Le Tour, 100 éditions d'émotions - 1er épisode, 1903-1914 : le commencement

Le Tour n'a pas construit sa légende en un jour. Mais en 100 éditions. Anecdotes croustillantes, hommages au grands champions... "Le Tour, 100 éditions d'émotion", chronique. Premier épisode.

Le Tour, 100 éditions d'émotions - 1er épisode, 1903-1914 : le commencement
Le Tour de France 1903
À l'origine, le pari d'Henri Desgrange est fou. Organiser un Tour de France long de plus de 2000 km et de 6 étapes. Quelque chose jusque-là jamais organisé. Mais il y a quelque chose que vous ne savez sûrement pas, c'est qu'il ne fut pas le seul investigateur du projet. C'est Géo Lefèvre qui eu l'idée en premier mais ce fut grâce à Henri Desgrange que le projet est devenu réalité et son journal L'Auto. L'épreuve eu pourtant du mal à débuter. Initialement prévue du 1er juin au 5 juillet, l'épreuve débutera finalement le 1er juillet. Outre les concurrents inscrits pour les 6 étapes du Tour, viennent s'ajouter les coureurs partiels, soit inscrits à l'étape. 76 concurrents pour le Tour en entier et jusqu'à 13 coureurs partiels pour l'étape Toulouse-Bordeaux. La 4ème étape de cette première édition était la plus courte mais à faire pâlir de nombreux coureurs actuels : 268 km. De nombreuses spécificités à cette époque. Les entraîneurs étaient par exemple interdits. La course continuait de nuit. L'assistance était interdite, la Gendarmerie Nationale absente, les équipes pas encores présentes.
 
 
1903 : Maurice Garin de bout en bout
 
Mais le Tour de France était bien là. Et L'Auto, le journal organisateur son plus grand promoteur. Cette course devenait la plus longue de France, devant les populaires Paris-Bordeaux et Paris-Roubaix. 76 concurrents donc au départ. Mais pas autant à l'arrivée. Crevaisons et disqualification auront eu raison de bon nombre de concurrents. Car oui, avec cette première édition arrive aussi son lot de tricherie. Aide des voitures, jets de clous de tapissier et même voyages en train sont au programme. Les organisateurs ne sont pas dupes et détectent la majorité des tricheries.
 
Sur les routes, le succès est aussi au rendez-vous. Chaque jour, de plus en plus de monde se presse sur les routes. Jusqu'à 100 000 sur la dernière étape. Quelque chose d'énorme quand on sait qu'à l'époque, les congés payés n'existent pas. Pour parler de la course, c'est Maurice Garin qui s'impose. Personne ne pourra lui reprocher de ne pas avoir dominé ce Tour. Leader durant toute cette édition, bouclant chaque étape en moins d'un jour, 4 étapes remportées dont la dernière, Nantes-Paris longue de presque 500 kilomètres. Ce qui impressionne le plus, c'est la moyenne horaire : 25 km/h avec un vélo de 20 kg ! Performance exceptionnelle pour l'époque, l'Histoire du Tour est lancée !
 
 
1904 : Tout proche de la fin
 
On fut cette fois-ci trés proche de la fin de la Grande Boucle. L'épreuve est victime de son succés et les spectateurs veulent avoir un rôle à jouer. Hommes masqués qui attaquent Maurice Garin et Lucien Pothier ; 200 personnes qui bloquent la route pour permettre au local de l'emporter ; lancer de pierre sur les coureurs ; clous sur la route... ce qui découraga Henri Desgrange, l'organisateur de l'épreuve. En plus de ces retardements, les problèmes de tricherie ont émaillés ce second tour. Il y eu un classement avant et après ces découvertes de tricheries. Avant ces révélations, Maurice Garin était le solide vainqueur en ayant dominé toute la course. Hippolyte Aucouturier avait lui remporté 4 étapes mais se classait 4ème.
 
Mais voilà, des tricheries ont eus lieu et le classement définitif n'arriva qu'en décembre. Desgrange pensa même arrêter le Tour, découragé. Des agissements en faveur de l'équipe La Française (dont Garin fait partie) ont eus lieu. Huit coureurs (dont les 4 premiers du général) sont déclassés et même suspendus. Henri Desgranges écrit des articles pour son journal et critique vivement l'attitude des spectateurs. Maurice Garin écope d'une suspension de 2 ans. Lucien Pothier, 2ème écope d'une suspension à vie avant qu'elle soit ramenée à 3 ans. Au total, 28 coureurs sont disqualifiés. Et c'est finalement Henri Cornet, 5ème du classement général qui s'impose. La suite ne sera pourtant pas si heureuse pour lui. Il disputera sept autres Tour de France et ne jouera un rôle important sur aucun.
 

