Flexion, stop, retour à l’ancienne

La saison prochaine, les commandements en mêlée changeront à nouveau. Comme en 2007, le but de ce changement est la recherche de la stabilité. Est-ce que ce retour à 3 commandements permettra enfin au jeu de se développer après une phase aussi prometteuse que la mêlée ?

Flexion, stop, retour à l’ancienne
Flexion, stop, retour à l’ancienne

La mêlée est une arme redoutable au rugby. Mobilisant 9 joueurs au maximum de chaque côté (Pack + demi-de-mêlée), cette phase ouvre un espace inouï pour les 3/4, véritables gazelles en mal d’espace. Aussi, elle peut permettre un affrontement entre hommes forts qui peuvent l’enfoncer pour gagner du terrain (à l’instar de la terrible équipe de Béziers jadis), ou pour décrocher une pénalité qui peut se révéler salvatrice, nous citerons pour exemple le XV de France qui s’appuie sur une suprématie en mêlée pour se sortir des hold-up.

 

Pourtant, cette phase est meurtrie par le rugby moderne. Et cela ne date pas d’hier. Déjà en 2007, les anciens commandements (Flexion-Stop-Entrez) étaient étendus sur quatre temps (Flexion-Touchez-Stop-Entrez). Ce nouveau commandement visait à rétablir de l’équilibre et à rapprocher les premières lignes qui se lançaient de loin. Néanmoins, en tant qu’arbitre, il nous était demandé de rapprocher le plus possible les « Touchez-Stop ».

 

L’adaptation, contraire de stabilité

 

Cette méthode a marché un temps, le temps d’adaptation des professionnels. Maintenant, les joueurs ont créé un autre problème. N’ayant que peu d’espace pour se lancer, les piliers modernes partent d’instinct vers le sol pour inciter l’arbitre à pénaliser l’autre équipe pour poussée irrégulière. Compliqué, non ? Résultat : des matchs hachés, gâchés par des multiples mêlées écroulées et à refaire. De plus, les arbitres ne veulent pas porter la responsabilité (sauf faute TRES évidente), donc on perd du temps. Beaucoup de temps.

 

La nouvelle mesure vise à revenir vers une valse à trois temps. Flexion, Touchez, Jeu. Le « Stop » est donc supprimé, source de tension et de pression. Revenir à l’ancien temps, mais avec un « Stop » réduisant la distance de lancer, c’est l’alternative aux mêlées écroulées. Cela sera-t-il salvateur ?

En fait, c’est une décision qui peut être à double tranchant. Soit, encore une fois, cela marchera un temps, le temps que les entraineurs trouvent une alternative pour semer le trouble au cas où son équipe subirait dans cette phase de jeu (comme verrouiller les piliers en flexion, ce qui ramènerait le problème de base). Soit, enfin, la mêlée redeviendra la rampe de lancement idéale pour développer du jeu spectaculaire. Car c’est l’objectif caché des hautes instances du rugby, pour de multiples raisons.