Rendez-vous le 20 juin

3-2, c'est le score de la série jusque-là en faveur de San Antonio.Les Spurs ne sont plus qu'à une victoire, un succès, un avantage le plus minime conviendrait. Mais le Heat est dans son antre, l'American Airlines Arena, face à son public. Champion en titre, Miami ne peut/veut décevoir ses fans et se battra jusqu'aux ultimes secondes pour défendre son titre, son bien. On ne pensait pas si bien dire.

Rendez-vous le 20 juin
Miami Heat (3)
100 103
San Antonio Spurs (3)

A 5 secondes du titre

Dans ce genre de rencontre, il est extrêmement facile d’occulter l’effort complet d’un match, quart-temps par quart-temps, pour la simple et bonne raison que les ultimes instants recèlent le meilleur du meilleur. Le Heat a réussi à revenir, malgré un avantage de 10 points pour les visiteurs, au score et dans les esprits. Mais Tony Parker joue les « c’est-moi-qui-suis-le-patron-ici ». A l’interception ou à la finition, le petit prince du basket français prend les allures d’un roi qui ne doute de rien. Il offre ainsi 5 longueurs d’avance aux siens à 1 minute du terme. 1 minute, c’est long au basket. Parker le sait très bien, avec en tête le douloureux épisode avec la sélection nationale contre les Grecs à l’Euro 2005 (La Grèce avait remonté un écart de 7 points dans la dernière minute pour finalement l’emporter en demi-finale contre la France). Mais ce soir, ce n’est pas la Grèce mais le Heat. Toutefois, LeBron James, le « King » comme il est surnommé, assumait son statut royal. Ratant une première pépite longue distance, la seconde fera mouche. San Antonio a la balle en mains pour encore 20 (interminables) secondes. Leonard est envoyé sur les lancers-francs. Que 1/2. Avec 3 pts d’écart, le Heat peut égaliser, envoyer en prolongation ce match. Chose que Ray Allen, transfuge Celtic de la dernière intersaison, réussira, par un shoot à la limite de l’impossible, à faire mouche sur le score et dans les têtes.  Les Spurs ont encore 5 secondes pour battre son adversaire et soulever le Graal. 5 secondes, ça a beau être long, c’est à la fois très court. Trop, pour Parker qui manquera de peu sa dernière tentative.

 

L’inversion des tendances

Ce qui fut marquant dans cette rencontre, c’est l’ascendance du match prise par Miami, après avoir obtenu la prolongation. Les coéquipiers de LeBron James sont revenus de loin et ont réussi des actions quasi-improbables pour s’octroyer 5 minutes de plus, et par conséquent 48 autres pour une rencontre finale et couperet. LeBron a maîtrisé les débats. Le joueur a déjà perdu deux finales NBA. Difficile d’être considéré comme un champion, si la défaite vous tend continuellement les bras en juin. Il peut dire merci à Ray Allen, auteur d’un shoot salvateur au terme des 48 minutes de ce Game 6. Les Spurs semblaient abattus en prolongation, espérant que la chance tourne de leur côté. Ils peuvent regretter l’absence de production de Danny Green, meilleur marqueur des Spurs sur cette série, qui ne finit qu’à 3 points au compteur et 1/5 aux tirs derrière la ligne, quand il signait 66% de réussite avant ce match. Comme une image, c’est ce dernier qui est contré par Bosh dans la dernière seconde de la prolongation, forçant l’écart de 3 pts en faveur des floridiens. Malgré les excellents matchs de Leonard (22 pts, 11 rbds), Duncan (30 pts, 17 rbds) et Parker (19 pts, 8 pds), les Spurs payent leur incapacité à capitaliser l’écart obtenu dans les ultimes instants du match. Comptant jusqu’à 10 pts d’avance en début de 4ème quart-temps et même 5 à une minute du temps réglementaire, Popovich et ses hommes sont tombés sur un os face au sang-froid du Heat qui n’a jamais douté sur ses chances de retour. Ils signent finalement une 3ème victoire dans cette série, obligeant les deux équipes à se départager jeudi. Bien que les deux dernières actions texanes auraient pu être litigieuses, les Spurs ne doivent pas se concentrer sur les « si », mais préparer ce Game 7 sous les meilleures des hospices : par l’envie, la gnac et la détermination.

 

LeBron avait prévenu

Il avait dit à tout le monde qu’il se devait de faire un grand match. Il n’a pas déçu. Bien qu’il soit encore sujet à quelques soucis d’adresse (11/26 aux tirs), James réalise un triple-double pour mener Miami à la victoire. Après une première mi-temps compliquée, l’ailier s’est tout simplement réveillé pour sortir la boîte à rebonds et la machine à caviars. Au final, il gobe 10 rebonds et distribue 11 passes décisives, accompagnés, s’il vous plaît, de 32 pts. Et oui, ça en fait des stats. Mais au-delà du seul apport chiffré, ce sont aussi les actes qui vont  en la faveur du King. Auteur d’actions spectaculaires, comme par exemple un contre sur Tim Duncan montant au dunk ou encore ce panier à 3 pts pour ramener le Heat à 3 longueurs, LeBron James a montré les qualités que chacun lui reconnait dans toute sa splendeur, avec une détermination incroyable. A tel point qu'il en a perdu son bandeau, partie intégrante de son image, pour la fin du 4ème quart-temps et de la prolongation. Pourquoi ne pas l'avoir remis ? Tout simplement parce qu'à "ce moment-là, je considérais qu'il y avait des choses bien plus importante à penser" répondit l'intéressé. Il a pu aussi compter ce soir sur l’aide de Mario Chalmers, qui sort enfin de son trou depuis le Game 2. Avec 20 pts, mais surtout 4/5 à 3 pts, le meneur a parfaitement suppléé King James pour offrir à Miami, le droit de défendre son titre sur une ultime rencontre, jeudi prochain. A 48h du prochain affrontement, Miami et San Antonio sont à 48 minutes de la consécration.

 

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