L'aventure s'arrête ici, dans un sentiment de frustration

Après un match aux airs de finale entre deux des meilleures équipes du monde, la France s'est inclinée face à l'Allemagne après les tirs au but (1-1 ; 5-4). D'une intensité et d'une qualité exceptionnelles, le jeu des Bleues a une nouvelle fois pêché dans la finition.

L'aventure s'arrête ici, dans un sentiment de frustration
Claire Lavogez, après avoir manqué le dernier tir au but déterminant
France
1-1 5,4
Allemagne

C'est encore une fois le cœur empli de regrets que les Bleues sont rentrées au vestiaire hier soir. Leur élimination de la Coupe du monde s'est joué de peu, d'autant plus qu'elles étaient peut-être les plus méritantes pour gagner hier soir. Elles ont dominés le match, se sont distinguées dans leurs premiers tirs au but face à la meilleure gardienne du monde mais il a suffi d'un échec sur le dernier tir au but de la série pour envoyer les allemandes en demi-finale.

Dés les premières minutes de jeu, on a pu voir que les joueuses françaises n'avaient pas de mal à s'imposer face à la meilleure équipe du monde. Dans un rythme endiablé, elles ont fait plusieurs fois peur aux adversaires allemandes. Elodie Thomis a lancé l'action avec un centre pour Louisa Nécib dont la reprise n'était pas cadrée (2e) et les tricolores sont ensuite restées voraces dans leurs offensives. Mais elles ont dû faire face à Nadine Angerer qui a fait du très bon travail et a permis à l'Allemagne, qui n'a obtenu que quelques occasions proportionnellement aux Bleues, de résister. Au retour des vestiaires, les intentions des françaises étaient toujours là, leur jeu n'ayant pas baissé en intensité. Les efforts tricolores ont enfin payé lorsque Louisa Necib a envoyé le ballon dans les filets du but adverse, aidée par la jambe de la défenseure allemande (1-0, 64e). Les espoirs de demi-finale semblaient alors se concrétiser. Mais à la 84e minute, les allemandes obtiennent un penalty pour une main controversé d'Amel Majri, par ailleurs très efficace dans ce match. Sasic ne tremble pas au moment de le transformer et envoie les deux équipes s’expliquer en prolongation (1-1, 84e). Ce but à 5 minutes de la fin du match a quelque peu abattu les françaises mais ces dernières, aussi vaillantes qu'à leur habituel, ont continué de se battre. La vigueur était toujours présente dans la troisième mi-temps, entraînée notamment par deux joueuses plus fraiches et plus percutantes, entrées en début de prolongation, Gaëthane Thiney et Kheira Hamraoui. Les occasions aussi étaient toujours là mais pas la finition à l'exemple de cette ultime action lorsque Gaëtane Thiney manque le centre de Jessica Houara d'Hommeaux à deux mètres du but (117e). Le match s'est donc décidé aux tirs au but, le dernier tir français manqué fermant malheureusement les portes de la demi-finale aux Bleues.


Il est évident que les filles de Philippe Bergerôo sont extrêmement déçues. C'est le cœur lourd, avec le sentiment d'être passé à côté d'un moment d'histoire qu'elles rentrent chez elles. Wendie Renard parle d'une "histoire qui se répète". Ce manque de concrétisation est aussi souligné par Philippe Bergerôo qui regrette surtout les occasions manquées: "Il est primordial d'apprendre que dominer n'est pas gagner. Il faut vite apprendre les choses qui font gagner les matchs". Certaines ont d'ailleurs eu du mal à s'endormir cette nuit à l'exemple de Jessica Houara d'Hommeaux qui a tweeté: "Impossible de trouver le sommeil... Immense merci à tous pour votre soutien [❤] Fière d'être ds cette @equipedefrance". Toutes et tous sont en tout cas accordés pour remercier l'engouement des français pour le football féminin dans la métropole (le record d'audience de la TNT a été pulvérisé hier soir avec un pic de 5,3 millions de téléspectateurs devant le match). Les filles vont partir en vacances, puis commencer une nouvelle saison avec Philippe Bergerôo qui sera toujours présent pour les motiver. Elles ont tout de même atteint l'objectif des JO auxquels elles participeront en 2016, en espérant qu'elles aient convaincu et acquis encore plus de supporters.