Belgique-Russie : Hausser son niveau

Vainqueur sans convaincre de l’Algérie d’entrée (2-1), la Belgique défie en début de soirée une Russie qu’elle a sans cesse battue depuis la chute de l’URSS, il y a 23 ans. Une victoire et le sort amènera officiellement les Diables Rouges en huitième de finale du Mondial.

Belgique-Russie : Hausser son niveau
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Russie

La Belgique, invaincue au regard des sept derniers matchs en phase de poule de Coupe du Monde, affronte la Russie aujourd’hui. Si offensivement, les Diables Rouges seront au rendez-vous et pourront compter sur Romelu Lukaku, auteur d’un doublé face aux Russes en 2010, et aura forcément à cœur de se racheter après sa médiocre performance précédente. Marc Wilmots devrait aussi s’appuyer sur des remplaçants très en jambes, comme à l’accoutumée. Effectivement contre l’Algérie, les deux réalisations belges ont été inscrites par deux joueurs issus du banc, Marouane Fellaini et Dries Mertens. Quant à elle, la Russie, invaincue lors de ses onze dernières rencontres toutes compétitions confondues, devrait évidemment souffrir défensivement, mais quoi qu’il en soit, le côté droit est à surveiller de près et pourrait changer la physionomie du match. La priorité pour les deux sélections sera dans un premier temps d’augmenter leur niveau de jeu, après un premier match plutôt décevant en termes de jeu. 

Sang neuf belge

Aux deux visages. C’est comme ceci qu’on aurait pu décrire la première prestation de l’équipe belge tant elle avait été capable du meilleur comme du pire face à des Algériens recroquevillés. Transparente pendant la première période, la Belgique s’était entièrement reprise au cours des 45 dernières minutes et personne ne sera contre le fait que le coaching de Marc Wilmots s’était avéré gagnant. En effet, le prédécesseur de Leekens procéda rapidement à des changements avec l’entrée dès la reprise de Mertens ainsi que celle de Fellaini peu après l’heure de jeu. Ces deux entrées avaient changé la physionomie de la rencontre puisque que ce fut tout d’abord l’ancien capitaine d’Everton qui égalisa puis l’ailier napolitain qui donna l’avantage aux siens lors d’un laps de temps de dix minutes. L’issue du match ne se chamboulera plus malgré une poussée algérienne. Face à la Russie, pour l’emporter ce dimanche au prestigieux stade du Maracana avec une certaine marge de sécurité, l’outsider annoncé de cette Coupe du Monde va déjà devoir sérieusement retoucher à une constance qui a effectivement fait défaut lors de la première journée. L’objectif sera ensuite de retrouver une pointe digne de ce nom, en la personne de Romelu Lukaku. Auteur outre d’une piètre prestation contre l’Algérie, l’avant-centre des Blues de Chelsea n’a de plus même pas réalisé le moindre tir ni touché le moindre ballon dans la surface adverse. Pour cependant citer une anecdote plus à son avantage, rappelons que ce dernier avait inscrit un doublé à l’occasion de la dernière opposition entre les deux nations le 17 novembre 2010 en amical. Comme si bien démontré précédemment, la qualité et la quantité du banc de touche des Diables Rouges pourrait se révéler être à nouveau un facteur primordial étant donné que cette formation russe s’appuie sur des principes fondamentaux semblables à ceux des Algériens : « C'est en effet la grande question », reconnaît le sélectionneur de la Belgique. « S'ils dressent comme l'Algérie un mur, ce sera à nous de trouver les solutions. La Russie joue toujours comme un groupe compact et contre rapidement. Là réside sa force. » Ses protégés sont prévenus et 12 ans désormais après y avoir goûté, l’espoir d’une qualification pour le deuxième tour semble plus que jamais d’actualité.

Russie sans relief

Premier de leur groupe de qualification, les Popovs n'ont jamais douté et pour le moins du monde durant les trois matchs de préparation disputés face à la Slovaquie (1-0), la Norvège (1-1) et le Maroc (2-0). Ce fut à la fois le discours et le constat d’avant Coupe du Monde présent dans les esprits. Vraisemblablement un excès de confiance palpable compte tenu de l’entrée en matière effectuée par ces Russes-là. Si le résultat et le score n’ont choqué quinconce, la valeur globale de l’affiche Russie-Corée du Sud notamment en première mi-temps fut déplorable de par le nombre d’occasions franches. La seule réelle occasion du premier acte est à mettre au crédit d’Ignashevitch à la suite d’un coup franc lointain, c’est dire. Les deux équipes ont toutefois accéléré en seconde période sans pour autant faire preuve d’une transcendance virevoltante comme en témoigne la manière des deux buts marqués. L’ouverture du score de Lee Keun-Ho se fit grâce à une erreur incroyable du gardien du gardien popov, visiblement épargné des éventuelles représailles : « De la même manière que des joueurs ratent des penaltys, ça peut arriver aussi à des gardiens de faire des erreurs. On peut accepter une erreur de la part d’un gardien comme Akinfeev. La réaction des joueurs a été bonne. C’était important pour moi. » a estimé ultérieurement son coach, Fabio Capello. L'égalisation Russe se fit elle aussi de manière peu élégante, avec un ballon qui finissait aux fonds après plusieurs tentatives repoussées. Ce fut finalement l’attaquant expérimenté, Kerzhakov, qui libéra sa nation. En clair, la Russie a ainsi obligation de trouver une cohésion face à une équipe Belge qui aura de nombreux arguments offensifs à faire valoir, à l’instar bien entendu des Coréens : « En qualifications, on a vu une équipe qui a surpris toute l'Europe. C'est une formation très équilibrée, très compacte, soudée. Ils ont de grands joueurs dans tous les secteurs. Ils sont surtout redoutables sur les phases arrêtées. Cette génération a de grands joueurs qui jouent dans les grands championnats. Beaucoup ont fait leurs preuves en Premier League. » Tout n’est pas rose en leur faveur, loin de là, mais un compartiment du jeu s’est en revanche particulièrement mis en évidence. Soit le côté droit dirigé par Eschenko et Samedov. Comme le premier en a l’habitude dans son club de l’Anzhi Makhachkala, le latéral de formation n’a jamais été pris à défaut par son adversaire direct et s’est même donné le droit de réaliser quelques montées offensives bien senties. Dans la continuité du plan défensif, le deuxième évoqué ci-dessus a tenu sa position d’ailier à merveille ou presque, car ses percées incessantes ont certes souvent fait du tort à la défense coréenne mais la maladresse a souvent été de mire lorsqu’il s’agissait d’effectuer le précieux dernier geste. La Belgique de Verthongen sait ainsi à quoi s’attendre de ce qui présage constituer l’atout phare russe.