Atlanta Hawks : Des playoffs qui font du bien

Dans leur Philips Arena bouillonnante, et malgré un Jeff Teague "on fire" (29 points), les Hawks d'Atlanta n'ont pas su conclure face aux Pacers et se sont inclinés 95-88. Retour sur une soirée qui, malgré les apparences, a fait du bien au club trop souvent délaissé par sa ville au profit du Baseball et du Football Americain.

Atlanta Hawks : Des playoffs qui font du bien
P.George, K.Korver et son armée de Pac-Mans (crédit : nba.com)

Equipe surprise de ces playoffs, les Hawks d'Atlanta réalisent un superbe premier tour et pouvaient éliminer les Pacers, premier de la conférence Est à la fin de la saison régulière, lors de la 6ème confrontation le 1er mai dans leur Philips Arena. Malheureusement pour eux, leurs visiteurs du soir en ont décidé autrement en l'emportant. Les deux équipes se départageront donc lors du game 7, samedi 3 mai à Indianapolis. Malgré un jeu moyen, une maladresse inhabituelle et une défaite difficile à avaler, tout n'est pas à jeter pour le club d'Atlanta, en communion avec son public. Assez rare pour le faire remarquer.

Le club chauffe ses supporters

A l'occasion de cette confrontation avec les Pacers d'Indiana, hypothétiquement décisive en vue d'une qualification pour les demi-finales de la conférence Est, les Hawks avaient vu les choses en grand. Ainsi, la direction du club a profité de cette soirée pour dévoiler son nouveau logo pour la saison prochaine. Mode du vintage oblige, celui-ci sera une version rééditée du  fameux Pac-Man, qu'arboraient, lors des belles années (80-90), Dominique Wilkins et consorts.

Les Hawks et leur Pac–Man seraient-ils prêts à chasser définitivement les fantômes que sont les Pacers depuis plusieurs semaines ? En tout cas, les fans y croient dur comme fer : "Les Pacers, c'est votre dernier match !" hurle un supporter, vêtu du maillot du malheureux absent Al Horford devant l'entrée du stade.

 Une fois à l'intérieur de la Philips Arena, l'atmosphère est différente de ce qu'on a l'habitude d'y voir. Pas réputée pour la ferveur de son public,  l'enceinte est pleine à craquer. Le rituel quand à lui est le même. Après avoir bu quelques bières au bar du CNN Center situé à quelque pas, pour les habitués, les supporters passent aux stands. Il faut donc choisir parmi les nombreux fast-foods éparpillés un peu partout afin d'attraper une autre bière et un repas, avec une attente certes peu commune pour les locaux. Ensuite, il est temps de prendre place sur son siège attitré, avec une petite surprise à la clé. En effet, chacun a eu le plaisir de trouver, posé sur le dossier de son siège un T-shirt rouge "ATL's Pac is back", orné du fameux nouveau (et ancien) logo de la franchise.

Le fameux "Pac" remis d'actualité. L'aigle restera le logo officiel des Hawks (crédit : couterkicks.com)

Après, c'est le show à l'américaine. Les rappeurs Ludacris et Jermaine Dupri, originaires de la ville, sont évidement présents au bord du parquet, les jolies cheerladers font l'animation puis on enchaîne avec le traditionnel hymne national américain, la casquette sur le cœur bien sûr. C'est bon, le match peut commencer.

Un match accroché jusqu'au bout

Malgré deux motivations opposées, les deux équipes abordent le match avec le même objectif en tête, celui de gagner. Si Atlanta veut conclure, Indiana veut aller chercher une septième confrontation et la pression se fait ressentir dans le jeu.

Côté public, c'est beau il n'y a rien à dire. Le stade affiche complet. Enfin jamais vraiment en même temps puisque les Américains sont les spécialistes des allées et venues dans les travées de leurs enceintes sportives, il y a toujours de la place pour un hot-dog ou une bière de plus. Les T-shirts rouges quant à eux donnent enfin le sentiment d'une ville derrière son équipe.

