L'équipe type des joueurs libres

En cette période de mercato les clubs sont souvent à la recherche de la perle rare, du joueur qui offrira le combo tant recherché par les présidents des équipes de première division française : renforcer qualitativement le groupe déjà en place et être bon marché. Les joueurs libres, c’est-à-dire en fin de contrat et pouvant s’engager gratuitement dans l’équipe de leur choix, présentent au moins une des deux qualités recherchées : leur prix est aussi élevé que celui de l’air que nous respirons. Les meilleurs d’entre eux ont donc de grandes chances de trouver chaussures à leurs pieds avant le lundi 1er septembre, date marquant la fin de la période estivale des transferts. Voici donc l’équipe type des joueurs libres (n’apparaissent dans cette équipe uniquement les joueurs arrivés en fin de contrat dans un club de Ligue 1 ou de Ligue 2).

L'équipe type des joueurs libres
L'équipe type des joueurs libres

Gardien : Guillermo Ochoa

C’est dans la nuit du 27 juin 2007, en pleine Copa America, que « Memo » Ochoa s’est révélé aux yeux de la planète football. Ce soir-là, grâce à une prestation XXL, il permet au Mexique de battre le Brésil sur le score de 2-0 et d’être pratiquement assuré de terminer à la première place d’un groupe composé de l’ogre brésilien, du Chili et de l’Equateur. Preuve que cette performance aura marqué les esprits, Guillermo Ochoa fait partie de la liste des 50 nominés pour le ballon d’or cette année-là (il n’a alors que 22 ans). Presque sept ans plus tard, le 17 juin 2014 précisément, Ochoa récidive. Toujours contre les brésiliens, toujours en phase de groupe mais cette fois-ci c’est lors la coupe du monde qu’il se distingue. Durant 90 minutes, le gardien mexicain multipliera les parades miraculeuses écœurant ainsi un par un les joueurs de la Seleçao et gardant ses cages inviolées (0-0).  Toutefois, Guillermo Ochoa n’aura pas connu que des jours heureux pendant sa carrière. En 2010, il suit la coupe du monde sud-africaine depuis le banc des remplaçants, Javier Aguirre lui préférant le vétéran Oscar Pérez. A l’été 2011 l’ancien portier de l’America Mexico est même contrôlé positif au clenbutérol, ce qui bloquera son hypothétique transfert au PSG. C’est alors l’AC Ajaccio qui saute sur l’occasion en l’engageant pour trois saisons. Bonne pioche, Ochoa est le principal artisan du maintien de son club en 2012 et 2013 et ses nombreux arrêts venus d’ailleurs lui permettront d’être considéré comme un des meilleurs gardiens de Ligue 1.

Image tiré de L'Express
Guillermo Ochoa contre le Brésil lors de la coupe du monde. Image tiré de L'Express.

Défenseur droit : Matthieu Chalmé

En regardant de près (ou de loin) ses trois dernières saisons, on peut assurément dire que les meilleures années de Matthieu Chalmé sont maintenant bien derrière lui. Depuis le début de la saison 2011/2012, le latéral droit n’a disputé que 23 petits matchs de championnat (12 avec Ajaccio et 11 avec Bordeaux). Pire, la dernière fois que Chalmé a foulé un terrain c’était en 2013. Mais l’ancien Lillois est-il bon à jeter ? Pas si sûr. Tout d’abord, Matthieu Chalmé c’est une carrière plutôt sympathique : 270 matchs de Ligue 1, 29 de Ligue des Champions, un titre de champion de France en 2009 avec Bordeaux et surtout une belle petite réputation durant ses années fastes. Matthieu Chalmé c’est également une mentalité irréprochable (alors qu’il n’a quasiment pas joué cette saison, il était un des plus impliqués lors des entraînements), un partenaire idéal (on loue souvent sa gentillesse) et, du haut de ses 33 ans, un joueur d’expérience (il n’hésite d’ailleurs pas à conseiller les plus jeunes). Un rôle de doublure conviendrait donc parfaitement à ce Bordelais de souche.

