Cyclisme : les motos suiveuses dans le collimateur

Percuté par une moto lors de Gent-Welvelgem le dimanche 27 mars, le cycliste Antoine Demoitié est décédé des suites de ses blessures. Le débat sur la présence des motos suiveuses dans le peloton est relancé.

Cyclisme : les motos suiveuses dans le collimateur
capture d'écran sportza live

« C’est toujours les véhicules motorisés qui font mal aux vélos. Et parfois le drame arrive ». Jimmy Engoulvent, directeur sportif du team Direct Energie ne mâche par ses mots. Jeune retraité du cyclisme professionnel, comme d’autres, il remet en cause l’encadrement des motos suiveuses. « Il est nécessaire de mettre en place, une vraie organisation concernant ces véhicules. Par exemple, cinq ou six motos qui suivent une échappée c’est beaucoup trop », affirme l’ancien coureur.

Du côté des cyclistes, c’est l’incompréhension. Pour Bryan Coquard, sprinter au sein du team Direct Energie : « c’est anormal que des motos créent des chutes, alors que le vélo est déjà un sport risqué ». En réaction à la mort d’Antoine Demoitié, survenue ce dimanche, il ajoute : « Je suis attristé, ce n’est pas normal de perdre la vie sur un vélo. Parfois dans les courses, je suis choqué, des motos nous doublent à plus de 70km/h alors que nous sommes déjà nous-mêmes à plus de 40km/h ». La vitesse, le manque d’organisation et les prises de risques inutiles des motos-suiveuses sont donc pointées du doigts.

« On pourrait peut-être alléger le nombre de véhicules »

Le Tour de France approche à grandes pompes. Amaury Sport Organisation est l’organisateur de cette course au rayonnement international. Son responsable sportif, François Lemarchand a déclaré qu’il n’y aurait pas de changements majeurs lors de la grande boucle, cependant il explique que : « tous les véhicules notamment les motos ont une fonction sur le tour, elles ne sont pas là pour faire de la figuration, mais il se peut que cette année, on allège le nombre de véhicules motorisés ». Les pilotes des moto-suiveuses sont des professionnels, qui suivent plusieurs stages par an. Pendant les courses, les conducteurs de ces deux-roues ont des horaires à respecter ainsi que des jours de repos, pour limiter les incidents.

La presse est aussi dans le viseur du monde cycliste, pour ses multiples prises de risque, parfois dangereuses. Eric Gaillard est photographe pour l’agence Reuters. Il affirme « qu’avant le début de grandes courses comme le Tour de France, les organisateurs mettent en place un briefing pour sensibiliser les pilotes et ceux qui les accompagnent. L’an passé, nous avons visionné des vidéos et des images montrant des accidents entre les cyclistes et les véhicules motorisés ».

Si toutes les précautions sont prises avant les courses, François Lemarchand conçoit que les coureurs souhaitent plus d’encadrement mais insiste sur le fait que « le maximum est fait pour encadrer et sécuriser au mieux les coureurs ».