1905 : L'arrivée de la montagne
 
Les sanctions après le dernier Tour sont arrivées. Dorénavant, le classement sera par points et non plus sur le temps général. Des innovations pour éviter ces tricheries arrivent aussi. Les étapes sont raccourcies afin qu'aucun concurrent ne coure la nuit. Pour équilibrer la chose, le nombre d'étapes passe de 6 à 11. Le système de points est assez complexe. Il faut en avoir le moins possible. Le premier, vainqueur de l'étape, remporte 1 point. Chaque arrivant suivant en empoche un de plus que le précédent (5 points pour le 5ème, 22 pour le 22ème…). Mais en plus de ça, un coureur se voit infliger 1 point s'il arrive 5 minutes après son concurrent précédent (si le 6ème arrive par exemple 6 minutes après le 5ème, il prend 5 points), ceci est de 2 points pour 10 minutes, 3 pour 15 minutes… jusqu'au maximum de 10 points.
 
Hippolyte Aucouturier, initialement non partant au vu de sa suspension sera bien là mais il aura été "averti et réprimandé". Il est bien évidemment le favori vu l'absence de Maurice Garin. Bien qu'il vienne de remporter Paris-Roubaix, Louis Trousselier n'est qu'un outsider. Le peloton est lui presque intégralement français, seuls 2 belges tentant l'aventure. Certains spectateurs sont encore mécontents en expriment leur stupidité en jetant 125kg de clous sur la chaussée lors de la 1ère étape. Tous les coureurs crèvent sauf Jean-Baptiste Dortignacq. Seuls 16 arrivent des 60 cyclistes arrivent dans les délais. 15 autres sont arrivés hors-délai et le reste a pris le train. Henri Desgrange voulut d'abord exclure toutes les personnes hors-délai. Cependant, ceux-ci réussirent à le faire changer d'avis et tous les coureurs prirent le départ le lendemain. Louis Trousselier remporte finalement cette première étape. Et une des choses les plus extraordinaires dans cette histoire est que ce dernier travaille pour l'Armée. Et qu'il a dû prendre un congé pour participer à cette étape. Ses supérieurs ayant vus qu'il était premier et qu'il était en tête du classement général, il eut la permission de participer à tout ce Tour.
 
Il le remportera même. La septième étape fut même une de ses plus fameuses victoires. Après quelques kilomètres, Trousselier crève et le peloton s'éloigne rapidement de lui. Il doit rouler seul pendant 10 kilomètres. Il le fera, reviendra sur le peloton à quelques kilomètres de la ligne et s'imposera avec la manière. Ce Tour de France fut une réussite. L'arrivée de la montagne, bien que seulement dans les Vosges sera une vive réussite. Le classement par points séduits et il sera à l'origine du toujours actif classement par point du Maillot Vert et du classement du Meilleur Grimpeur.
 

1906 : Pottier, Pottier, Pottier
 
Quelques innovations à prévoir dans cette nouvelle édition. Tout d'abord, 2 nouvelles étapes sont ajoutées et le Massif Central est au parcours. Et contrairement aux premières éditions, un coureur qui abandonne ne peut plus débuter l'étape suivante. Pour Henri Desgrange, si le Tour de France doit être la plus grande course au monde, il faudra enregistrer le plus petit nombre d'arrivants. "La foule n'aime rien d'autre que les échanges les plus rudes, les combats les plus exaltants, le suspense, la bravoure. En regagnant Paris avec un nombre d'arrivants trop élevé, on ne parviendra jamais à convaincre les Français que leur Tour de France est vraiment la plus grande course du monde."  détaillait-il. Le système de point reste mais les points sanctionnants les écarts sont abandonnés, étant trop compliqués et empêchant les sprint entre 2 concurrents arrivant en même temps. Les concurrents visitent également pour la première fois un pays étranger, l'Alsace étant alors allemande. Enfin, la flamme rouge, qui indique aux coureurs qu'il ne leur reste plus qu'un kilomètre à parcourir apparaît. Elle est toujours présente.
 
Le titre résume bien ce Tour. De bout en bout, René Pottier a imprimé sa patte. En remportant 4 étapes et en étant en tête lors de toute cette édition excepté la première étape, il aura dégoûté ses adversaires. Ce qui aura aussi dégoûté bon nombre de personnes, c'est toujours ces stupides personnes qui s'amusent encore à mettre des clous sur la route. L'Auto, journal organisateur titrera alors "Hooligan". Pour revenir à la course, René Pottier aura perdu 58 minutes dans la deuxième étape pour réparer un problème mécanique et le peloton aura roulé sans relâche pour le distancer. Mais Pottier aura réussi à faire une remontée, 150 klilomètres tout seul pour revenir sur le peloton, le distancer et remporter l'étape. Géant.

