Qui a bien débuté, qui a mal commencé ? Bilan après un mois de NBA

Après maintenant un mois de NBA, l'heure est au bilan du début de saison. Si certaines surprises ont vu le jour, certaines équipes, attendues au tournant, n'ont pas réussi à s'affirmer pour l'instant. Qui a bien débuté, qui a raté son début de saison ? BILAN.

Qui a bien débuté, qui a mal commencé ? Bilan après un mois de NBA
Marc Gasol, un des grands hommes de ce début de saison. Crédit : Latinpost

Les matchs NBA ont maintenant repris depuis un mois. Quelques mois après le sacre des Spurs dans les Finals contre le Heat, énormément de changements ont eu lieu dans la ligue. LeBron James est revenu à la maison, chez les Cleveland Cavaliers, là où tout a commencé pour lui. Il a ensuite été rejoint par l'ancien intérieur des Minnesota Timberwolves Kevin Love, échangé contre les talentueux Andrew Wiggins (choix numéro un de la dernière draft) et Anthony Bennett (first draft pick de 'avante dernière draft NBA). La Ligue a vu de nombreux rookies, annoncés comme de grands joueurs par les couts, que sont Andrew Wiggins, Jabari Parker, Dante Exum, Marcus Smart, Julius Randle, Joel Embiid ou encore le meilleur marqueur NCAA de la saison passée, Doug McDermott. 

Après un mois de compétition et de lutte acharnée, de premiers bilans peuvent s'effectuer. Si les rookies ont été annoncés comme de futures stars, de nombreuses embûches sont venues se mettre sur leur chemin, et leur épopée semble plus compliquée que prévue. L'odyssée de LeBron James, nouveau héros de l'Ohio, est également pleine de difficulté, et montre à quel point David Blatt aura du mal, malgré son titre d'Euroligue la saison passée, à trouver l'alchimie parfaite pour mener l'équipe de James, Irving et Love à la bague. 

Les bonnes surprises

Dans la Conférence Est, le niveau est faible, très faible. De nombreuses équipes auront un bilan négatif mais parmi les équipes ayant un bilan positives, quelques surprises se détachent. 

Impossible de parler des grandes surprises sans parler des Toronto Raptors, menés à merveille par leur meneur de jeu, Kyle Lowry (qui a été auteur du premier triple-double de la saison NBA). Dans leur équipe où l'alchimie est quasiment parfaite, cette équipe de transition, déjà présente en Playoffs l'année dernière, est la véritable révélation de ce début de saison. Là où Demar DeRozan semble s'affirmer en tant que Franchise Player, l'équipe du Canada, poussée par la Air Canada Center en furie à tous les matchs, l'équipe compte aussi de nombreux joueurs capables de faire la différence : une raquette Johnson/Valenciunas très complémentaire, et un artilleur du banc, Lou Williams, véritable révélation de la saison, sont également de très belles armes. 

Si leur bilan est pour l'instant le meilleur bilan d'une conférence Est très faible, c'est pour l'instant une surprise, pour la franchise qui a une progression linéaire depuis quelques années. Avec un tel niveau de jeu, on les voit aller loin déjà dans des éventuels Playoffs, mais attention à eux, possédant un effectif très jeune, car quand les premiers problèmes vont se poser, il leur sera difficile de réagir. Reste à voir s'ils tiendront toute l'année. 

Là où on attendrait d'autres équipes, l'autre équipe plutôt surprise de ce début de saison régulière est l'équipe de Washington. Les Wizards, deuxièmes pour l'instant à l'Est, étaient déjà excellents la saison dernière. Ayant perdu le très bon Trevor Ariza, ils ont compensé cette perte par l'arrivée de Paul Pierce, qui apporte de l'expérience et du scoring. A l'arrière, John Wall et Bradley Beal, très complémentaires, permettent à l'équipe d'être très efficace. En défense, l'équipe est très bonne et encaisse peu de points. C'est une équipe taillée pour les Playoffs, avec de l'expérience et de la défense, et qui sera très intéressante à suivre dans les phases finales. Cependant, il était peu imaginable de les voir aussi haut à la 15ème journée, et à l'instar des Raptors, il leur faudra tenir une saison entière, et les Pacers savent de quoi il s'agit. 

