Sky doit viser les sommets

Après une saison 2014 compliquée, le Team Sky entend bien prendre sa revanche. Pour ce faire, l’équipe managée par David Brailsford a recruté costaud.

Sky doit viser les sommets
Le Team Sky doit faire mieux pour 2015. / © Cyclingweekly.co.uk

Le cyclisme est un sport imprévisible. Parfois, les éléments jouent en votre faveur, parfois c’est l’inverse. Surtout quand l’ambition est là. Avec le plus gros budget du peloton (18M€), Sky a cloturé sa saison à la neuvième place du World Tour en ayant gagné seulement 27 fois. A titre de comparaison, l'équipe de Mark Cavendish, Omega Pharma-Quick Step a levé les bras à 63 reprises. Un constat inquiétant. Et les causes d’une saison décevante sont nombreuses. Christopher Froome a eu du mal à digérer sa victoire sur le Tour de France. Quant à Bradley Wiggins, il n’a pointé le bout de son nez que pour devenir champion du monde du contre-la-montre. « Il y a eu des hauts et des bas cette saison, mais nous avons quand même eu de belles victoires » a reconnu l’équipe Sky sur son compte Facebook, le 7 novembre dernier. Mais ce manque de victoires est surtout du à une vraie priorité donnée à la montagne et donc, aux grimpeurs. Et cette année, les recrues doivent être capables d’endosser un rôle de leader en cas de pépin.

Les biens nommés sont Nicolas Roche, Leopold König, et Wouter Poels. 

Nicolas Roche : 

L’Irlandais est habitué à un rôle d’équipier de luxe. Mais il a montré en 2013 qu’il pouvait aussi faire mieux. Cinquième de la Vuelta et vainqueur d’une étape, il reste un coureur efficace. Roche est capable de dynamiter une course, de faire exploser un peloton, n’hésitant pas à se sacrifier. Il a été habitué à une certaine discipline depuis son arrivée chez Tinkoff sous l’égide d’Alberto Contador. Il en sera de même chez Sky. Mais attention. L’avantage avec Roche, c’est qu’il peut surprendre. Il peut partir dans une longue échappée et gagner en costaud. Un grosse valeur ajoutée pour l’effectif. 

Leopold König :

C’est un gros coup. Le Tchèque de 27 ans a surpris son monde sur les routes de la Vuelta en 2013 (9è) et a confirmé tout son potentiel lors du dernier Tour de France. Septième de la Grande Boucle, il pourrait bien avoir un rôle de leader sur le Tour d'Espagne. Ce transfert reste tout de même un choix de carrière étonnant pour König puisqu’il pourrait sûrement être un leader à plein temps dans la plupart des écuries World Tour. Une fois de plus, Sky tente d’élargir sa gamme de grimpeur. Un de plus, ça ne peut pas faire de mal.

Wouter Poels : 

Si il n’est pas aussi solide que Roche ou König, Poels est un coureur besogneux. Pas question ici de recruter un leader, mais de remplacer Dario Cataldo. A 27 ans, il a fait ses preuves chez Vacansoleil, mais a souvent montré quelques limites l'empêchant de cotoyer les meilleurs. Le Néerlandais endossera le rôle du bon grimpeur, capable de partir en montagne, sans aucune ambition personnelle.

Les autres : 

Lars-Petter Nordhaug vient combler le départ de Boasson Hagen dans l’effectif. Assez peu connu du grand public, le Norvégien est un puncheur. Complet, il est capable de sortir pour jouer le kilomètre et s’imposer. Nordhaug connaît bien la maison Sky, dont il a fait partie de 2010 à 2012 avant de s'éclipser chez Belkin.

La dernière arrivée est celle d’Andrew Fenn. Le jeune britannique de 23 ans est un pistard, comme souvent Outre-Manche. Son profil est celui d’un rouleur/puncheur. Vainqueur de Paris-Roubaix chez les juniors, il pourrait bien se révéler comme un bon flandrien, si on lui laisse sa chance. 

Des départs logiques 

On compte pour l’instant seulement trois départs. Et si ces hommes s'en vont, c'est à cause d'un vrai manque de résultats.

Le plus connu, Edvald Boasson Hagen, s’en va chez les sud-africains d’MTN-Qhubeka. Impressionnant en 2012, moins bon en 2013, il n’a pas gagné cette année. et veut se relancer en Continental Pro, la division inférieure. Du côté de Dario Cataldo, il a rendu de bons et loyaux services, durant ses deux ans passés sous le maillot ciel. Mais force est de constater que l’Italien a été en retrait, après un Giro décevant. Il rejoint l’équipe Astana de Vincenzo Nibali. Enfin, Joe Dombrowski, vainqueur du « Baby Giro » 2012 — l’équivalent du Tour de l’Avenir, en Italie —  n’a pas réussi à s’adapter. Il intègre Garmin-Cannondale. 

Un vrai message 

Avec de nombreux renforts, Sky veut repartir sur de bonnes bases. Mais ce recrutement est également un message fort aux coureurs qui vont rester et qui ont déçus. Finies les hiérarchies incontestées.

Si Christopher Froome conservera son leadership, attention à ne pas reproduire les erreurs de Bradley Wiggins. « Froomey » est souvent apparu comme fragile, manquant de confiance, malgré sa supériorité sur le Tour de Romandie et d’Oman en début de saison. Quant à Richie Porte, il a du souci à se faire. Celui qui devait être le co-leader de Froome lors du Tour a été totalement en-dedans pendant trois semaines. L'Australien avait bien débuté sa saison avec une victoire sur le Tour Down Under, avant de disparaître des écrans radars. Sergio Henao, neuvième du Giro en 2012, n’a pratiquement pas existé. Après une suspension de huit semaines pour anomalies lors d’un contrôle antidopage, le Colombien s’est blessé a un genou en juin, clôturant une saison blanche. Les autres déceptions : les équipiers Zandio, Lopez Garcia, ou Siutsou qui se sont montrés moins impressionnants. Les jeunes aussi, ont encore trop peu de place pour se montrer. Ainsi, on attend beaucoup de Sebastian Henao, petit frère de Sergio, Salvatore Puccio ou encore Joshua Edmondson.