Cavendish gagne, Nibali triomphe

Vainqueur de la première étape et de quatre depuis le départ à Naples, Mark Cavendish s'est offert aujourd'hui un nouveau succès à Brescia et conclu un Giro parfait. Avec cette victoire, il remporte le classement par points. Pour Vincenzo Nibali, le maillot rose depuis deux semaines déjà, la journée fût tranquille. Après la Vuelta en 2010, le "Requin de Messine" s'offre un deuxième Grand Tour.

Cavendish gagne, Nibali triomphe
Cavendish lève pour la cinquième fois les bras sur ce Giro

 

 210 kilomètres avec un final dans les rues de Brescia pour conclure trois semaines extraordinaires, rendues terribles par des conditions météos dantesques. Cette dernière étape était donc assez tranquille pour les favoris du classement général. C'est les sprinteurs qui avaient à coeur de briller, aujourd'hui. Mais face à l'ogre Mark Cavendish, il n'y a rien à faire. Rien ! L'ancien coureur de la Sky s'est imposé assez facilement et s'offre une cinquième victoire sur ce Giro. Rien que ça ! Il a devancé au sprint Sacha Modolo (Bardiani) et Elia Viviani (Canondale). Tous deux impuissants, tout comme Giacomo Nizzolo (RadioShack) 4e et Luka Mezgec (Argos-Shimano) 5e. Sur le déroulement de la course, pas grand chose à signaler, si ce n'est que l'on a vu un Mark Cavendish assez nerveux dans le circuit final et que Francis Mourey (FDJ, 20e au général, meilleur français) a été distancé quelques instants. Mais plus de peur que de mal.

"The Man of Man" s'est occupé durant la course à s'adjuger les sprints intermédiaires afin de s'assurer du maillot rouge par points, puisqu'il l'avait perdu hier soir pour quelques points face à Vincenzo Nibali. Mais de pas soucis pour le "Cav", il sera à lui et il ne vivera pas la même déception que l'an passé où il ne l'avait pas eu pour un seul petit point, par rapport à Joaquin Rodriguez (Katusha) qui l'avait finalement gagner. Le Britannique a donc remporté le maillot par points sur le Giro, le Tour de France et la Vuelta. Le meilleur sprinteur au monde entre encore un peu plus dans la légende.

 


Nibali, un excellent vainqueur

Le maillot rose, chouchou du public italien, remporte donc ce Giro d'Italia 2013 qu'il a dominé de la tête des épaules. Le "Requin de Messine", comme il est surnommé, est rester pendant 13 jours en rose et n'a pas trembler une seule fois. Il n'a jamais été mis en difficulté, et a toujours répondu présent dans la haute montagne, comme dans les étapes accidentées  et plus surprenant sur le contre-la-montre de 55 kms où il a frappé fort en ne concédant quasiment rien sur Bradley Wiggins (Sky) et où sa prise de pouvoir à commencer. Ensuite, le vainqueur de la Vuelta 2010 et 3e du dernier Tour de France a maitrisé à la perfection avec un calme extraordinaire lorsqu'il avait des problèmes mécaniques. Mais autour de lui, une équipe à sa disposition avec notamment un Valério Agnoli extraordinaire, qui n'a pas compter ses efforts. On l'a d'ailleurs vu hier, à l'arrivée aux  Tre Cime di Lavaredo, en pleurs et très heureux pour son leader. Tanel Kangert, 14e du général, a également étonné et on l'a vu à plusieurs reprises dans la haute montagne pour aider Nibali. Fabio Aru, jeune talent, malade en début de Giro, a aussi été très en vue. 4e du Tour du Trentin il y a quelques semaines, il a confirmé tout le bien qu'on pensait de lui. A 22 ans, l'apprentissage continue pour lui et avec un leader comme Vincenzo Nibali, ça ne peut être que bénéfique. Nul doute que l'on retrouvera dans quelques années comme un leader sur les grandes courses. Une équipe totalement dévouée pour lui, qui a démontré sa force tout au long des trois semaines de ce Giro. Alexandre Vinokourov, manager général de la formation Astana, peut être fier de ses gars. L'objectif est atteint. Désormais, Nibali va se reposer puis on le reverra en fin de saison, avec probablement la Vuelta pour retrouver la bonne forme et le championnat du Monde en septembre, en Italie, chez lui, sur un parcours qui lui convient idéalement. Son autre objectif de la saison. Le premier atteint, le coureur italien pourra donc se concentrer en toute tranquillité et se préparer sereinement sur celui qui arrive dans quelques mois.