Les deux équipes, premières dans la conférence Est, sont les équipes qui développent le basket le plus attrayant avec les Bulls (dont le rendement reste un certain à cause des genoux de D-Rose), et qui, naturellement, sont devant pour l'instant. Reste à savoir, avec les effectifs très jeunes, manquant de stars, qu'ils ont, s'ils réussiront à tenir la cadence infernale des 82 matchs de saison régulière.

Dans la conférence Ouest, le scénario est complètement inverse. Les équipes se tiennent en moins de victoires d'écart, et le niveau est beaucoup plus élevé. Et si pour l'instant, de nombreuses équipes jouent un basket attrayant, l'équipe la plus surprenante est celle de Mike Conley Jr. (photo) : les Memphis Grizzlies. Une défense impressionnante et un rouleau-compresseur qui leur sert de collectif, l'équipe de l'Ouest a le meilleur bilan actuel de la NBA. Avec des joueurs qui défendent très bien (Tony Allen, Mike Conley, Marc Gasol), et quelques très bons scoreurs (Z-Randolph, Courtney Lee), ils ont un effectif parfaitement dosé, qui semble être enfin arrivé à maturité. 

Malgré le départ de Mike Miller, artilleur à trois points et très précieux en sortie de banc, ils s'appuent sur Nick Calathes, Courtney Lee et Quincy Pondexter pour apporter du scoring et de la rigueur défensive. Leur raquette est véritablement leur point fort, où le frère de Pau, Marc Gasol, semble être arrivé à maturité pour sortir ce qui est probablement son meilleur début de saison depuis le début de sa carrière. Ses petits shoots à 4-5m incontrables, ainsi que ses fadeways très efficaces (dans un style un peu robotique), combinés à la palette exceptionnelle de mouvements offensifs de Zach Randolph font de cette équipe l'une des toutes meilleures 'in the paint'. Mike Conley, chef d'orchestre, est très peu en échec, et maîtrise parfaitement tous les systèmes, que ses partenaires réalisent impeccablement. L'équipe semble taillée pour les Playoffs et semble, à l'image de tous les joueurs, être arrivée à maturité. Comme pour les Raptors et les Wizards, il semble compliqué, dans une Conférence au niveau incroyable, pour cette équipe, sans réel Franchise Player, de rester au sommet. 

La saison, passée, les Golden State Warriors ont été vaincus au premier tours des Playoffs contre des Clippers, excellents, au match 7, au Staples Center. Cette saison, ils semblent être devenus meilleurs encore. Stephen Curry, véritable tueur longue-distance et maintenant devenu le Franchise Player de l'équipe de San Francisco, forme une paire d'arrières dévastatrice avec Klay Thompson. Tous deux, dotés d'une adresse exceptionnelle, permettent aux Warriors d'être seconds à l'Ouest. Harrison Barnes est maintenant dans le 5 titulaire, et a permis à Andre Iguodala de passer sixième homme, et d'avoir un apport supérieur face à la second unit adverse. Très cohérente, cette équipe semble vraiment capable d'aller loin en Playoffs, et de résister à la pression auxquels Grizzlies ou Raptors ne sont pas habitués. Un candidat sérieux au titre assurément, s'ils s'améliorent encore un peu en défense. 

Et si un autre français était dans la lutte pour une bague cette année ? En tout cas, les Portland Trail Blaizers ont des atouts non-négligeables. Il est bien évidemment compliqué de les voir en Finale NBA, mais le jeu attrayant qu'ils développent est très intéressant. Face à des Spurs, des Warriors ou des Grizzlies, il est compliqué de les voir triompher, mais Nicolas Batum, très complet, est parfaitement entouré avec deux véritables Franchises Players que sont Damian Lillard, le très clutch meneur qui avait permis aux Blazers de se qualifier face aux Rockets la saison passée, ou encore LaMarcus Aldridge, le très sous-côté ailier fort aux statistiques mirobolantes. En tout cas, une demi-finale de conférence est plausible pour cette équipe, qui ne semble jamais avoir été aussi forte depuis l'apogée du regretté Brendon Roy.  

