L'interview exclusive de Sébastien Piocelle (2/2)

Toujours sympathique et disponible comme à ses débuts, Sébastien Piocelle a accepté pour nous de revenir sur sa riche carrière qui l'a vu notamment côtoyer Nantes, Bastia ou encore l'Italie, ainsi que son actualité du côté de son nouveau club, Le Pontet. Retour sur la longue carrière d'un passionné du ballon rond qui à 34 ans est encore loin d'être terminée.

L'interview exclusive de Sébastien Piocelle (2/2)
Sous le maillot d'Arles-Avignon durant sa dernière saison en L1

A l’été 2005, tu fais un choix surprenant en rejoignant le club italien de Crotone, en Série B. Pourquoi avoir pris cette décision ?

C'était l'époque où la Juventus était « partenaire » avec beaucoup de clubs de Série A et de Série B. A l'époque on m'a appelé pour signer à Sienne qui était en Série A. Finalement quand j'ai atterri en Italie, pendant ce fameux mercato, j'ai rapidement compris qu'on me proposait dans un autre club lié à la Juve qui était Crotone en Série B, dans la région de Calabre. Finalement, je ne regrette pas cette décision puisque j'ai vécu une aventure sportive et humaine vraiment hors du commun dans ce club et dans cette région où le football était vraiment la passion principale des gens. La première année on a failli accéder à la Série A et la seconde on a eu la chance de pouvoir affronter des équipes comme la Juventus, Naples ou le Genoa donc c'était vraiment impressionnant.

 

Ça t’as fait quoi quand t’as joué contre la Juventus avec Crotone ?

C'était particulier évidemment, surtout qu'en face il y avait des anciens coéquipiers de l’Équipe de France Espoirs comme Boumsong ou Trezeguet, et même Deschamps sur le banc que je connaissais. En plus du fait de jouer contre la Juve, ce qui était incroyable pour tous les clubs de Série B, il y avait ce petit clin d’œil du destin. Se retrouver à jouer contre des ex-coéquipiers en deuxième division italienne, c'était improbable. Mais plus généralement, je garde une bonne image de l'Italie. Il y a une culture du football tactique qui est beaucoup plus importante qu'en France même si on commence à compenser ce retard avec des entraîneurs qui sont beaucoup plus préparés maintenant. Je retiens donc surtout le positif de là-bas.

 

Toi qui étais dans le championnat pendant les faits, tu penses quoi du Calciopoli ?

Moi j'ai rien touché ! (rires) C'est un fléau, comme le dopage, et ce n'est pas propre à l'Italie. On s'aperçoit au fur et à mesure qu'il y a beaucoup de matchs en Europe, en Turquie, dans les pays de l'Est qui sont arrangés. Évidemment, je ne cautionne pas du tout. Quand j'y étais, je ne m'apercevais de rien. En tout cas, ce n'est pas du tout ça que je retiens de mon aventure italienne.

 

Quand tu signes à Arles-Avignon, tu avais imaginé revivre une saison en Ligue 1 ?

Non, pas du tout. Au départ je suis arrivé dans un club qui montait de National et avait déjà un budget et des structures limitées dans ce championnat donc c'était déjà un gros exploit qu'avait réalisé l'équipe à ce moment-là. Cette première saison, c'était vraiment tout pour le maintien. Et puis, comme quoi il n'y a pas que l'argent mais aussi le fait de trouver un groupe, une famille qui compte. C'est grâce à ça qu'on est monté. Quand c'est l'année où tout va bien, où on se donne les moyens mentaux et physiques de réussir, tout peut arriver. Ce n'était peut-être pas la meilleure année du championnat de Ligue 2 en terme de jeu, mais on a réussi cet exploit. Pour moi, avec du recul aujourd'hui, c'est comme une petite revanche puisqu'on parle souvent des trentenaires qu'on pense cramés ou finis. Pour tous ceux qui ne croyaient pas en moi, accompagné de mes coéquipiers évidemment, on a réalisé quelque chose d'incroyable.

En Ligue 1, l'aventure tourna vite au vinaigre. Comment tu expliques cela ?

Le problème est que le club est parti un peu dans tous les sens, autant les dirigeants que les joueurs. Quand on y réfléchi après, si on avait été dans la continuité, on serait peut-être redescendu en Ligue 2, mais on aurait certainement eu plus de points et surtout plus de stabilité. Ce fut une saison vraiment très compliquée avec l'éviction de Michel Estevan et le fait que je sois capitaine. Il fallait donc que j'assume certaines choses. Avec beaucoup de nouveaux joueurs, c'était un gros chantier et il n'y avait pas d'autre issue que la relégation. Encore une fois, toutes les expériences sont bonnes à prendre. Mais c'est sur qu'il y avait de la déception. Le fait de passer pour des clowns après ce qu'on avait fait un an avant, c'était emmerdant.

 

Lorsque tu quittes Arles, tu descends plus bas en rejoignant le National et Nîmes. Et là encore la saison se conclue par une montée. Tu garderas quoi de cette belle saison ?

A l'époque, je devais me réengager avec Nantes après avoir résilié à Arles-Avignon. Finalement, ça ne s'est pas fait sur le coup. Je suis donc allé à Nîmes, qui reste quand même un club populaire, et avait l'ambition de remonter en Ligue 2 après être descendu. Il y avait le potentiel pour faire ça et la ville se situait près de chez moi. Tous ces ingrédients là ont fait que j'ai sauté le pas rapidement. Même si on peut penser que c'était la logique, le club était mal parti, mais on a réussi à faire une saison assez constante. On ne s'est pas éclaté au niveau du jeu mais on a atteint l'objectif du club qui était donc de remonter de suite.

Tu viens de signer un contrat de deux ans avec l'ambitieux club de l’US Le Pontet en CFA après une deuxième saison difficile à Nîmes. A 34 ans, est-ce que ce sera ton dernier contrat ?

A priori oui. Maintenant, je n'ai pas envie de me projeter plus que ça. J'ai surtout envie de m'investir au maximum pour le club, les entraîneurs, les joueurs... Donner tout ce que je peux à tous les niveaux. Et puis surtout reprendre du plaisir parce que c'est quand même très important dans le football. L'aspect financier, c'est ce qui ressort le plus actuellement dans le football moderne mais il y a aussi le fait de prendre du plaisir et d'avoir du challenge qui compte. C'est ce que je recherchais et c'est ce que m'offre Le Pontet.

 

A la fin de ta carrière, tu envisages quoi comme reconversion ?

Je vais passer mes diplômes d’entraîneur même si je sais qu'il y a une refonte du système. C'est une année particulière puisqu'il y a pas mal de choses qui vont changer. Et puis j'ai aussi une association dont j'ai envie de m'occuper un peu plus maintenant que j'ai plus de temps libre. Cela concerne tout ce qui est événementiel sportif ou culturel avec mon projet de terrain Original Street Foot qui est un terrain mobile, donc montable et démontable, que je peux mettre à disposition pour des associations ou des bonnes causes. Ça démarre plutôt pas mal donc on va essayer de continuer en faisant de bonnes choses, notamment pour le Téléthon. Il y a plein de petites choses mais tout sera basé autour du football puisque j'ai commencé à l'âge de cinq ans et demi et je vais en avoir trente-cinq. C'est toute ma vie et ce que je connais le mieux donc je ne m'en éloignerais pas.


 

Retrouvez plus d'informations sur le projet Orinal Street Foot de Sébastien Piocelle ici : https://www.facebook.com/OriginalStreetFoot?filter=3