Parcours, coureurs, tout sur le Giro 2015

La 98ème édition du Tour d’Italie débute aujourd’hui par un contre-la-montre par équipes. Il est alors intéressant d’analyser le parcours, mais aussi d’essayer de déterminer les favoris des différents classements. En 2014 la Colombie avait réalisé le doublé au classement général, grâce à Quintana et Uran.

Parcours, coureurs, tout sur le Giro 2015
Un parcours moins montagneux que les années précédentes

Le parcours

21 étapes pour 3286 kilomètres au total jalonneront ce 98ème Tour d’Italie. 43 000 mètres de dénivelé positif sont au programme, de San Remo à Milan (clin d’œil des organisateurs au monument Milan-San Remo), pour alimenter la passion des tifosis, réunis derrière l’espoir du cyclisme italien Fabio Aru. L’épreuve transalpine sera lancée aujourd’hui par un contre-la-montre par équipes de 17km original, car couru sur une piste cyclable. Habituellement réputé comme le plus montagneux des trois Grands Tours, le Giro 2014 ne propose « que » 6 arrivées au sommet. Jusqu’à la dernière semaine, peu d’étapes devraient créer de gros écarts au classement général, à l’exception d’un très long contre-la-montre de presque 60 kilomètres (59,4 pour être exact). Des lieux légendaires devront être domptés par les prétendants à la victoire finale, comme l’Aprica et le Mortirolo (16ème étape) ou le col de Finestre (20ème étape). Ce dernier, proposé à la veille de l’arrivée à Milan, culmine à 2178 mètres d’altitude. Son sommet, situé après 18,5km à 9,2%, est le sommet de ce Giro.

 

Le général (maillot rose)

Alberto Contador (Tinkoff-Saxo) revient cette année sur les routes du Giro pour tenter l’impossible, réaliser le doublé Giro-Tour. Il succéderait alors à Marco Pantani, qui y était parvenu en 1998. Richie Porte, toujours équipier de Wiggins puis Froome sur les courses de trois semaines jusqu’alors, aura enfin les clés en main pour la Sky. L’Australien de 30 ans n’a jamais brillé au général d’un Grand Tour, en connaissant un « jour sans » à chacune de ses participations. Il a cependant remporté depuis janvier deux courses en World Tour, à savoir Paris-Nice et le Tour de Catalogne. Derrière ce duo, deux hommes devraient se disputer la troisième place sur la boîte : Rigoberto Uran (Etixx-Quick Step) et Fabio Aru (Astana) avaient terminé respectivement 2ème et 3ème il y a un an, derrière l’intouchable Nairo Quintana.

Pour les places d’honneur, on retrouvera probablement le coureur Ag2r Domenico Pozzovivo (à surveiller de très près), le récent vainqueur du Tour de Romandie Ilnur Zakarin (très, voire trop, surprenant pour sa première saison en World Tour), les Tchèques König (équipier de luxe de Porte) et Kreuziger, les Espagnols Izaguirre, Landa et Intxausti, le Belge Van Den Broeck, et enfin le surprenant vainqueur canadien de 2012, Ryder Hesjedal.

 

Le classement par points (maillot rouge)

La maglia rossa cherchera cette année un successeur à Nacer Bouhanni. Le coureur français a quitté la FDJ pour cofidis et s’alignera cette saison sur la Grande Boucle. Pour cette édition 2015, le classement par points est calculé de la même manière que sur le Tour de France. Cela signifie que, contrairement à sur la Vuelta, les étapes plates rapportent plus de points (50) que les étapes accidentées (25) ou de haute montagne (20).

Les favoris sont donc les sprinteurs. Parmi eux, Andre Greipel (Lotto-Soudal), qui a gagné une étape sur les sept derniers Grands Tours auxquels il a participé, aura logiquement la pancarte. D’autres sprinteurs seront également de sérieux concurrents dans la lutte pour le maillot rouge. L’Australien Michael Matthews (Orica), fera figure de favori n°1 sur les étapes bosselées mais peut aussi gagner des étapes toutes plates. Juan Jose Lobato (Movistar) et Luka Mezgec (Giant-Alpecin), outsiders, devraient régulièrement apparaître dans le top 10 des étapes. Enfin, les sprinteurs italiens, à domicile, donneront du fil à retordre au gorille de Rostock. Giacomo Nizzolo (Trek Factory Racing), vainqueur récemment de deux étapes à San Luis et en Wallonie, Sacha Modolo (Lampre-Merida), 8 victoires en 2014, et Elia Viviani (Sky), 6 victoires l’an dernier, chercheront tous les trois à remporter pour la première fois de leur carrière une étape dans « leur » Grand Tour.

 

Le classement des grimpeurs (maillot bleu)

Vainqueur du classement de la montagne en 2013, Stefano Pirazzi semble favori pour succéder à Julian Arredondo. Le coureur de l’équipe Bardiani CSF, invitée par les organisateurs, présente un réel profil de baroudeur-grimpeur. Il a remporté l’an dernier la 17ème étape du Giro devant le belge Tim Wellens à Vittorio Veneto. En 2013 il avait également montré ses talents de rouleur en devenant vice-champion d’Italie du contre-la-montre, derrière Marco Pinotti, alors champion national pour la sixième fois dans la discipline.

Pirazzi devra cependant lutter pour prendre les échappées. Les favoris du général (Contador, Aru, Porte voire même Pozzovivo) prendront tous les points à l’arrivée des étapes où les attaquants du jour auront été avalés par le peloton. Il aura aussi à se débarasser d’autres baroudeurs intéressés par le maillot bleu. On pense ici à Yonathan Monsalve, Mikel Landa, Franco Pelizotti, Darwin Atapuma ou encore Igor Anton. Tous ces coureurs, excellents grimpeurs, savent qu’il ne leur sera pas possible de s’imposer à la pédale en montagne. Ils prendront assurément de nombreuses échappées matinales afin de s’offrir des victoires de prestige aux plus hauts sommets de ce Giro, mais aussi dans le but d’engranger des points pour, éventuellement, inscrire leur nom au palmarès de la maglia azzurra.

 

Le classement des jeunes (maillot blanc)

Inutile de débattre pendant des heures sur ce sujet, car sauf accident, Fabio Aru (Astana) devrait succéder à Nairo Quintana au palmarès de la maglia blanca. Chaves, Formolo, Fernandez, Henao voire Elissonde pourront se disputer les places d’honneur. Il sera également intéressant de suivre les premiers pas en Grand Tour de Dayer Quintana, annoncé parfois plus fort que son aîné.

 

Les Français engagés

Au nombre de 14, les Français auront bien du mal à égaler les performances nationales sur l’édition 2014 (maillot rouge pour Bouhanni, 4ème place du général pour Rolland). Kévin Reza (FDJ) essaiera de bien figurer sur les sprints mais il semble presque impossible de le voir décrocher une étape sans anticiper le final. Toujours pour la Française Des Jeux, Kenny Elissonde épaulera en montagne Alexandre Geniez (13ème l’an passé), qui vise un top 15 mais semble capable d’un top 10, sur un parcours qui lui semble favorable. Hubert Dupont (Ag2r) n’a jamais terminé dans le top 10, mais a  très souvent bien figuré en Italie. Il servira de premier lieutenant en montagne à son leader Pozzovivo, 5ème en 2014. Enfin deux vieux briscards de l’équipe IAM, Chavanel et Pineau, tenteront de prendre les échappées pour, idéalement, aller cueillir un bouquet sur les routes transalpines.