D'autres équipes semblent intéressantes à l'Ouest, bien que, pour l'instant, pas dans les huit équipes "Playoffables". Les Sacramento Kings, portés par un DeMarcus Cousins de gala depuis le début de la saison, ont laissé échapper beaucoup trop de points pour être dans le top 5 de la conférence Ouest. Neuvièmes à l'heure actuelle, les Kings ont développé un très beau basket et, selon toute vraissemblance, seront en Playoffs à la fin de la saison. Les New-Orleans Pelicans, dixièmes à l'Ouest, jouent également un basket attrayant, qui leur permettrait, s'ils étaient dans la conférence Est, d'être largement en Playoffs. Mais voilà, à cause de la densité de l'Ouest, la franchise emmenée à la perfection par Anthony Davis, aux statistiques de MVP, ne se retrouve pas dans les potentiels qualifiés en Playoffs. Réussiront-ils à être parmi les huit premiers de leur conférence? L'avenir nous le dira. 

En terme de joueurs, ont surpris : DeMarcus Cousins (Sacramento Kings), Anthony Davis (New-Orleans Pelicans), Marc Gasol (Memphis Grizzlies), Stephen Curry (Golden State Warriors).

Les mauvaises surprises 

Dans la conférence Est, les mauvaises surprises sont nombreuses. Evidemment, les Philadelphie 76ers sont les plus ridicules. Malgré un effectif qui pourrait être intéressant (Nerlens Noel, Michael Carter-Williams..), la politique de tanking menée par les dirigeants dans le but d'avoir un bon tour de draft rend la saison absolument immonde. Ayant enchaîné une série de douze défaites avant d'avoir enfin une victoire, les futurs coéquipiers de Joel Embiid (blessé au pied) ne semblent rien avoir à faire dans la Ligue et paraissent des boulets. Chaque match contre les Sixers semble être un match amical, où la victoire est quasi assurée, tant l'effectif est faible. C'est vraiment dommage, quand on se rappelle de Andre Iguodala à l'époque, qui menait sa franchise en Playoffs. 

D'autre part, si Phil Jackson voulait faire des New-York Knicks une des meilleures franchises NBA avec une intersaison plutôt bien menée (Carmelo Anthony gardé malgré son contrat exorbitant), il s'est pour l'instant, complètement trompé. Trop faibles en défense, trop peu de points faciles, ils sont très en difficulté, et sont même avant-derniers de la Conférence Est (c'est dire). Le jeu en triangle, touche personnelle apportée par le grand Phil Jackson, n'est pour l'instant pas bien effectué et même bâclé par des joueurs, qui ne sont pas assez tranchants dans les appels ou dans les écrans. Derek Fischer, néophyte en tant que coach, semble avoir du mal à expliquer à Smith que ce n'est pas le Franchise Player de l'équipe, et qu'il faut partager la balle pour bien exécuter le triangle. L'équipe ne sera probablement pas en playoffs cette saison, et va commencer à se poser des questions concernant l'intersaison, à savoir s'il fallait vraiment prolonger "Melo", sachant que l'intersaison 2016 risque d'être l'une des plus intéressantes depuis de nombreuses années. En tout cas, la reconstruction est très compliquée pour the Big Apple.

On les attendait très haut. Les Cleveland Cavaliers ont pour l'instant du mal à gagner, et ont tout juste un bilan de 50% de victoires. Le "big three" (difficile de l'appeler ainsi, Love et Irving n'ayant jamais disputé de Playoffs) a du mal à se mettre en place, et surtout, défensivement, les Cav's sont beaucoup trop loin de ce qu'il faut réaliser pour, défensivement, régner sur la NBA. Les Charlotte Hornets, pour leur renaissance, deçoivent beaucoup. Un bilan largement en dessous des 50% de victoires, des individualités décevantes malgré l'arrivée de Lance Stephenson, et la franchise de MJ qui peine à gagner. Les Hornets ont notamment du mal à jouer sur 48 minutes, et ratent souvent leurs derniers quart-temps. Compliqué quand on veut gagner des matchs de basket. 