 



 

Des confirmations, des surprise et des déceptions

Bradley Wiggins, annoncé comme LE grand favori de l'épreuve, a donc échoué. Sûrement pensait-il trop que c'était déjà dans la poche, puisqu'il envisageait de faire le doublé avec le Tour en croyant que l'épreuve italienne était déjà la sienne. En grande difficulté dès le début, le Britannique n'a donc jamais été à la hauteur et à cause d'un problème médical n'a pas pris le départ de la 13e étape. Vainqueur sortant, Ryder Hesjedal n'a pas fini la course. A l'attaque dès le deuxième jour, le Canadien a ensuite plonger et perdu 20 minutes dès la première vraie étape de montagne après le premier jour de repos. Le coureur de la Garmin a décidé quelques jours plus tard de ne pas partir. C'était donc deux favoris en moins pour le classement général... Rigoberto Uran, coéquipier de luxe de Wiggins à la Sky, a donc été promu leader. Et il a bien évidemment été à la hauteur avec une deuxième place finale. 7e et meilleur jeune l'an passé, le Colombien se rapproche de la victoire finale sur ce Giro. En tout cas, il a marqué les esprits en haute montagne avec notamment une victoire à l'Altopiano del Montasio et une très belle performance sur l'étape d'hier où il a réussi à récupérer la place de Dauphin à Cadel Evans, qui a craqué. Cadel Evans, d'ailleurs. 3e du classement général, il était venu en Italie en ayant pas eu une préparation spéciale. Ce Giro était pour lui une répétition et une mise en jambes pour le prochain Tour de France où il espère briller. Ce résultat est donc une très bonne chose pour le coureur australien de 36 ans, bien qu'il y ait une déception d'avoir craquer sur les derniers jours alors qu'il était encore entrain de "titiller" Nibali pour la première marche du podium.

Michele Scarponi a pris la 4e place. Une légère déception pour le coureur de Lampre puisqu'il espérait bien évidemment être au moins sur le podium. Mais comme Evans, l'âge commence à se faire ressentir (33 ans). Vainqueur en 2011 de l'épreuve après le déclassement d'Alberto Contador, Scarponi est pour la deuxième fois de suite au pied du podium. 5e, Carlos Betancur est sans la doute la grande révélation de ce Giro d'Italia 2013. Le jeune colombien de la formation AG2R La Mondiale s'est montré très régulier dans les étapes compliquées. Avec plus de cinq minutes concédées sur le contre-la-montre de 55 kms, il n'avait quasiment aucune chance pour la victoire finale. Mais son objectif, qui était de bien figurer au classement général et d'obtenir le maillot blanc est complétement réussi. Il manque juste la victoire d'étape où il n'est pas passer loin avec trois 2e place et une 3e place. A 23 ans, il se place d'ores et déjà comme un prochain vainqueur d'un Grand Tour, en plus d'être excellent sur les Ardennaises.

6e, Przemysław Niemiec a été l'une des surprises de ce classement général. Coéquipier de luxe pour Scarponi, le Polonais a surpris son monde en accompagnant les meilleurs dans les difficultés. Proche du podium avant la 20e et avant dernière étape, Niemiec s'est retrouvé en difficulté et a du céder sa place de 5e. Il se retrouve d'ailleurs devant son compatriote, Rafal Majka. Le coureur de la Saxo-Bank, 7e, est l'auteur d'un excellent Giro. A la lutte avec Betancur pour le maillot de meilleur jeune, il a cependant du rendre les armes sur la dernière étape de haute montagne. Et pour 41 secondes seulement. Mais Majka est tombé sur un os, mais cela ne doit pas gâcher son superbe classement général. Avant l'épreuve, son équipe avait annoncé clairement son intention de bien figurer avec un top 15, voire un top 10. A 23 ans, lui aussi est promis à un extraordinaire avenir. Coéquipier de luxe de Contador sur la dernière Vuelta, où il avait démontré toute sa classe dans la haute montagne, le Polonais ne fait donc que confirmer son potentiel de grimpeur. La Saxo-Bank ne s'est donc pas tromper sur son cas. Pour le reste du top 10, on note le très discret Beñat Intxausti (Movistar) mais présent à la 8e place. L'Espagnol, vainqueur d'une étape et maillot rose une journée, a donc réussi son Giro, à l'image de son équipe, vainqueur de quatre étapes et omniprésente. 9e, Mauro Santambrogio a longtemps cru pouvoir lutter pour le podium, avant de s'écrouler totalement sur la dernière semaine. 10e, Domenico Pozzovivo est rentré de justesse dans le top 10. L'équipe AG2R a donc placé deux coureurs dans le top 10 en plus du maillot blanc de son Colombien. Un bon Giro pour la formation française, gâché néanmoins par le contrôle positif de Sylvain Georges. Robert Gesink, qui n'a pas terminé la course, a lui aussi démontrer certaines limites. Bien placé en première semaine, le Néerlandais a totalement craqué par la suite notamment sur la 14e étape se terminant à Jafferau où il a concédé plus de quatre minutes. Samuel Sanchez (Euskaltel-Euskadi) dont le Giro était un de ses objectifs, est passé à côté de ces trois semaines en terminant à une trise 12e place. Il est néanmoins passé près de la victoire, sur le contre-la-montre en côte. Longtemps en tête, il a finalement été battu par un extraordinaire Vincenzo Nibali.

