LNH : les enjeux de la fin de la saison

Plus que trois journées de championnat en LNH. Quelques équipes savent déjà de quoi la saison prochaine sera faite, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Revue d’effectif.

LNH : les enjeux de la fin de la saison
Chambéry et Montpellier s'affrontent ce soir, un match déterminant pour la deuxième place (crédits : MAHB)

Il reste trois matchs, et six points à prendre. La saison est restée serrée du début à la fin, avec des dénouements qui pourraient attendre le dernier soir. Il convient alors de classer les 14 équipes de LNH en trois groupes : celui des équipes se battant pour sauver leur peau dans l’élite, tout d’abord. Et elles sont nombreuses. Un deuxième regroupe celles qui veulent décrocher un ticket pour jouer la Ligue des Champions ou la Coupe EHF la saison prochaine. Et enfin, le groupe des équipes dont le destin est scellé, et qui n’ont plus rien à jouer. Commençons par celui-ci.

Ceux qui n’ont plus rien à jouer

C’est le groupe le plus hétérogène. Ici sont rassemblés le PSG Handball, Cesson-Rennes, Saint-Raphaël et Billère, avant d’être rejoints par d’autres la semaine prochaine. Ici, on peut parler argent, philosophie, éthique ou shopping. Parce qu’ici, on est en vacances.

Paris est sacré depuis deux semaines, et n’a plus qu’à préparer la finale de la Coupe de France, en plus de jouer des matchs de championnat qui ressembleront plus à des matchs-exhibitions. L’occasion de montrer ce grand gaillard de Didier Dinart encore trois fois, avant que l’artiste de la défense tire sa révérence. Egalement l’occasion pour Billère, Toulouse et Tremblay de jouer le haut du gratin mondial avant les vacances. Pour le premier cité, une rencontre contre le PSG ne pourra pas se faire en championnat avant 2014 au mieux, donc il faudra en profiter pour visiter la Capitale au passage. Pour le deuxième, ramener les Parisiens dans l’antre du Fenix permettra de faire plaisir aux supporters. Pour le troisième, il vaut mieux avoir assuré son maintien avant la dernière journée.

Billère, c’est l’équipe hors-normes du championnat. 23 matchs, 23 défaites. Une seule victoire, en Coupe de France à Limoges début février, mais pas contre une équipe de l’élite, et le néant à domicile… Bref, les supporters de Billère ont dû s’armer de courage, et accepter cette rengaine de la défaite. Depuis décembre, le club prépare la saison prochaine. Objectif ? La remontée en LNH pour 2014 ou 2015.

Cesson et Saint-Raphaël, eux, sont les oubliés des groupes qui suivront. Les Varois ont manqué leur exercice, et ne peuvent plus se battre pour l’Europe. Cesson s’est amélioré pour éviter le stress de la descente, et sa victoire à Créteil dimanche (25-31) a officialisé son maintien (même si, financièrement, le club pourrait avoir des difficultés, des sponsors l’ayant lâché après l’affaire des paris). Mais l’irrégularité de ses résultats ne lui a pas permis de lutter pour l’Europe. L’objectif du club désormais, c’est d’aller chercher la sixième place, et donc en déloger Saint-Raphaël. Ça tombe bien, vendredi soir, les deux équipes s’affrontent au Palais des Sports de Cesson !

La course à la Ligue des Champions : Montpellier garde l’avantage

Enjeu plus sérieux que la sixième place : le rang de dauphin. Comme le champion, le deuxième du championnat gagne une place pour la Ligue des Champions. Il n’y a pas d’autres moyens pour affronter les géants européens dans la compétition à laquelle Velux a apporté son nom, un sponsor qui claque. Pour le moment, Montpellier (34 pts) tient la corde à cette position, mais Dunkerque (33), et dans une moindre mesure Nantes (31) et Chambéry (30) peuvent encore y accéder. Et puis au pire, le vainqueur de la Coupe de France gagne un ticket pour la Coupe EHF. Montpellier et Paris étant les deux finalistes (ils se rencontreront à Bercy le 25 mai), cette place ira alors au troisième, voire au quatrième, car Dunkerque a déjà le sien grâce à sa victoire en Coupe de la Ligue.