 
1907 : Petit-Breton surprend son monde
 
René Pottier n'est plus là. Il s'est suicidé dans l'année pour un chagrin d'amour. Pour les innovations, les clous ne sont pas présents (tiens), le Tour s'incruste pour la première fois de son histoire en Suisse et Metz, en territoire allemand depuis 1871 est la première ville-étape étrangère. Des coureurs "touristes" sont inscrits. Le plus célèbre d'entre eux fut sûrement Henri Pépin. Il a engagé deux coureurs pour lui engager la conversation. Il considère la course comme une promenade. Il s'arrête pour déjeuner et dort le soir dans les meilleurs hôtels. Anecdote toujours, le chauffeur d'Henri Desgrange s'est endormi au volant. Fatigué de journées de 12 heures à suivre les coureurs à allure modéré, il s'assoupit, perdit le contrôle de son véhicule et percuta un enfant et il envoya un coureur au tapis.
 
Pour revenir à la course, Louis Trousselier, François Faber et Émile Georget sont les grands favoris. Georget est sanctionné de 44 points par les commissaires le 26 juillet alors qu'il est en tête. Il a changé de vélo lors de l'étape Toulouse-Bayonne, ce qui est strictement interdit vu que l'assisstance n'est pas autorisée. L'équipe rivale, Alcyon ne veut pas entendre la sanction de cette manière. Pour eux, c'est l'abandon de Georget. Les organisateurs ne l'entendent pas de cette oreille ce qui provoque le forfait de cette équipe. Du coup, c'est le surprenant Lucien Petit-Breton qui prend la tête. Petit-Breton, qui s'appelle en fait Lucien Mazan courre sans sponsor ni équipe. Peu connu malgré des victoires d'étapes , il termine dans les 3 premiers des dernières étapes et n'est plus inquiété.
 
 
1908 : Petit-Breton fait le doublé
 
Le parcours est exactement le même que l'édition précédente. Les marques se livrent depuis la création de l'épreuve une compétition farouche. Peugeot, Alcyon et Labor en sont les plus célèbres. Mais c'est Peugeot qui écrase la concurrence, plaçant quatre de ses coureurs aux quatres premières places. Les cadres sont fournis par l'organisation pour que tous les coureurs soient égaux, dixit Desgrange. Les mauvaises habitudes reprennent, des clous sont lancés sur la route. Et chose trés rare, lors de la 4ème étape le 19 juillet, les coureurs sont arrivés à Lyon sous une tempête de neige. Signe que le mauvais temps actuel n'est pas si terrible que celà. Lucien Petit-Breton remporte lui la course dans un fauteuil. Mais le soir de la victoire, il annoncera en pointant du doigt François Faber "C'est lui qui gagnera l'an prochain. J'ai décidé de passer la main..." L'avenir lui donna raison.
 
 
1909 : Il y a Faber... et les autres
 
François Faber, qui avait toujours terminé dans les 10 premiers lors de l'édition précédente voit-là un avènement pour sa carrière.  Le Luxembourgeois survole le Tour. Seulement 37 points et ce fut la première victoire étrangère sur la Grande Boucle. Alcyon place 5 de ses coureurs aux 5 premières places, Peugeot n'ayant pas aligné d'équipe. Le parcours est lui le même que les deux précédentes éditions. Les spectateurs sont eux trés présents. 100 000 sont recensés à l'arrivée finale. Ceci confirme que chaque année, le Tour séduit de plus en plus et que l'arrêt bien évidemment plus envisagé. Autre petite anecdote, la photo de face et de profil devient obligatoire pour chaque coureur. Pas de vraie explication mais certains racontent que ceci a permis d'enrichir la phototèque de l'Auto. Les "isolés" sont eux présents pour la première fois. Ils n'appartient à aucune écurie et sont condannés à se débrouiller seuls. Pour eux, rien n'est prévu et rien ne leur est pardonné.
 
 
1910 : "Vous êtes tous des assassins !"
 
Le Tourmalet, l'Aubisque, Peyresourde et l'Aspin sont pour la première fois parcourus par les cyclistes du Tour de France. Onze cols au total, dont Octave Lapize se sort bien. Mais au sommet de l'Aubisque, ce dernier prononcera la phrase désormais célèbre "Vous êtes tous des assassins !". Octave Lapize, trés bon en montagne comme précédemment évoqué remporte le Tour avec 58 minutes d'avance mais le classement est encore aux points et il n'a que 4 points d'avance sur Faber. Il ne remportera plus jamais le Tour de France mais sa phrase restera mythique.
 
