Doc Rivers, le retour d'un mythe

Battus par les Clippers hier soir, les Celtics n’attendaient qu’une chose : le retour de leur papa, Doc Rivers. Entraineur emblématique de la franchise durant neuf saisons, le Doc faisait son retour hier au TD Garden. Retour sur la carrière du "Doc", joueur mais surtout entraineur d'exception.

Doc Rivers, le retour d'un mythe
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Rapide retour sur sa carrière de joueur

En tant que joueur, Glenn Rivers (de son vrai nom) n’a jamais vraiment explosé. Bon meneur, souvent titulaire hormis lors de ses deux dernières saisons, il ne possède pas de titres majeurs et n’a participé qu’une seule fois aux All Star Games (1988).

Drafté 31ème en 1983 par Atlanta, Doc Rivers va doucement apprendre et faire ses classes jusqu’à marquer l’histoire de sa franchise. La saison 1986/1987 marque la progression du jeune meneur qui va atteindre une moyenne de 12,4 points et de 10,0 passes par matchs, distribuant 823 passes lors de cette saison et devenant ainsi le recordman de la franchise des Hawks.  Il réalise sa saison la plus prolifique en 1990/1991 avec 15.2 points de moyenne par rencontre et quitte Atlanta par la suite en devenant le meilleur passeur de l’histoire de cette franchise avec 3866 passes.

Il va ensuite passer une année aux Clippers (10.9 points de moyenne) avant d’atterrir aux Knicks (1992) avec comme objectif principal de remporter le titre NBA. Malheureusement, il échoue lors de sa première saison en finale de conférence contre Chicago, avant de se blesser dès le début de sa deuxième sous le maillot de New York. Un coup dur pour Doc Rivers qui verra sa franchise échouer en finales NBA contre Houston. Les Knicks le transfèrent la saison suivante à San Antonio où il terminera sa carrière en tant que joker (5 points de moyenne en 1994/1995 et 4.0 pts en 1995/1996).

Orlando : début des classes d’entraineur

Trois ans après sa retraite en tant que joueur, Doc Rivers reprend en main les Magics d’Orlando qui viennent d’échouer à se qualifier pour les playoffs. Pour sa première saison, les dirigeants vont choisir d’alléger la masse salariale du club en laissant partir de nombreux joueurs importants et en recrutant très jeunes (11 joueurs ont moins de 3 ans d’expériences). Darrell Armstrong reste néanmoins comme un piler, avec des jeunes joueurs talentueux comme Ben Wallace ou Chucky Atkins. Surprise : l’équipe aligne 41 victoires et se qualifie pour les playoffs. Doc Rivers est élu meilleur entraineur de l’année et devient le cinquième entraineur à remporter cette distinction dès sa première année à la tête d’une franchise.

La saison suivante, Orlando récupère la légende Tracy Mc Grady (et Grant Hill) dans un trade contre Ben Wallace et Chucky Atkins.  Problème : Grant Hill se blesse gravement au bout de quatre matchs. Aidé par Mike Miller, nommé rookie de l’année, Mc Grady porte les Magics et les qualifient pour les playoffs avec 43 victoires. La saison 2001-2002 est similaire (44 victoires), l’équipe signant une nouvelle légende en la personne de Patrick Erwing.

La saison 2002/2003 sera la dernière pour Doc Rivers à la tête de cette franchise. Les Magics se qualifie à nouveau pour les playoffs avec 42 victoires mais sont éliminés au premier tour. « T-Mac » est élu meilleur marqueur de la saison, mais l’équipe semble stagner. Après un début de saison 2003/2004 catastrophique, les dirigeants d’Orlando décident de limoger Doc Rivers.

Boston : la consécration

Lors de son arrivée en 2004, la franchise des Celtics est propriété de Danny Ange depuis une saison. Les Celtics sont alors en pleine reconstruction et possèdent un effectif qui mélange jeune talents et vétérans (Pierce, Banks, Al Jefferson,  Kendrick Perkins, Delonte West, Gary Payton).  Une première saison qui va bien se passer pour Doc Rivers obtenant le titre de la division atlantique, le premier depuis 1992. Malheureusement, Boston est éliminé par les Pacers en séries par les Pacers d’Indiana.

