(Dossier #3) Les jeux vidéos, nouveau business du monde du sport

Des consoles aux tablettes, les jeux vidéos demeurent de plus en plus présents dans la vie des passionnés de sports en tout genre. De la guerre FIFA / PES jusqu'au phénomène youtube, Vavel.com part à la découverte de cet univers spécial. Entre passion et argent, quels sont les véritables enjeux de ces opus à la notoriété grandissante.

(Dossier #3) Les jeux vidéos, nouveau business du monde du sport
L'univers du gaming en expansion (crédit photo : @AlexandreDelias)

Les jeux vidéos sont de plus en plus présents dans nos vies. Destinés dans un premier temps aux plus jeunes, ils sont aujourd'hui adaptés à tous les âges. Disponibles sur smartphones, tablettes ou encore sur consoles, leur usage varie, passant de simple divertissement, à un outil pour clubs professionnels.

EA Sports, un leader en puissance

Principal producteur et développeur de jeux vidéos dans le monde, Electronic Arts et son label d'édition de jeux de sports EA Sports se positionne en leader de ce marché en plein expansion. Avec ses nombreux opus (FIFA, NBALive, NHL, Madden NFL …), et avec plus de 300 millions de joueurs enregistrés dans le monde, Electronic Arts se tient à distance de ses principaux concurrents 2K Games et Konami. Cependant, l'éditeur japonais refait son retard et pourrait inquiéter le géant américain dans les années à venir.

FIFA - PES, la guerre des licences

Au cœur d'une véritable lutte depuis plus de 10 ans, EA Sports et Konami rivalisent d'ingéniosité pour se démarquer dans l'univers du jeu de football. Véritable référence à l'époque, le jeu Pro Evolution Soccer dit PES semble aujourd'hui dépassé par son concurrent FIFA. En cause, la guerre des licences entre les deux opus. Si aujourd'hui, l'éditeur japonais peut se targuer de posséder la prestigieuse Champions League, EA tire son avantage grâce à sa base de donnée conséquente, de plus de 30 championnats et 16 000 joueurs. Pour la sortie du dernier FIFA 16, Electronic Arts marque un peu plus son empreinte, avec l'apparition des féminines, une première dans un jeu de football. Avec plus d'1,5 millions d'exemplaires écoulés, le jeu FIFA 15 aurait rapporté plus de 80 millions d'euros à son éditeur. 1 semaine après leur sortie, l'écart est déjà important entre les deux rivaux. Le jeu FIFA 16 s'est écoulé à plus de 500 000 exemplaires en France, alors que PES 2016 atteint péniblement les 40 000 ventes. 


Le phénomène Youtube

Avec plus de 10 millions d'abonnés, le youtubeur anglais KSI a fait de sa passion son métier. Spécialiste du jeu de foot FIFA, ses vidéos dépassent le million de vues. Un phénomène qui touche les jeux de sports depuis 4 ans, avec l'arrivée en France de youtubeurs comme Psyko17 et R0niHD, tous deux implantés dans le célèbre mode FIFA Ultimate Team.

Des vidéos monétisées pour les youtubeurs, mais pas seulement. Les networks, qui travaillent main dans la main avec les youtubeurs gaming, touchent également une part (entre 10 et 20%) de la monétisation de chaque vidéo. En contrepartie, ils permettent aux youtubeurs d'être au sein d'un réseau et de ne pas avoir de soucis de droit.

Les compétitions entre joueurs peuvent rapporter gros

Tel un sportif, les geeks ont également droit aujourd'hui à leur compétition. Les disciplines e-sports, présentent depuis une quinzaine d'années en France, commencent à se professionnaliser. 4 fois champion du monde (1 fois sur PES, 3 fois sur FIFA), Bruce Grannec surnommé « la machine » est doté d'un palmarès conséquent. Vainqueur de la FIFA Interactive World Cup en 2013 (FIWC), le français natif de Arpajon a pu bénéficier d'un chèque de 20 000 dollars pour sa victoire ainsi que d'une remise de prix lors du gala du ballon d'or 2014 en compagnie de Cristiano Ronaldo et Jürgen Klopp. S'il est loin de toucher le salaire du portugais, il bénéficie comme lui d'un agent qui s'occupe de ses intérêts, ainsi que de sponsors, qui lui auraient permis en 2013 de toucher un revenu d'environ 75 000€ annuel.

Football Manager, plus qu'un simple jeu

Des jeux vidéos de plus en plus complets pour les passionnés, à ceux permettant à certains fans de gagner leur vie … mais qu'en est-il réellement pour les clubs ?

Référence du jeu de football sur ordinateur, Football Manager bénéficie d'une base de donnée incomparable. Développé par la société britannique Sports Interactive, ce jeu de management où le joueur entre dans la peau d'un entraineur sert à des fins bien plus importantes que le simple divertissement.

Avec plus de 550.000 joueurs et entraineurs selon le site du Daily Mirror, la base de donnée de Football Manager sert aujourd'hui aux clubs professionnels. Le FC Bakou, club de première division du championnat d’Azerbaïdjan, avait embauché il y a quelques années au poste de directeur sportif Vugar Huseynzade, un étudiant de 21 ans dont la seule expérience était « 10 ans de Football Manager ». En 2008, le club de Everton signait un accord pour utiliser les données du jeu dans son département de recrutement. Grâce à cette base de donnée, le club anglais avait pu engager de nombreux joueurs, comme le milieu belge Marouane Fellaini. En France, c'est du côté de l'OGC Nice que le jeu aurait servi, pour recruter à l'époque le défenseur argentin Fabian Monzon et le défenseur central serbe Nemanja Pejcinovic.