Dauphiné 2015 : un avant-goût de juillet

Dimanche, le Dauphiné s'élancera de Savoie pour huit étapes qui feront la part belle à la montagne et qui devraient tenir toutes leurs promesses. Surtout, ce sera là l'occasion de se faire une idée précise de l'état de forme des prétendants au Tour à un mois du départ.

Dauphiné 2015 : un avant-goût de juillet
Dauphiné 2014 (photo Le Dauphiné Libéré)

Les favoris au rendez-vous

Le Dauphiné est la course de préparation au Tour par excellence et l'édition 2015 ne déroge pas à la règle. Froome, Nibali, Valverde, Péraud, Bardet, Van Garderen, les favoris seront tous là ou presque. Thibaut Pinot et Nairo Quintana ont préféré s'aligner sur le Tour de Suisse. De son côté, Alberto Contador, après un mois de mai chargé marqué par une brillante victoire sur le Giro, fait l'impasse pour se reposer et se concentrer sur son objectif de doublé. C'est malgré tout une rude bataille qui s'annonce. Chris Froome, seulement 12ème l'an dernier, revient après un mois sans compétition et a bien l'intention de ne pas laisser passer sa chance, en espérant que les pépins mécaniques l'épargneront. 

Quant à Jean-Christophe Péraud et Romain Bardet, les hommes forts d'AG2R La Mondiale, ils ont de grosses cartes à jouer. A noter aussi la présence de Julian Alaphilippe, le jeune Français qui monte. Brillant sur les dernières classiques, il a maintenant les moyens de viser une place au général sur une course à étapes. Parmi les autres représentants tricolores, il y aura Pierre Rolland, Thomas Voecker et Romain Sicard chez Europcar, Kenny Elissonde à la FDJ ou encore Nacer Bouhanni en chasseur d'étape pour Cofidis.

Un parcours très montagneux

Le tracé laisse peu de places aux sprinteurs qui devront avant tout se concentrer sur la 1ère étape entre Ugine et Albertville dont les difficultés sont abordables. Pour ce qui est du contre-la-montre par équipes de la 3ème étape entre Roanne et Montagny (24,5 km), relativement plat, il semble taillé pour des spécialistes de l'exercice. L'équipe Etixx-Quick Step peut faire la différence avec la présence de Tony Martin dans ses rangs.

Si l'ensemble est très montagneux, certaines étapes peuvent malgré tout permettre à des hommes échappés de l'emporter, les 2ème et 4ème principalement qui font partie des plus longues et dont les arrivées se font en plaine.

Les quatre dernières étapes, en revanche, avec des arrivées au sommet, apparaissent comme l'affaire des grimpeurs et seront très vraisemblablement le théâtre de la lutte pour la victoire. Les choses sérieuses commencent dès la 5ème étape entre Digne-les-Bains et Pra-Loup. La montée de Pra-Loup (6,2 km à 6,5 %), celle-là même où Eddy Merckx s'était illustré en 1975. Avant cela, il faut franchir le col d'Allos, 14 km de montée à une moyenne de 5,5 %. Le peloton devra rivaliser d'endurance lors de l'ascension mais aussi redoubler de vigilance en descente sur cette route particulièrement étroite et sinueuse. Cette étape est importante car elle emprunte exactement le même tracé que la 17ème étape de la Grande Boucle. Une reconnaissance grandeur nature pour les concurrents.

Vient ensuite la 6ème étape, pas la plus ardue, qui comporte 6 difficultés, la plus emblématique étant l'ascension du col du Rousset, 13,8 km à 5,4 % de moyenne.

Le dernier gros morceau de ce Dauphiné, c'est la 7ème étape entre Montmélian et Saint-Gervais Mont Blanc (155 km). Six cols au programme, cinq en catégorie 1 parmi lesquels la Forclaz (8,1 km à 7,8 %) au km 60 et la Croix Fry (11,3 km à 7 %) au km 94,5. L'ascension finale vers Saint-Gervais, la montée du Bettex (7 km à 7,7 %), viendra achever cette étape qui promet d'être éprouvante pour les organismes après six jours de course.

Enfin, si la 8ème étape est relativement abordable, la montée vers Modane Valfréjus (8,4 km à 5,7 %) peut être l'occasion d'ultimes attaques si les écarts entre les premiers ne sont pas conséquents.