Pinot pourra le regretter

Une dix-septième étape entre Digne les Bains et Pra-Loup (161 km) remportée par l'Allemand Simon Geschke (Giant-Alpecin). Alors que l'Allemand remportait sa «plus belle victoire», le troisième du classement général, l'Américain Tejay Van Garderen (BMC), quittait le Tour en pleurs. Christopher Froome (Sky) reste en jaune.

Pinot pourra le regretter
Simon Geschke (Giant-Alpecin) vient de remporter sa plus belle victoire (© Jeff Pachoud, AFP)

Il y aura sans doute longtemps cru. Cette première étape alpestre était pour lui. Après un début de course haletant, Thibaut Pinot (FDJ) parvenait à prendre l'échappée du jour, initiée par l'intenable Peter Sagan (Tinkoff-Saxo). Un groupe de vingt huit hommes où se trouve également Andrew Talansky (Cannondale-Garmin), Rigoberto Uran (Etixx-Quick Step), Simon Geschke (Giant-Alpecin), Rafal Majka (Tinkoff-Saxo) et Richie Porte (Sky). Le suisse Mathias Frank (IAM) est le coureur le mieux placé au général, 13ème à 14'23'' du maillot jaune.

La chute de Pinot

Si le groupe a plusieurs fois explosé dans le col d'Allos, c'est Geschke qui place une attaque décisive. Derrière, Pinot réussit à sortir Talansky, Uran et Frank de sa roue pour prendre seul en chasse l'homme de tête qui est à plus de 2'. Le français fait forte impression et bascule au sommet de ce col de première catégorie à moins d'une minute alors qu'après une longue descente se profile le Col de Pra-Loup. Cette étape semble être la bonne pour Pinot déçu de sa deuxième place à Mende. Mais quand la chance n'y est pas ! Dans un virage, la roue arrière du coureur français dérape, il chute. Choqué, il se fera reprendre par de nombreux coureurs pour terminer quatrième après une nouvelle forte impression dans la dernière montée. «C'est comme ça ! Quand ça ne veut pas... Il me reste trois jours. J'attaquerai encore demain» lâchera t-il à l'arrivée. Mais les jambes semblent bonnes pour le coureur français, troisième du dernier Tour de France.

Van Garderen abandonne, Contador à terre

Si Simon Geschke ne se fera jamais reprendre et réalisera un véritable exploit avec 47 km en solitaire, une autre course se joue à plus de 10 minutes. La course des leaders. Comme depuis le début de ce tour, un écrémage se fait d'abord par l'arrière du groupe maillot jaune dans le col d'Allos. Sous l'impulsion des équipiers de Bauke Mollema (Trek) qui veulent protéger la neuvième place de leur leader en danger par la présence de Frank devant, Romain Bardet (AG2R La Mondiale), Pierre Rolland (Europcar), Warren Barguil (Giant-Alpecin) et Bauke Mollema lui même craquent. Puis l'attaque de Nibali condamne Robert Gesink (Lotto NL-Jumbo) et Geraint Thomas (Sky). Le groupe maillot jaune ne compte plus que Nibali et les cinq premiers du général, à l'exception de Van Garderen, malade et contraint à l'abandon à plus de 70 km de l'arrivée. Effondré, l’américain qui pouvait rêver d'un podium à Paris, a dû être consolé par son manager. Malgré quelques petites attaques de Nibali et Quintana, les cinq coureurs basculent ensemble dans la descente vers Pra-Loup. Victime d'une chute, Contador (Tinkoff-Saxo) doit changer de vélo. Si Sagan et Roche qui étaient dans l'échapée ont pu le dépanner et éviter la catastrophe, il concédera quand même 2'17'' sur Froome (Sky) et Quintana (Movistar) arrivés quelques secondes avant Valverde (Movistar) et Nibali (Astana) après une dernière attaque du petit coureur colombien à 500m de la ligne. Comme depuis plusieurs étapes, aucun chamboulement au niveau des maillots. Froome garde les maillots jaune et à pois, Sagan et Quintana consolident respectivement leurs maillots vert et blanc.