Défenseurs centraux : Souleymane Diawara et Jonathan Zebina

Laissé libre de tout contrat par l’Olympique de Marseille, Souleymane Diawara peut, à 35 ans, encore rendre de bons services à une écurie de Ligue 1. « L’homme aux gants » comptabilise ainsi plus de 300 matchs de Ligue 1, deux titres de champion de France, quatre coupe de la Ligue et deux présences dans l’équipe type de la Ligue 1 (2009 et 2010). Dans l’axe de la défense Diawara est un roc : physiquement impressionnant, il est fort dans les duels et possède un jeu de tête de grande qualité. Alors certes, l’ancien Sochalien a moins joué ces deux dernières saisons (39 matchs toutes compétitions confondues) mais il a notamment prouvé durant ses derniers mois à l’OM qu’il avait encore largement le niveau pour la première division française.
AS Roma, Juventus Turin… Le CV de Jonathan Zebina en rendrait jaloux plus d’un. Formé à Cannes, Zebina passera finalement la grande majorité de sa carrière de l’autre côté des Alpes, dans le pays des pâtes et de la pizza. Révélé à Cagliari en Sardaigne, il s’impose ensuite au sein de la Roma de Fabio Capello avec laquelle il décroche notamment un Scudetto en 2001. Fort de ses bonnes prestations dans le club de Francesco Totti, ce Parisien de naissance rejoint la Juventus Turin en 2004. Il y restera 6 ans, connaîtra son apogée lors de sa première saison mais également quelques moments difficiles (de nombreuses blessures, une brouille avec Claudio Ranieri, le Calciopoli…). En 2010 et alors qu’il ne joue presque plus dans le Piémont, Zebina s’engage avec Brescia afin de se relancer. L’international français y réalisera une des saisons les plus pleines de sa carrière (28 matchs de championnat, son record avec sa saison brestoise) mais l’aventure tournera court puisque Brescia est relégué en fin de saison. C’est à ce moment que Jonathan Zebina choisit de revenir en France, à Brest d’abord où il participe grandement au maintien de son équipe, puis à Toulouse pour un bilan final plutôt positif malgré de nouvelles blessures. Clubs de Ligue 1, vous êtes à la recherche d’un défenseur central d’expérience capable de réaliser une petite vingtaine de matchs dans la saison, Zebina ne devrez pas vous décevoir.

Du haut de ses 36 ans, Zebina est un leader en défense. Image tiré de France Football.


Défenseur gauche : Rudy Mater

Que fait un entraîneur lorsqu’il n’a pas d’arrière gauche à sa disposition ? Et bien il délocalise un latéral droit à gauche. Ce sera le cas de Rudy Mater dans cette équipe. Le Nordiste aura donné 12 ans de sa vie à Valenciennes, connu trois divisons, porté le brassard de capitaine et disputé 388 matchs avec ce maillot, tout cela pour être mis à la porte cet été à cause de problèmes financiers. Déçu, Rudy Mater compte bien prouver à son ancien club qu’il s’est trompé en ne lui proposant pas de prolongation de contrat.

Milieux de terrain défensifs : Landry N’Guemo, Éric Tié  Bi, N’Dri Romaric

Landry N’Guemo fait partie de ces joueurs dont on ne parle pas beaucoup mais qui sur le terrain se révèle être diablement important. Formé à Nancy, l’international camerounais (42 sélections et retenu pour la Coupe du Monde brésilienne) s’impose petit à petit dans l’équipe de Pablo Correa jusqu’à devenir totalement indispensable lors de la saison 2008/2009. Il profite alors de ses bonnes performances pour être prêté dans le mythique club du Celtic Glasgow. En Ecosse il réalise une saison pleine (30 matchs de championnat) mais doit retourner à Nancy à la fin de celle-ci faute d’accord entre les deux clubs pour prolonger l’aventure. Après une nouvelle saison réussie en Lorraine (37 matchs et 3 buts), N’Guemo arrive en fin de contrat et peut donc rejoindre gratuitement les Girondins de Bordeaux pour trois saisons. Lors de sa première saison dans le club présidé par Jean-Louis Triaud, le Camerounais est un titulaire indiscutable. Malheureusement, des blessures à répétitions l’empêcheront alors de confirmer.

Landry N'Guemo sous le maillot du Celtic. Image tiré du Sun.


Depuis qu’il est arrivé à Evian, en 2010, Éric Tié Bi prend part à une vingtaine de matchs par saison (86 apparitions en Ligue 1 en 4 ans). Jamais très loin de s’imposer définitivement dans le milieu évianais, il lui a toujours manqué ce petit plus pour y arriver. L’Ivoirien a également failli prolonger son aventure en Rhône-Alpes mais des différents au sujet du salaire ont fait échouer les négociations. Ratisser, tacler, récupérer les ballons : c’est souvent ce que l'on demande à un milieu de terrain, coup de chance, c’est également ce qu’Éric Tié Bi fait de mieux.
Romaric c’est un gros impact physique, un jeu long de qualité, une grosse frappe de balle et une polyvalence qui arrangerait bien des entraîneurs de Ligue 1. La saison dernière, Romaric l’a passé en Corse, à Bastia où il essayait de se relancer après quelques années un peu plus compliquées en Espagne. Mission plutôt réussie : comme son équipe, l’Ivoirien sera passé totalement à côté de certains matchs mais le plus important n’est pas là, en effet Romaric aura disputé 34 rencontres de Ligue 1 pour 4 buts. L’ancien milieu de terrain du FC Séville est donc maintenant à la recherche d’un nouveau club, au vu de ses qualités, on ne se fait pas trop de soucis pour lui.

