire. Quand Parra permet à la France de repasser devant (22), le renvoi est encore une fois cafouillé avec, cette fois ci, un dégagement mais suivi en hors-jeu. Une faute interdite au niveau international. Contepomi s'éxécute et fait repasser son équipe devant (10-9, 24è).

 

Piquée au vif, la France va enfin se débrider un peu, en partant d'un ballon porté (enfin ils utilisent leurs armes!). Maintenant que la brèche est ouverte, Fritz s'y engouffre et envoie Dulin dans un intervalle magnifique mais fermé au dernier moment par l'arrière garde des Pumas. Sur la phase de jeu suivante, Trinh'Duc fait une belle transversale au pied pour Huget qui volleye pour Picamoles qui aplatit. Quelle belle action qui montre que le XV de France peut faire de belles choses ! (10-14, 28).

 

Pourtant, le leimotiv « se remettre la pression inutilement » refait surface et avant la pause, Picamoles ne relâche pas le ballon à 40 mètres des poteaux. Il n'en fallait pas plus pour que Contepomi ramène les siens à une longueur des visiteurs. A 13-14, les efforts français semblent ne pas suffire, et le hold-up se profile de plus en plus à Cordobà.

 

Les bleus dominent mais restent menacés

 

La deuxième mi-temps est beaucoup plus plate que la première. Le coaching lancant de nombreux jeunes y est pour beaucoup. Coté Pumas, Cubelli (remplaçant du demi-de-mêlée) a fait un entrée très séduisante pour reprendre une équipe qui perdait peu à peu espoir. En effet, l'Argentine subit en touche, en mêlée, et sur les rucks. Et à la 50è, on espère que la France va tuer le match une bonne fois pour toutes. Avec une action d'essai, Leonardi se met à la faute volontairement et prend un carton. Les occasions sont là ! (13-20, 52è).

 

Mais la fin de match fut locale, d'abord par la bajadita, cette mystérieuse disposition en mêlée qui permet de décrocher une pénalité (16-20, 56è). Ensuite par la défense sur l'homme, qui se fait de plus en plus forte. Les français n'arrivent plus à franchir, ce qui gargarise encore plus les Pumas. Et ce qui devait arriver... à la 76è, sur une passe hasardeuse de Ouedraogo (mauvais choix de jeu), le ballon traine. Les Pumas l'envoient près de l'en-but français et Montero devance un Debaty courageux mais impuissant pour crucifier la France (21-20 puis 23-20, 78è).

 

Ce match n'aura pas été une démonstration de jeu. Mais les français ont pu lancer leurs jeunes, avec des bonnes copies de Dulin, Maestri et Lauret. Néanmoins, cette défaite est la troisième consécutive, attention ! La jeunesse bleue est inexpérimentée et n'a pas pu se mettre à l'abri quand il le fallait, malgré une conquête très satisfaisante. L'incapacité de profiter de la faiblesse des adversaires dans l'axe est préoccupante. Autant de points à corriger pour la semaine prochaine, pour concrétiser les bonnes séquences qui rendent cette défaite amère.