L'interview exclusive de Sébastien Piocelle (1/2)

Toujours sympathique et disponible comme à ses débuts, Sébastien Piocelle a accepté pour nous de revenir sur sa riche carrière qui l'a vu notamment côtoyer Nantes, Bastia ou encore l'Italie, ainsi que son actualité du côté de son nouveau club, Le Pontet. Retour sur la longue carrière d'un passionné du ballon rond qui à 34 ans est encore loin d'être terminée.

L'interview exclusive de Sébastien Piocelle (1/2)
Sébastien Piocelle sous son nouveau maillot de l'US Le Pontet

En 1997, tu remportes ton seul titre international en étant Champion d’Europe avec l’Équipe de France U18, tu gardes quel souvenir de cette épopée ?

Tout est dans la question, c'est mon seul et c'est déjà pas mal ! Il y en a beaucoup qui n'ont pas gagné de titres internationaux. C'est loin mais j'en garde un bon souvenir forcément. Être sélectionné en équipes de jeunes avec une génération dans laquelle certains joueurs ont fait une bonne carrière comme Louis Saha, qui avait marqué le but en or en finale face au Portugal, ça reste important. Même si après ça j'ai dû attendre encore un petit peu avant de débuter en Ligue 1. Sur mon palmarès c'est un fait marquant puisque gagner des titres c'est toujours spécial.

Aucun membre de cette équipe n’a réussi à être sélectionné en A à part Saha et Camara. Tu trouves ça normal ?

Oui et non, on est tombé au départ sur une bonne génération, très forte pour commencer. Entre 1998 et 2002, ils ont tout raflé donc c'était compliqué de pouvoir s'imposer au-dessus. Ensuite, il faut savoir prendre le train en marche et malheureusement comme beaucoup de joueurs qui sont en sélections jeunes, il y en a qui n'ont pas fait les bons choix, qui ont été bloqué par d'autres joueurs dans leur club et n'ont donc jamais explosé. Après il n'y a pas que l’Équipe de France, il y a aussi le fait de faire une carrière honnête de joueur de Ligue 1 ou Ligue 2 qui est déjà une bonne chose vu le nombre de joueurs dans le football.

Le 13 décembre 1995, alors que tu as à peine 17 ans, tu fais tes débuts professionnels sous le maillot nantais à la Mosson, tu gardes quel souvenir de ce moment particulier?

J'étais avec mon compère Yves Deroff qui avait le même âge et la même trajectoire que moi puisqu'on arrivait tout deux de l'INF Clairefontaine. A ce moment-là, on prend ça comme une récompense de se retrouver avec les anciens et pouvoir rentrer quelques minutes avec en plus la victoire au bout. Après j'ai malheureusement eu une blessure qui m'a freiné au mois de Mai suivant. Malgré tout, c'est toujours important de pouvoir jouer avec les pros à cet âge-là. Ça prouve qu'il y a certaines qualités.

A cette époque, c’est « Coco » Suaudeau qui est entraîneur de l’équipe. Ensuite tu connaîtras Reynald Denoueix avec qui tu remporteras 2 Coupes de France. Tu retiens quoi de ces deux entraîneurs historiques ?

Ce sont deux entraîneurs qui m'ont marqué, encore plus Raynald Denoueix même si Coco Suaudeau, on ne le présente plus pour ceux qui ont suivi le FC Nantes. C'est Raynald Denoueix qui m'a repéré à 12 ans quand je rentrais à l'INF Clairefontaine. Il m'a fait jouer en réserve très tôt et commencé en pros à Nantes. Forcément, ça ne s'oublie pas du jour au lendemain. Il m'a appris les bases de mon jeu actuel : l'anticipation, le jeu vers l'avant, être toujours en mouvement... Ce sont des choses qui avec le plaisir de la passe m'ont toujours suivi tout au long de ma carrière. Il y avait aussi ce petit côté paternel. Quand on quitte le cocon familial assez tôt, c'est toujours important pour des jeunes de pouvoir s'appuyer sur des entraîneurs et des hommes comme ça.

En 2001, le FC Nantes devient champion de France alors que tu es en prêt à Bastia mais comme tu avais disputé la première journée face à Lens, tu gagnes aussi le titre. Personnellement, tu te sens champion de France ou pas ?

C'est vrai que ça a été compliqué. Pendant les deux, trois saisons suivantes, j'avais envie de dire non. Maintenant avec le recul, c'est toujours important pour le palmarès de se sentir champion parce que je faisais aussi partie intégrante du groupe. J'ai fait la préparation et j'ai grandi avec cette équipe là puisqu'on avait gagné deux Coupes de France de suite, donc on avait commencé à bâtir quelque chose tous ensemble. Après, le fait de pas pouvoir fêter le titre et d'être absent lors du match décisif face à Saint-Etienne où les supporters sont descendus sur la pelouse de la Beaujoire, c'est un moment parmi d'autres que j'aurais voulu vivre. Mais il ne faut pas avoir de regrets. Aujourd'hui, ce titre je le prends quand même. Et puis j'ai passé une bonne année à Bastia. Cela m'a permis de connaître Frédéric Antonetti, un entraîneur qui m'a beaucoup marqué.

Tu passeras cinq années à Bastia. Tu retiens quoi de ton passage en Corse ?

Sur le plan personnel, ça a été du bonheur avec la naissance de mes deux filles. Pour l'homme que je suis, c'est inoubliable. J'ai connu beaucoup de personnes qui ont été proches de moi. J'étais un joueur qui aimait le contact et se sentir en confiance c'était très important. Au niveau du foot, il y a eu un manque de continuité avec beaucoup d’entraîneurs durant cette période-là. Le fait de souvent changer, forcément ça a amené la descente en Ligue 2 la dernière année mais ça m'a aussi permis de me forger un caractère pour avoir ensuite une expérience italienne. Il fallait avoir les épaules assez larges pour partir et quoi qu'il arrive, Bastia restera un super souvenir.

Retrouvez la deuxième partie de cette interview sur VAVEL dès demain.