Milieu de terrain offensif : Jérôme Leroy

Même à 39 ans un tel talent ne doit pas rester sans club. On parle quand même ici d’un joueur qui aura réussi à s’imposer dans les deux plus grands clubs français, le PSG et l’OM, joué une finale de coupe d’Europe (Coupe des Coupes 1997 contre le FC Barcelone, défaite 1-0 du PSG) et disputé 418 rencontres de Ligue 1. Jérôme Leroy c’est un des joueurs les plus doués techniquement de sa génération, rappelons qu’à seulement 23 ans il était titulaire au PSG version Canal+ aux côtés des Rai, Leonardo et autre Vincent Guérin. S’en suivra alors un parcours honnête en première division française (avec une pige de six mois au Betar Jérusalem en Israël) mais terriblement indigne de son talent. Tout au long de sa carrière, Jérôme Leroy aura été  irrégulier : envoutant et tellement élégant par moment, décevant voire irritant le reste du temps (vous noterez la rime), le joueur formé au Paris SG a souvent été accusé de choisir ses matchs (on pense tout de suite à son doublé lors de la victoire 0-3 des parisiens au Vélodrome le 9 mars 2003). En France, Paris, Laval, Marseille, Guingamp, Lens, Sochaux (où il terminera meilleur passeur du championnat), Rennes, Evian et Istres ont eu la chance de voir évoluer Jérôme Leroy. Il est certain que la liste ne doit pas s’arrêter là, au moins pour notre plaisir, nous, fans de football.

Jérôme Leroy est sorti de sa retraite l'année dernière pour s'engager avec Istres. Image tiré du site de la LFP.


Attaquants : Jimmy Briand et Guillaume Hoarau

A 28 ans et après quatre saisons sous le maillot lyonnais, Jimmy Briand a choisi, à la plus grande joie de Jean-Michel Aulas qui avait tout fait pour le mettre dehors l’été dernier, de ne pas prolonger l’aventure dans le Rhône. Malgré un statut d’indésirable qui lui a collé à la peau toute la saison, Jimmy Briand a réalisé une saison plus que correcte : 40 apparitions, 9 buts et 6 passes décisives. Dans des conditions exécrables, l’international français (cinq sélections, la dernière en août 2012 contre l’Uruguay) fait montre d’une attitude irréprochable et profite de chaque minute passée sur le terrain pour prouver qu’il est toujours un très bon joueur de football. Jimmy Briand c’est 279 matchs de Ligue 1 pour 55 réalisations, un attaquant polyvalent, il peut aussi bien évoluer en tant que numéro 9, sur un côté ou un peu plus en retrait (certains diront 9 et demi), une certaine expérience du haut niveau (45 rencontres européennes dont 18 de Ligue des Champions) et une réputation de gros bosseur. Assurément, il devrait trouver un nouveau point de chute assez rapidement.
Avec 56 buts en 166 apparitions pour le Paris SG, Guillaume Hoarau n’est autre que le neuvième meilleur buteur de l’histoire du club de la capitale. Voilà un aperçu du garçon. Après des débuts difficiles, le Réunionnais explose lors de la saison 2007/2008 en marquant 28 buts et en terminant meilleur buteur de Ligue 2. Cette saison, pour l’instant la plus prolifique de sa carrière, lui permet d’atterrir à Paris à l’été 2008 (en réalité il avait signé depuis janvier mais avait été prêté dans la foulée à son club formateur pour finir la saison). En quatre ans et demi au PSG et malgré quelques blessures, Guillaume Hoarau aura laissé une trace indélébile dans la mémoire des supporters du champion de France 2014 : 17 réalisations en championnat pour sa première saison en Ligue 1, le but de la victoire de la coupe de France 2010 (1-0 après prolongations contre Monaco), 20 pions toutes compétitions confondues pour sa troisième saison mais également une grosse débauche d’énergie sur le terrain et un joueur au gros coeur. A 30 ans, Guillaume Hoarau est aujourd’hui un homme grandi et prêt à relever un nouveau challenge : il a beaucoup appris de son expérience chinoise et ses six mois à Bordeaux lui ont permis de retrouver un niveau physique largement acceptable.

Guillaume Hoarau après un but contre l'OM lors de saison 2010/2011. Image tiré du blog "Le meilleur du PSG".