Les Outsiders et Troubles-fêtes du Tour de France 2013

Ils sont plusieurs à vouloir bousculer la hiérarchie déjà établie, qui sont-ils? Qui sont ces coureurs qui peuvent mettre le feu chez les leaders? Décryptage

Les Outsiders et Troubles-fêtes du Tour de France 2013
Alejandro Valverde est certainement l'un des coureurs les plus dangereux pour les favoris.

Alejandro Valverde et Nairo Quintana "la folie Latino-Colombienne" : on ne parle pas vraiment d'eux, mais ce sont certainement les deux seuls coureurs capables de bousculer la hiérarchie établie. D'un côté le punch Ibérique, de l'autre l'avion Colombien. Ce duo pourrait faire mal en montagne. Revanchard après un Tour de France 2011 raté (malgré une victoire étape) Alejandro Valverde vient en quête d'un top 8 voir mieux, il en a les capacités. Certaines arrivées correspondent à son profil et ce très tôt dans le tour (3ème étape). Le Murcien, auteur d'une très bonne campagne dans les Ardennaises en avril dernier, est attendu au tournant. Il sait qu'il a les capacités pour être très haut dans le classement, à lui de le démontrer. L'autre force de frappe de la formation Espagnole, c'est son petit prodige Colombien, Nairo Quintana. Le grimpeur de poche va découvrir son premier Tour de France à 23 ans, il fait clairement partie des favoris pour le maillot de meilleur jeune mais aussi pour le maillot à pois. Candidat crédible au top 10, l'ancien vainqueur du Tour de l'Avenir s'est montré très discret depuis le début de saison, dans l'objectif d'être au top physiquement en juillet? En tout cas, le grimpeur de Combita va faire parler la poudre durant toute la Grande Boucle, son caractère offensif pourrait bien désarçonner la machine SKY. 

Thibault Pinot "l'étoile montante du cyclisme Français" : 28 ans après la dernière victoire Française sur le Tour, le Cyclisme Français cherche toujours un successeur au "Blaireau" Bernard Hinault. Il l'a certainement trouvé, en la personne de Thibault Pinot. Mais soyons clair, ce ne sera pas cette année. Mais dans les années à venir qui sait, à 23 ans, le grimpeur de la FDJ n'en finit pas d'épater son monde, lui qui l'an passé, pour son premier tour, terminait à la 10ème place au général. Empochant également une victoire d'étape et terminant deuxième meilleur jeune derrière l'Américain Tejay Van Garderen. Le Belfortain à pris de la bouteille, son objectif est clairement un top 10 plus une nouvelle victoire d'étape. Car pour l'instant, le coureur de Marc Madiot ne peut pas rivaliser avec les membres du top 5, friable en contre la montre, descendeur moyen, Pinot n'a pas encore les armes pour inquiéter la hiérarchie. Capable de suivre les meilleurs en montagne, voir même parfois d'attaquer, le jeune Français impressionne par sa maturité et son talent très précoce. Il a le potentiel pour gagner un grand tour, c'est une certitude. A lui maintenant d'effacer ses lacunes. 

Jakob Fuglsang "le fantôme Danois" : pour les médias, Jakob Fuglsang a tout du coureur secondaire, capable de faire des coups, mais sans plus. Il est vrai que l'ancien protégé de Bjarne Riis a trop été mis sur le devant de la scène dès son passage professionnel, considéré comme le successeur de l'ancienne gloire Danoise (au passé bien sommaire) Fugslang a trop de pression et malgré un bon début de carrière, le Danois né en Suisse à Berne, stagne. Son meilleur résultat en Grand Tour reste sa 11ème place à la Vuelta 2011. Il est vrai qu'il a été souvent le coéquipier modèle de ses leaders. Mais à 28 ans, sa carrière commence à avancer, recruté l'hiver dernier par la Team Astana d'Alexandre Vinokourouv en tant que leader pour les courses à étapes, Jakob Fuglsang sait qu'il devra satisfaire ses dirigeants en juillet, Vincenzo Nibali absent, Janez Brajkovic en dedans. Le grimpeur-rouleur Danois a les cartes en main pour réaliser un bon classement général. Il serait temps. 

Pierre Rolland "la constance" : après un début de carrière difficile, marqué par une irrégularité flagrante, sans doute à cause de son "étiquette" de futur Bernard Hinault qu'il avait du mal à porter. Mais depuis le coureur d'Europcar a évolué, le tournant de sa carrière est sans doute venue lors du TDF 2011 ou Pierrot aida Thomas alors maillot jaune du tour dans les Pyrénées et dans les Alpes. Depuis l'Orléanais est une des valeurs sûres du cyclisme Français, régulier dans ses performances, le grimpeur est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs coureurs Français sur les courses par étapes. À quasiment 27 ans, il est peut-être temps d'aller chercher un top 5 sur le Tour.