Dans cette quête des places d’honneurs, trois rendez-vous vont être décisifs. Ce soir, Chambéry et Montpellier se retrouvent pour le Clasico du championnat, un duel en passe d’être démodé. Si Chambéry l’emporte chez lui au Phare, autant dire que tout est relancé. La deuxième « finale » de cette fin de championnat palpitante opposera Dunkerque aux Savoyards, le jeudi 30 mai. La dernière se jouera entre Montpellier et Nantes, lors de la dernière journée, programmée le 6 juin.

Montpellier part avec un avantage certain : non seulement leur avance comptable aide, mais c’est le groupe sur le papier le plus intéressant. Mais c’est un groupe jeune, et peu habitué à ces fins de saison à haut risque. Dunkerque, qui comme Chambéry peut se concentrer uniquement sur le championnat, peut compter sur un calendrier plus favorable que celui de Montpellier, et sur un groupe déjà bien rôdé à ce genre de rencontres couperets. Pour Chambéry, il faudra se sortir les tripes du ventre, au risque qu’il n’y ait aucun enjeu lors de la dernière rencontre contre Créteil. Pour Nantes, il faudra voir comment le club rebondira après le Final Four de la Coupe EHF, ce weekend dans sa salle. Toutes ces quatre équipes ont en tout cas leur carte à jouer.

Maintien : Créteil en grand danger

Billère relégué depuis belle lurette, on prédisait un duel Aix-Créteil pour le maintien début 2013. Mais un homme a tout changé : Nikola Karabatic. Avec lui, Aix a considérablement haussé son niveau de jeu, et a pris 12 points sur les dix matchs de championnat joués en 2013, soit autant que Chambéry. Créteil, malgré le talent de Quentin Minel et d’Hugo Descat, semble parti pour rejoindre la ProD2 la saison prochaine. Avec 14 points, les Cristoliens comptent trois points de retard sur le premier non-relégable, Sélestat (17), et quatre sur Aix et Tremblay (18). Ivry et Toulouse, relativement à l’abri (19), sont à un point du maintien. Autant dire que la défaite de ce dimanche contre Cesson à domicile a fait très mal à Créteil, qui a manqué l’occasion de revenir sur Sélestat.

Cela dit, tant que ce n’est pas officiel, il ne vaut mieux pas s’avancer. En effet, vendredi, Sélestat reçoit Créteil en Alsace. C’est la finale de cette fin de championnat dans le bas du classement. Si Créteil l’emporte, les autres peuvent trembler. Le 29 mai, Créteil joue par exemple Aix dans la région parisienne. Le dernier match contre Chambéry s’annonce également compliqué pour les Cristoliens. Mais si Créteil perd ce weekend, j’aurais écrit le paragraphe suivant pour rien. Les autres équipes se maintiendraient automatiquement, Créteil pourra composter son ticket pour la ProD2 demain soir.

Si Ivry peut se considérer comme maintenu (les Rouges et Noirs joueront leur dernier match de la saison à domicile contre Billère), Toulouse a plutôt intérêt à réussir son rendez-vous de la semaine à Aix. Gagner contre Paris relève de l’utopie, et battre Cesson lors du dernier match de la saison est loin d’être simple également. Aix et Sélestat, quant à eux, n’affrontent que des mal-classés (Créteil puis Ivry pour Sélestat, Toulouse puis Créteil pour Aix, les deux équipes s’affrontant lors de la dernière journée). Pour Tremblay, les affrontements des autres équipes prennent cependant une importance énorme : Dunkerque, Montpellier et Paris se succéderont face aux partenaires d’Arnaud Bingo…

On comprend alors toute l’importance de la journée qui débute ce soir. Montpellier-Chambéry pour la Ligue des Champions, Sélestat-Créteil pour le maintien, dans une moindre mesure les oppositions entre Cesson et Saint-Raphaël et entre Aix et Toulouse, des équipes proches au classement. Ou Paris-Billère, pour ce qui peut être le carton de la saison. Combinées au Final Four de la Coupe EHF pour Nantes samedi et dimanche, cette fin de semaine s’annonce riche en émotions !