En effet, cette idée de faire passer les coureurs dans les Pyrénées était folle. Elle était même cruelle. Elle contribuera à la légende du Tour. Alphonse Steinès est le vrai contributeur de cette avancée. Quelques jours avant le peloton, il alla dans le col du Tourmalet pour voir si ceci était pratiquable. Il est vite arrêté par une couche de 4 mètres de neige. Il traverse tout de même à pied le col et en sort à 3 heures du matin. Des guides étaient partis à sa recherche et le retrouver sain et sauf fut pour eux un soulagement. De plus, ce même Steinès ne manqua pas de culot et redescendu adressera un télégramme à Desgranges "Passé Toumalet. Stop. Trés bonne route. Stop. Parfaitement pratiquable. Stop.". Ceci contribuera un peu plus à la légende du Tour.  Pour ce qui est de l'organisation, l'organisation veille à ce que les retardataires continuent bien par leurs propres moyens. La voiture-balai est donc mise en service. Elle est encore présente actuellement et ce dans toutes les grandes courses. Mais le Tour de France aura aussi la concurrence d'un autre Tour de France, "le Tour des indépendants". Il enregistrera jusqu'à 650 enaggés, soit bien plus que le véritable Tour de France.
 
 
1911 : Ce fut Monsieur Garrigou
 
Le nombre de kilomètres passe pour la première fois au desus des 5000 kilomètres. Des coureurs utilisent pour la première fois le système de changement de vitesse mais ils n'en tirent pas avantage. Et le Tour passe pour la première fois sur le col du Galibier, col qui est pratiquement chaque année au programme maintenant.  Pour parler de la course, Gustave Garrigou éclipse François Faber, leader après la 3ème étape. Il devient leader et ne quittera plus cette place. Aucune contestation possible. Par contre, du niveau des équipes, à signaler le retour de "La Française" qui redonne un peu de piquant à la course.
 
 
1912 : Il Defraye la chronique
 
Ce Tour fut celui des réclamations. Par exemple, le belge Firmin Lambot recevra des points de pénalité car un spectateur lui aura tenu son vélo. Les coureurs doivent être autonomes et une aide, si infime soit-elle n'est pas tolérée. 10 formations de marques avec 5 coureurs chacunes sont aussi au départ. Le changement de vitesse apparaît petit à petit mais Desgranges trouve cette innovation inutile. Tout comme la roue libre, selon Desgrange "Sur les 379 kilomètres que comportait cette étape, j'estime que certains n'en ont pas accompli la moitié en appuyant sur les pédales. C'est la roue libre et elle seule qui fait le reste." Aujourd'hui, cette innovation est loin d'être en cause et elle est une aide précieuse pour les cyclistes. Pour ce qui est de la course, les Belges se sont massivements inscrits. Et ce fut un des leurs qui s'est imposé.  Odile Defraye, en tête dés la 3ème étape assurera sa victoire avec la victoire sur l'étape de Luchon, ce qui démobilesera quelques uns de ses adversaires.
 
 
1913 : Il a Thyssé sa toile
 
Retour au classement au temps, une décision applaudie par tout ceux qui jugaient le classement par points comme une grande injustice. Odile Defraye, le précédent vainqueur Odile Defraye abandonne le soir de l'étape Bayonne-Luchon. Le directeur sportif d'Alcyon décide alors de retirer le reste de son équipe. Ce fut la même chose pour La Française, avec le rennoncement de Lapize au soir de la 4ème étape. Philippe Thys sort une performance exceptionnelle et il s'impose en authentique champion. 200 000 parisiens l'accueillent le jour de la dernière étape, ce qui confirme l'énorme succés populaire. Ce qui a aussi surpris dans ce 11ème Tour, c'est l'abnégation d'Eugène Christophe. Après avoir descendu une pente de 14 kilomètres avec son vélo sur le dos et alors qu'il sait que ses chances de remporter le Tour sont entérées, le Français va réparer sa fourche et refuser l'aide du forgeron, ce qui l'aurait disqualifié. Christophe monte ensuite sur son vélo, gravit le col d'Aspin, puis celui de Peyresourde et arrive pleine puissance à Luchon. Lui aussi est un véritable champion.
 
 
1914 : Pour 109 secondes...
 
5405 kilomètres, plus de 200 heures d'efforts acharnés. Et au final, seulement 1 minute 49 séparent Philippe Thys de son malheureux dauphin Henri Pélissier. Ce dernier gardera en travers de sa gorge toute sa vie. Avant de se venger... Mais il faudra admettre que Thys aura été leader de la course de la première à la dernière étape. Encore une innovation. En l'absence de Gendarmerie Nationale comme c'est actuellement le cas, les coureurs disposent chacun d'un sifflet pour prévenir les automobilistes lors des descentes de leur passage.
 
Mais quelques jours suivant ce Tour de France, la Première Guerre Mondiale commence et Henri Desgrange annoncera même dans le journal L'Auto un carnage "Mes p'tis gars, écoutez-moi. Je ne vous ai jamais donné de mauvais conseils. Il n'est pas possible qu'un Français puisse succomber devant un Allemand !". A 50 ans, Desgranges s'engagera comme volontaire.
 
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