Les traditionnels "Defense !" criés par tout le public lors de chaque possession de balle des visiteurs, ainsi que les "Let's go Hawks !" accompagnés de claquements de mains, de pieds, de ballons et tout ce qui est susceptible de faire du bruit font monter la pression.

Atlanta commence la partie de très belle manière, prenant 10 points d'avance lors du premier quart-temps. Ils se feront ensuite rejoindre rapidement, et les deux équipes resteront au coude à coude jusqu'à la toute fin de la rencontre. Au niveau des faits notables, un échange de giffles entre George Hill et Mike Scott (fin du 2nd quart temps), un méchant poster du même Mike Scott sur la tête du Français Ian Mahinmi et un Jeff Teague inarrêtable, dans son style personnel tout en vitesse et cassage de reins. Les hommes de Mike Budenholzer (ancien adjoint de Gregg Popovic chez les Spurs de San-Antonio) aborderont la dernière période avec une petite avance de 3 points (64-67).

A ce moment là, et malgré la très mauvaise performance de ses protégés au shoot, leur exercice favori, le stade est prêt à prendre feu. L'ambiance ne cesse de monter et la Philips Arena doit certainement se demander si ce sont vraiment ses Hawks qui évoluent en son antre à ce moment précis.

Mais la température ne descendra pas, en tout cas pas jusqu'aux toutes dernières minutes, moment précis ou P. George, D.West (24 pts chacun) et leurs coéquipiers décident de repasser devant. Les locaux ne reviendront plus.

Le public désertera rapidement les tribunes. Par manque de ferveur me direz-vous, pas si sûr. En effet, outre son "Dirty South", CNN et "The Walking Dead",  Atlanta est mondialement réputée pour son trafic insupportable et ses transports en commun aussi efficaces que Josh Smith depuis son arrivée à Detroit.

Rejouer à la maison

Une fois sortie du stade, et malgré la défaite, les rues du centre-ville font plaisir à voir pour tout amateur de Basket-ball résidant à Atlanta. Une marée rouge se déplace dans la ville, la fanfare officielle continue à jouer et faire chanter les passants. Le moral ne semble pas tant entamé que cela.

Pourtant, les Hawks auront besoin de puiser dans leurs ressources pour notamment retrouver leur agilité à trois points qui leur a tant fait défaut lors de ce Game 6, et décrocher leur ticket pour les demi-finales de conférence samedi 3 mai sur le parquet d'Indiana. La mission s'avère très compliquée et on voit mal comment les Pacers pourraient passer à côté de la qualification face à leur public, et après cette victoire au mental dans le "match de la peur". 

Still can't get over how amazing you all were tonight. Sorry we couldn't win it for you. We want to play at Philips again this season.

— Atlanta Hawks (@ATLHawks) May 2, 2014

Les supporters de la franchise Georgienne ne s'avouent pourtant pas vaincus. "Ca va etre un match difficile, mais ils vont le faire, et on reviendra pour le tour suivant" annonce Gabriel, 23ans, avec son nouveau T-shirt Pac-Man enroulé sur sa tête, à la manière de la fameuse Do-rag américaine. 

Les playoffs font du bien aux Hawks d'Atlanta et à leur public. Aujourd'hui, il ne leur est plus concevable de ne pas éliminer Indiana lors du Game 7, et l'enthousiasme autour de cette équipe semble grandir de jour en jour dans la ville. Juste récompense pour les joueurs qui ont su se battre tout au long de la saison, avec un système de jeu "Made in Texas" (effet Budenholzer) afin d'atteindre le top 8 de la conférence Est pour la septième année consécutive.

Alors, si Atlanta reste toujours, sans aucune contestation, loin d'être une ville de Basket-ball à proprement parler, il paraît évident que l'esprit du ballon orange est bien là, enfoui quelque part, et ces Playoffs semblent le réveiller à chaque rencontre.