Les saisons suivantes vont être compliquées pour Doc Rivers et les Celtics. En 2005/2006, ils ne se qualifient pas pour les playoffs, terminant 11ème de la conférence Est. Pire encore, en 2006/2007, les Celtics terminent avec le deuxième pire bilan de la NBA : 24 victoires pour 58 défaites !  Malgré cela, Doc Rivers est confirmé à la tête de l’équipe et est prolongé jusqu’à 2009.

La draft et l’intersaison 2007 va permettre à Boston de retrouver un véritable allant. Les Celtics sélectionnent Jeff Green qu’ils vont directement échanger avec Delonte West et Wally Szczerbiak contre Ray Allen et Glen Davis. Dans la foulée, les Celtics font signer Kevin Garnett en échange d’Al Jefferson, Ryan Gomes, Gerald Green et Sebastian Telfair. Un trio d’expérience se dégage donc pour Doc Rivers, composé de Garnett (ailier fort, multiple all-star),  Ray Allen (ailier, shooter d’exception), Paul Pierce (franchise player des Celtics), avec l’aide de Rajon Rondo (meneur des Celtics depuis 2006 et excellent passeur) et de Kendrick Perkins.

Doc Rivers ne se trompe pas et va réaliser une saison 2007/2008 d’exception avec ce cinq majeur en mettant en place une stratégie basée sur une défense très solide et un harcèlement constant sur le porteur de ballon adverse. Alliant à ça une attaque qui trouve rapidement des variations intéressantes entre shoots extérieurs (avec Allen et Pierce) et un jeu intérieur autour de Garnett, Boston va développer l’un des jeux les plus efficaces de NBA. Si bien que le bilan final est de 66 victoires pour 16 défaites.

Boston et Doc Rivers se présentent donc en playoffs comme l’un des favoris avec les Lakers de Kobe. Pourtant cela va être plus compliqué que prévu. Au premier tour, ils effacent difficilement les Hawks 4 victoires à 3, avant de sortir les Cavaliers de Lebron James sur le même score. Deux tours passés au septième match grâce à l’avantage du terrain. En finale de conférence, les Celtics vont s’en sortir plus facilement face aux Pistons (4/2) et retrouvent les Lakers en finale. Paul Pierce survole cette série et va permettre à Boston et à Doc Rivers de remporter son premier titre NBA.  Au passage, le numéro 34 des Celtics est nommé MVP de la saison.

 

La saison suivante sera sur la continuité de la saison 2008, mais marquée par la blessure de Kevin Garnett qui manquera cruellement pour les playoff, Boston étant éliminé en demi-finale de playoff. En 2009/2010, Boston est au grand complet et va atteindre une nouvelle finale de NBA, de nouveau face aux Lakers. Doc Rivers veut absolument un deuxième sacre mais va être privé de ce dernier dans un match sept au couteau remporté par la bande à Kobe. La saison 2010/2011 va marquer un nouveau tournant pour les Celtics qui vont perdre Kendrick Perkins dans un trade avec le Thunder.  Les Celtis, malgré une saison correcte seront éliminés 4/1 par Miami qui vient de former le trio Wade-James-Bosh.

En 2011/2012, Boston va réaliser une belle surprise en allant en finale de conférence, à nouveau contre Miami. Malgré un effectif vieillissant, Doc Rivers réussit à gérer parfaitement les playoffs grâce à une défense de fer. En finale, contre Miami, les Celtics vont s’incliner 4/3 alors qu’ils menaient 3/2. La fin d’un cycle pour Boston et Doc Rivers…

A l’intersaison, Boston perd Ray Allen qui s’en va vers le Heat. En cours de saison, Doc Rivers va avoir la mauvaise surprise de perdre son meneur Rajon Rondo sur blessure. S’en est trop pour Boston qui va finir sixième de la conférence Est et perdre dès le premier tour contre New York. Doc Rivers obtient le droit de partir vers les Los Angeles Clippers après neuf ans de bons et loyaux services.

 

Hier soir, Doc Rivers était de retour dans sa salle, après un début de saison intéressant avec les Clippers. Le public des Celtics lui a rendu un vibrant hommage, préférant se rappeler aux bons souvenirs de cet entraineur emblématique qui lui aura offert un titre NBA et plusieurs années au top niveau. Personne ne l’oubliera au « pays vert », tout comme les légendes Pierce et Garnett, parti du côté des Nets de Brooklyn. Une page se tourne. Et c’est bien dommage.