A l'Ouest, la déception vient surtout des Los Angeles Lakers. Quand on voit que Kobe Bryant a refusé de faire d'énormes concessions sur son salaire pour faire venir un gros Costless Agent, on se dit que c'est du gâchis. D'abord parce que l'effectif des Lakers a été amputé de Pau Gasol, mais aussi parce que son remplaçant dans la peinture, le jeune Julius Randle, s'est cassé la jambe. Si Jeremy Lin était censé apporter du scoring et de la maîtrise, il est impuissant face au nombre de tirs tentés par le Black Mamba. Celui-ci est revenu à son niveau en terme de scoring, mais prend énormément de shoots, laissant très peu de place à ses coéquipiers. Rajoutons à cela une défense catastrophique, et les Lakers font une saison très étrange, alors qu'on pouvait imaginer une belle saison. La belle forme de Kobe Bryant sur les lignes de stats, ne permettent pas aux Jordan Hill, Nick "Swaggy P" Young ou encore à Jeremy "Linsanity" Lin de s'exprimer. On se demande bien comment va se finir la saison du côté de L.A, qui va très certainement finir par récupérer un haut choix de draft...parfait pour reconstruire ? 

Les équipes dans leur créneau habituel

On aurait tendance à être déçu du début de saison des Spurs. Alors que Tony Parker vient de battre un record (d'adresse à 3pts sur les 15 premières journées de saison régulière), on se dit que le début de saison "raté" des Spurs est dû à leur facheuse habitude de commencer les saisons doucement. L'effectif de San Antonio, n'ayant quasiment pas bougé depuis la bague de la saison dernière, commence un peu à vieillir et Gregg Popovych doit maintenant gérer la forme de Tim Duncan, Manu Ginobili et même Tony Parker, qui jouent de moins en moins avant les Playoffs. Nul doute que cette équipe sera encore dans les candidats au titre NBA, ou au pire, candidats pour une belle finale de conférence. Concernant leurs deux principaux concurrents de division, Houston et Dallas, ils sont dans la même catégorie. Des équipes certainement outsiders pour le titre, ayant des équipes très équilibrées, et des chances de titiller les plus grands favoris. 

Même constat pour OKC. La franchise du tandem Durant-Westbrook piétine en ce début d'année. Amputée de ces deux joueurs, l'équipe menée par Scott Brooks ne peut pas développer son basket correctement. Déjà peu adepte des systèmes offensifs, et donc limité en attaque, le coach s'est retrouvé sans solutions face aux blessures des deux stars. 12ème à l'Ouest, le Thunder remontera très certainement pour finir en Playoffs, sans pour autant être un grand favori au titre. Russell Westbrook a effectué son retour face aux Knicks, et a prouvé qu'il pouvait apporter le vent de fraîcheur dans la tempête de ce début de saison du Thunder. 

Dans la conférence Est, les Bulls et le Heat confirment un peu les espérences placées en eux. Chicago ne peut développer son basket quasiment que quand D-Rose et ses genoux le permettent, et le Heat, orphelin du King LeBron James développe un basket agréable, sans pour autant faire trop de vagues. Probablement des équipes de Playoffs, et plus si affinités. Et puis le candidat au titre de la saison passée, Indiana, a énormément de mal sans Lance Stephenson et Paul George, deux artisans de l'excellente saison régulière de l'année passée. 

Bilan 

L'écart entre les deux conférences a encore été nettement prouvé pendant le premier mois de NBA. Si l'Ouest semble renforcé et donc plus fort et plus homogène que jamais, l'Est est à la peine, comme le prouvent les Road Trip perdus de l'Est vers l'Ouest. Des équipes inattendues peuvent maintenant prétendre à de bonnes places en Playoffs, et de nombreuses surprises ont émergé. 

Pour l'instant, les rookies, à l'image de Jabari Parker, Andrew Wiggins ou encore Zach LaVine n'ont pas encore développé tous leurs talents, ou alors seulement de manière éphémère. N'étant pour la plupart pas "NBA Ready", ils sont néanmoins attendus au tournant pour conduire des franchises en difficulté vers les sommets de la Ligue d'ici quelques années.