Il y a Paris et les autres

Paris vainqueur tranquille contre Bastia, Lyon trop affaibli pour s'imposer à Toulouse, Monaco qui s'écroule à Bordeaux, Lille en difficulté pour gagner à Caen et Marseille pas encore au point, retour sur les faits marquants de cette deuxième journée de Ligue 1 passionnante.

Il y a Paris et les autres
Il y a Paris et les autres

Paris domine son sujet

Grâce à une victoire acquise en toute maîtrise au Parc des Princes face à Bastia, le PSG est le grand gagnant du week-end. Après un premier match difficile à Reims, les hommes de Laurent Blanc ont véritablement lancé leur saison tandis que Lyon, Marseille et Monaco sont déjà dans le dur. Suite à cette deuxième journée, une Ligue 1 à deux vitesses se dégage déjà.

Tenu en échec la semaine dernière à Reims, Paris n’a pas tergiversé samedi après-midi en s’imposant 2-0 au Parc des Princes suite à un match totalement maîtrisé face à Bastia. Sans forcer et malgré la perte de Zlatan Ibrahimovic sorti sur blessure dès la 15ème minute de jeu, les parisiens ont dominé territorialement et techniquement une équipe Bastiaise bien trop inconsistante et attentiste. Sans réelle opposition au milieu du terrain, le trio Pastore – Verratti – Motta s’est montré efficace pour orienter le jeu et dominer ses adversaires corses. Derrière, David Luiz s’est montré très propre et efficace pour son premier match avec le PSG, se révélant même précieux par sa capacité à venir jouer à hauteur de ses milieux de terrain pour faire avancer le bloc défensif. A ses côtés, Marquinhos s’est parfaitement acquitté de sa tâche face à des Bastiais qui ont tout de même très peu tenté dans le camp parisien. Devant, il a suffit de deux accélérations en phase offensive pour que le PSG marque et enterre définitivement le SCB. Lucas en a ainsi profité pour ouvrir son compteur but cette saison tandis que Cavani s’est rassuré en marquant le but du break tout en maîtrise sur une magnifique ouverture de Verratti. Sans être totalement au point lors de cette deuxième partie, les Parisiens ont démontré une belle force collective, même si l’absence de Zlatan au cours du prochain mois de compétition risque d’amoindrir le double champion de France en titre.

Mais au-delà de la performance des différents acteurs sur la pelouse, l’image que l’on retiendra de cette partie, c’est le triste geste de Brandao sur Thiago Motta dans le couloir des vestiaires. L’ancien marseillais s’est montré coupable d’un coup de tête dans le visage du milieu parisien. Un acte justifié par le comportement et les paroles de ce dernier au cours de la partie d’après certains joueurs bastiais. Cependant, selon RMC Sport, le club corse pourrait licencier l’attaquant Brésilien suite à ce geste inexcusable. Affaire à suivre…

Lille fait le minimum

La veille, Lille avait également réalisé une belle opération comptable en s’imposant 1-0 au Mans face à Caen. Cependant l’impression laissée par les hommes de Girard n’est pas la même que celle laissée par le PSG. Certes solide, le LOSC s’est montré néanmoins incapable de faire le jeu face à une défense regroupée et perméable. Comme contre Metz, les coéquipiers de Mavuba ont affiché de nombreuses carences en termes de création et de production offensive malgré la présence de l’équipe-type et le retour du 442 en losange. Sans véritables joueurs de débordement, Lille a eu du mal à contourner le 4141 très compacte aligné par les Caennais tandis qu’au milieu, l’absence de véritable leader technique se fait toujours ressentir.

C’est finalement sur une erreur d’arbitrage que les lillois ont ouvert le score. En effet c’est sur un penalty sifflé pour une faute inexistante d’Appiah sur Origi que les hommes de Girard ont fait la différence. Vainqueur loin d’être rassurant, le LOSC présente les mêmes défauts que la saison dernière, tout cela à quelques heures du tour préliminaire de Ligue des Champions face à Porto.

Lyon piétine

Tout comme Lille, l’Olympique Lyonnais aura un match de Coupe d’Europe à jouer cette semaine. Cependant les hommes de Fournier ne l’ont pas préparé par une victoire en championnat, ceux-ci s’inclinant 2-1 chez leur bête noire Toulousaine. Avec neuf absents au coup d’envoi, les Lyonnais ont eu beaucoup de mal en première période, buttant sur le 352 aligné par Alain Casanova et se révélant fébrile défensivement d’entrée. Le TFC a alors insisté sur ces soucis défensifs en se projetant rapidement en contre et en perforant plein axe le bloc Lyonnais. Akpa Akpro a ainsi ouvert le score dès la 10eme minute de jeu tandis que Ben Yedder, à l’aise en soutien de Braithwaite a marqué le but du break juste avant la mi-temps.