Côté Français, le meilleur se situe à la 20e place. Et il s'agit de Francis Mourey. Libéré après les abandons de Sandy Casar et Arnold Jeannesson, le coureur de la FDJ a surpris pas mal dans la haute montagne, n'étant pas très loin des meilleurs. Une bonne performance pour lui. Mais dans l'ensemble, la France n'a pas été très présente sur ce Tour d'Italie.

 

Classement de l'étape :

1) CAVENDISH Mark (ANG, Omega Pharma-Quick-Step) en 5:30'09"
2) MODOLO Sacha (ITA, Bardiani Valvole-CSF Inox) m.t
3) VIVIANI Elia (ITA, Cannondale) m.t
4) NIZZOLO Giacomo (ITA, RadioShack-Leopard) m.t
5) MEZGEC Luka (NER, Argos-Shimano) m.t
6) FERRARI Roberto (ITA, Lampre-Merida) m.t
7) DEHAES Kenny (BEL, Lotto Belisol) m.t
8) BELLETTI Manuel (ITA, AG2R La Mondiale) m.t
9) VISCONTI Giovanni (ITA, Movistar) m.t
10) PAOLINI Luca (ITA, Katusha) m.t


Classement général :

1) NIBALI Vincenzo     (ITA, Astana) en 79:23'19"
2) URAN Rigoberto (COL, Sky) + 4'43"
3) EVANS Cadel (AUS, BMC Racing Team) + 5'52"
4) SCARPONI Michele (ITA, Lampre-Merida) + 6'48"
5) BETANCUR GOMEZ Carlos Alberto (COL, AG2R La Mondiale) + 7'28"
6) NIEMIEC Przemyslaw (POL, Lampre-Merida) + 7'43"
7) MAJKA Rafal (POL, Team Saxo-Tinkoff) + 8'09"
8) INTXAUSTI Benat (ESP, Movistar Team) + 10'26"
9) SANTAMBROGIO Mauro (ITA, Vini Fantini) + 10'32"
10) POZZOVIVO Domenico (ITA, AG2R La Mondiale) + 10'59"


Classement par points :

1) CAVENDISH Mark (ANG, Omega Pharma-Quick-Step) 158 pts    
2) NIBALI Vincenzo (ITA, Astana) 128 pts
3) EVANS Cadel (AUS, BMC) 111 pts
4) BETANCUR GOMEZ Carlos Alberto (COL, AG2R La Mondiale) 108 pts
5) VISCONTI Giovanni (ITA, Movistar) 105 pts


Classement de la montagne :

1) PIRAZZI Stefano (ITA, Bardiani Valvole-CSF Inox) 82 pts
2) NIBALI Vincenzo (ITA, Astana) 45 pts
3) VISCONTI Giovanni (ITA, Movistar) 45 pts
4) RODRIGUEZ Jackson (VEN, Androni-Venezuela) 41 pts
5) BETANCUR GOMEZ Carlos Alberto (COL, AG2R La Mondiale) 37 pts


Classement des jeunes :

1) BETANCUR GOMEZ Carlos Alberto (COL, AG2R La Mondiale) en 79:30'47"
2) MAJKA Rafal (POL, Saxo-Tinkoff) + 0'41"
3) KELDERMAN Wilco (NER, Blanco) + 12'06"
4) ATAPUMA HURTADO John Darwin (COL, Colombia) + 19'50"
5) ROSA Diego (ITA, Androni-Venezuela) + 32'55"


Classement par équipes :

1) Sky en 238:03'58"
2) Astana + 4'29"
3) Movistar  + 7'27"
4) Lampre-Merida + 10'35"
5) Blanco + 15'06"