Greg Van Avermaet, éternel second ?

Si on vous dit "coureur cycliste Belge", vous pensez forcément aux grandes gloires, mais si on axe sur les années 2000, vous pensez forcément à Tom Boonen, Philippe Gilbert ? Pourtant Greg Van Avermaet a un beau palmarès, avec notamment une victoire sur Paris-Tours 2011. Néanmoins, le natif de Lokeren aurait pu en avoir bien plus grand.

Greg Van Avermaet, éternel second ?
Greg Van Avermaet, éternel second ?

On peut reprocher une petite chose à Greg Van Avermaet depuis le début de sa carrière, c'est son manque de grandes victoires. Seulement une à son palmarès, Paris-Tours en 2011. Et ensuite ? Beaucoup de places d'honneur. Neuvième de Milan San-Remo en 2011, quatrième de Paris-Roubaix en 2013...

On peut désormais ajouter une seconde place, c'était le weekend dernier lors du Tour des Flandres, où le coureur de la BMC a échoué d'une longueur face au "maitre des pavés", le Suisse Fabian Cancellara. Pourtant, et comme souvent, le Belge semblait en très bonne voie de remporter (enfin) une grande classique. Là encore, il vient mourir en seconde position, derrière certes, l'épouvantail Cancellara, après un grand numéro aux côtés de Stijn Vandenbergh. 

Ce n'est pas la première fois que cela lui arrive, d'autres courses ont démontré que l'ancien coureur de chez Lotto, à parfois tenter, mais n'a pas été souvent récompensé à sa juste valeur. Coureur passe partout, pouvant évoluer sur différents terrains, Greg Van Avermaet est capable de passer les côtés difficiles et les secteurs pavés sans le moindre souci. Cela lui a permis par exemple de finir septième de Liège-Bastogne-Liège en 2011, ou encore troisième de la Clasica San Sebastian la même année. Régulier tout au long de la saison, il est le coureur parfait pour jouer les troubles fêtes en cas de mauvaise forme de son coéquipier dans la formation Américaine, Philippe Gilbert. Attaquant dans l'âme, Greg Van Avermaet manque parfois de sens tactique, qui lui coûte sans doute quelques bouquets. Que ça soit sur des tours d'une semaine, les classiques d'un jour ou sur les grands tours. 

Fer de lance sur les Flandriennes et observé désormais par ses adversaires les plus féroces à la victoire, le Belge se sait attendu. Dimanche sur Paris-Roubaix, il est dans la position d'outsider, mais sa récente performance sur le Tour des Flandres, a été vu par tous. S'il veut pourquoi pas se battre pour la victoire sur le vélodrome de Roubaix aux côtés des Cancellara, Sagan, Boonen, Vanmarcke, il devra attaquer, tenter, et la jouer stratégique. Au risque de tout perdre, comme l'ont été ses prédécesseurs Belges avant lui. Sa pointe de vitesse peut également jouer en sa faveur en cas d'arrivée en petit groupe, néanmoins ça n'a pas été le cas au Tour des Flandres. Si ce scénario se produisait, il pourrait très bien gamberger et s'incliner encore, chose qu'il a rappelée dans la presse Belge. 

« Après les 2es places au Circuit Het Nieuwsblad et au Tour des Flandres, je sais que je peux gagner. J'ai retenu la leçon de mes erreurs de l'an dernier et je me suis entraîné cet hiver sur la piste de Gand afin de ne plus être handicapé dans un sprint sur le vélodrome de Roubaix en partant en tête. Je me sens prêt. »

 A maintenant 28 ans et huit ans chez les pros, il serait temps pour Greg Van Avermaet de toucher enfin le bonheur suprême, celui de glaner la victoire référence de sa carrière. Il a encore le temps devant lui, mais il n'en est plus très loin, et si c'était dès dimanche à la surprise générale devant les goliaths Cancellara, Sagan ? Le parcours lui convient parfaitement, et le marquage des favoris pourrait grandement lui servir. Accompagné par une équipe entièrement dévouée à son service, avec Thor Hushovd (3e en 2009, 2e en 2010), Marcus Burghardt, Manuel Quinziato ou encore Taylor Phinney qui l'accompagneront jusque très loin dans la course.  

Cantonné aux places de second, de troisième, voire de quatrième. Le cycliste Belge de la BMC le sait mieux que quiconque, il a le talent pour remporter un "monument" du cyclisme mondial. Encore faut-il être placé au bon endroit, au bon moment, éviter les chutes, les crevaisons. Des scénarios multiples qui peuvent arriver même aux cadors du peloton et qui peuvent les déstabiliser. Van Avermaet n'est pas le plus fort, en revanche il est sans doute un des plus malins sur ce type de course, qui sait ce que l'Enfer du Nord lui réserve dimanche ? Il doit désormais abattre sa dernière carte sur les Flandriennes, au risque de finir encore deuxième ou troisième et d'être l'éternel second...