Après cette première période catastrophique, Lyon a alors réagi en jouant plus haut et en se montrant plus tranchant offensivement. Toulouse a ainsi commencé à reculer et a concédé des espaces dont les Lyonnais ont profité pour réduire l’écart grâce à Alexandre Lacazette. Insipide et triste en première période, Lyon a affiché plus de détermination en seconde mais n’aura pas eu la fraîcheur nécessaire pour revenir. Les absences de nombreuses individualités au coup d’envoi ajoutées à la sortie prématurée d’Umtiti en première période auront été fatales à l’Olympique Lyonnais.

Marseille dans le dur

Battu également lors de cette deuxième journée, Marseille avancera un autre argument que les blessures et méformes physiques pour expliquer sa déroute face à Montpellier. Pour leur première dans la nouveau Stade Vélodrome, les hommes de Bielsa sont passés à côté de leur partie. Avec Ayew titulaire à la place de Payet, l’OM a débuté le match en 3-4-3 avec deux véritables joueurs devant la défense pour retrouver un certain équilibre après avoir encaissé trois buts à Bastia. Mais d’entrée, les phocéens se sont montrés fébriles, commettant de nombreuses erreurs techniques dans leur camp face au pressing intense de Montpellier. Devant, Alessandrini et Thauvin sont apparus bien trop imprécis et brouillons pour pouvoir faire la différence et alimenter Gignac tandis que Mendy et Dja Djédjé n’ont rien réussi à apporter sur chacunes de leurs montées dans les couloirs. Face à cette équipe marseillaise bien loin des attentes placées en elle, Montpellier en a alors profité pour ouvrir le score grâce à un lob astucieux de Mounier à la 19ème minute de jeu.

Plus que brouillon en phase offensive, l’OM n’est ensuite jamais arrivé à véritablement afficher un visage consistant et n’a inquiété les hommes de Courbis que par intermittence. A la 69ème face à des locaux bien improductifs et inefficaces, Samson est alors venu mettre le but du break, assurant la victoire des Héraultais. Bielsa a encore du boulot à accomplir avant de faire de cette équipe phocéenne une véritable référence en termes de jeu. Mais pour l’instant, le 3-4-3 ne semble pas correspondre aux profils des individualités qui manquent cruellement d’intelligence tactique et de cohésion.

Monaco à l'arrêt

Les soucis semblent être les mêmes à Monaco. La défaite 4 buts à 1 contre Bordeaux est en effet venu insister sur les problèmes tactiques du 4-3-3 et sur l’absence de véritable collectif. Pourtant, les hommes de Jardim ont réalisé une bonne première période à Chaban-Delmas, ouvrant même le score grâce à Berbatov. Patient avec le ballon, bien en place pour contourner le 4-4-2 bordelais et suffisamment compact au milieu pour couper chaque balles de contre des coéquipiers de Sertic, l’ASM a montré un visage séduisant au cours des 45 premières minutes, bien plus rassurant que face à Lorient. Cependant, suite au changement tactique de Sagnol et l’évolution du système girondin en 4-2-3-1 suite à l’entrée de Plasil à la place de Diabaté, les coéquipiers de Moutinho sont apparus complètement dépassés face au rythme imposé par Bordeaux. Avec Khazri plus haut sur le terrain et dans la zone de Toulalan et des ailiers bien plus tranchants, les locaux ont réussi à avancer comme un rouleau compresseur sur le bloc monégasque. Se projetant très vite vers l’avant et recherchant perpétuellement du rythme et de la vitesse en phase offensive, Bordeaux a alors renversé le cours du match en inscrivant quatre buts en seconde période, dont deux penalties.

Performant en première période puis complètement dominé en seconde, Monaco apparaît irrégulier en ce début de saison. Jardim quant à lui vit une adaptation plus que compliquée entre tâtonnement tactique et choix étranges. Vainqueur de son côté face à Reims, l’AS Saint-Etienne se présente comme l’équipe la plus consistante de ce début de saison. Dans la continuité de la saison dernière, les coéquipiers de Ruffier se basent sur une base collective très forte et parfaitement au point. L’arrivée de Monnet Paquet sur le côté droit fait également beaucoup de bien à une attaque pas toujours tranchante la saison dernière. Une chose est certaine, il faudra compter sur Saint-Etienne cette saison. Un premier tournant a eu lieu lors de cette deuxième journée de Ligue 1. Au moment où Paris a lancé sa saison, Monaco, Marseille et Lyon ont calé. Ces chutes n’enterrent cependant pas les espoirs d’Europe pour ces trois équipes, mais elles révèlent des soucis concrets qu’elles vont devoir régler pour avancer et pourquoi pas concurrencer le PSG.