Daniel Navarro, Rein Taaramäe, Jérôme Coppel, Christophe Le Mevel "le collectif Cofidis" : certainement un des meilleurs collectifs sur le papier en montagne, la formation Nordiste qui l'hiver dernier a sortie le chéquier pour s'offrir notamment un Daniel Navarro, un Jérôme Coppel et un Christophe Le Mevel. Pour l'instant ça ne paye pas, sauf pour le premier cité, auteur d'un excellent Dauphiné Libéré, l'ex-lieutenant d'Alberto Contador joue désormais sa carte personnel au sein des rouges et blanc, cependant il devra partager sur le tour l'étiquette d'électron libre et d'équipier-modèle pour Rein Taaramäe et Jérôme Coppel. Les deux leaders désignés pour le Tour, mais l'Estonien et le Français n'ont guère convaincu pour l'instant, ce qui pourrait bien redistribuer les rôles. Mais ce qui est sûr, c'est que si ces 4 hommes sont en forme, ils pourraient faire tourner quelques têtes dans les ascensions. 

Jean-Christophe Péraud "la valeur sûre" : le vététiste reconverti sur la route est le profil de coureur capable d'être régulier pendant 3 semaines de course, à 36 ans, "JC" est le leader désigné pour ce Tour de France. Ses qualités de grimpeur et de rouleur seront importantes, il pourra compter sur plusieurs aides en montagne : John Gadret, Romain Bardet ou encore Maxime Bouet. Son objectif? Être au moins dans les 10, le seul hic à l'heure où l'on parle, c'est que Jean-Christophe Péraud réalise pour l'instant une saison en dents de scie, il reste sur une honnête 13ème place sur le dernier Tour de Suisse, mais on a senti encore un manque de tonus, sachant que le plateau n'était pas aussi relevé qu'il en avait l'air. 

Bauke Mollema "leader par défaut" : un Blanco? Clairement les spécialistes  répondront Robert Gesink, la logique. Mais voilà, la donne a changé chez la formation Néerlandaise, c'est tombé il y a peu, mais les dirigeants de la la Blanco ont décidé de propulser Bauke Mollema leader sur le Tour de France. Un choix assez curieux, cependant on remarque que le natif de Groningue est dans une forme ascendante, il vient de finir à la 2ème place du Tour de Suisse mais en montrant notamment des capacités à suivre en montagne et surtout à réaliser un excellent chrono montagneux lors de la dernière étape. Mollema profite de la méforme actuelle de Robert Gesink, le Néerlandais qui décidément n'y arrive pas en ce début de saison. Sa meilleure performance reste à ce jour une 3ème place sur le Trofeo Déia et une 6ème place au général sur le Tour de Catalogne. Les rôles sont redistribués chez Blanco, espérons que pour une fois, cela paye.

Igor Anton "Le Basque" : c'est certainement l'un des meilleurs grimpeurs de la planète, capable de faire des différences sur des pourcentages extrèmes. Mais depuis 1 an, l'enfant de Galdako stagne. Sa 9ème place sur la Vuelta l'an dernier est un peu l'arbre qui cache la forêt. Le grimpeur d'Euskatel est dans le doute. Il vient cette année sur le Tour, 4 ans après l'avoir quitté sur une 66ème place peu flatteuse. Mais à l'époque, il n'était pas vraiment leader de la formation espagnole. Depuis la donne a changée, mais ce qui est sûr, c'est qu'une place dans le top 15 est quasiment acquise si Igor Anton tient 3 semaines. Sinon il devra se reporter sur une étape et pourquoi pas sur le maillot à pois, un maillot qui n'a pas vraiment une grande importance pour les leaders. Réponse dans 1 mois pour Igor. 

Richie Porte et Michael Rogers : ce sont les lieutenants des deux favoris du Tour de France 2013, Chris Froome et Alberto Contador. Deux garçons d'origine Australienne, ils sont à peu près similaire, des spécialistes du contre la montre et bon en montagne. Le coureur de la SKY qui a retrouvé ses qualités en cette année 2013, vainqueur de Paris-Nice et 2ème du Dauphiné, 2ème du Pays Basque. En cas de défaillance de son leader, il semble capable de tenir les reines de la formation Britannique sur le Tour. Même situation pour Michael Rogers, après quelques saisons à jouer l'équipier de luxe à la SKY, le natif de Barham a retrouvé les premiers rôles chez la Saxo-Tinkoff. Il a démontré sur le dernier Dauphiné une grande aisance, faisant même travailler pour lui Alberto Contador. El Pistolero aura vraiment besoin de Rogers sur la Grande Boucle.